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Grenelle de l’éducation : un ministre en autonomie totale !


CNT-SO /29 mai 2021   

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Il y travaillait depuis octobre, il n’a consulté personne et encore moins les premiers concernés : les personnels ! Nous savons depuis jeudi que Jean Michel Blanquer n’a rien d’un Géo Trouvetou : son Grenelle, c’est vraiment du réchauffé !

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Revalorisation des personnels ? Poudre de perlimpinpin !

C’est évidemment la mesure phare de la présentation du ministre : les salaires des personnels vont enfin être revalorisés ! C’est en tous cas ce qu’on annonce depuis plusieurs années maintenant. Inutile de graver cela dans le marbre d’une loi car selon Blanquer le « calendrier législatif est déjà plein ». Le chiffre phare, c’est le fameux magot de 700 millions d’euros débloqué pour nous augmenter ! Comptez déjà 200 pour les complémentaires santé des personnels (à hauteur de 15 euros par mois), puis ôtez 100 pour « renforcer » les mesures de 2021 (légère augmentation des nouveaux·elles enseignant·es). Donc, les 400 qui restent serviront à augmenter nos salaires ?! Ne rêvons pas : il s’agira de primes et qui dit primes, dit travail supplémentaire volontaire donc augmentation du temps de travail ! Il faut également préciser que les primes n’entrent pas en compte dans les cotisations sociales ! Et pendant ce temps là, le point d’indice est toujours gelé ! Pour couronner le tout : les personnels non enseignant·es, sans qui l’école ne fonctionnerait pas (AED, AESH, personnels administratif·ives, personnels santé-sociaux...) ne sont pas concerné·es par cette pseudo revalorisation !

Vocabulaire néo-libéral et autonomie des établissements

S’agissant du lexique ministériel, on peut aussi remarquer que Blanquer n’est pas un grand révolutionnaire du style : vous pouvez ressortir votre traducteur de langue néo-libérale (pour certain·es, celui que vous aviez acheté à l’arrivée de Xavier Darcos !). Ainsi dans sa lettre Blanquer souhaite une « plus grande personnalisation de votre accompagnement et de votre projet » (traduction : individualisation des carrières et concurrence entre les personnels), création d’un « observatoire des rémunérations et du bien être » (prévoir d’acheter un microscope), « gestion modernisée des ressources humaines afin d’accompagner les mobilités » (traduction : si vous ne vous adaptez pas vous êtes viré·es !). En ce qui concerne le véritable projet, ne cherchez pas plus loin : il s’agit ni plus ni moins de créer un éducation de plus en plus concurrentielle et inégalitaire. Renforcement des rôles de directeurs et des chef·fes d’établissement, nouvelle fonction mixte de professeurs-inspecteurs (création d’une hiérarchie intermédiaire), autonomie des académies qui « construiront leur propre feuille de route des ressources humaines ».

Blanquer l’affirme : « il faut remettre le professeur au centre de la société » le seul souci, c’est que nous n’avons jamais eu cette revendication et que c’est vraiment mal parti !

Contre ce projet inégalitaire, autoritaire, capitaliste nous avons plus que jamais besoin de nous organiser pour lutter afin de construire une autre école !