{"id":1262,"date":"2022-03-13T19:00:33","date_gmt":"2022-03-13T18:00:33","guid":{"rendered":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/?p=1262"},"modified":"2022-03-13T23:40:09","modified_gmt":"2022-03-13T22:40:09","slug":"on-salue-aujourdhui-la-memoire-de-fernand-pelloutier-figure-du-syndicalisme-revolutionnaire-et-des-bourses-du-travail","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/2022\/03\/13\/on-salue-aujourdhui-la-memoire-de-fernand-pelloutier-figure-du-syndicalisme-revolutionnaire-et-des-bourses-du-travail\/","title":{"rendered":"On salue aujourd&rsquo;hui la m\u00e9moire de Fernand Pelloutier, figure du syndicalisme r\u00e9volutionnaire et des bourses du Travail"},"content":{"rendered":"\n<p>Ci dessous, la notice du \u00ab\u00a0Maitron\u00a0\u00bb, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>N\u00e9 le 1er\u00a0octobre 1867 \u00e0 Paris, mort le 13\u00a0mars 1901 \u00e0 S\u00e8vres (Seine-et-Oise)\u00a0; militant de Saint-Nazaire (Loire-Inf\u00e9rieure, Loire-Atlantique)\u00a0; secr\u00e9taire adjoint en 1894, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral en 1895 de la F\u00e9d\u00e9ration nationale des Bourses du Travail constitu\u00e9e \u00e0 Saint-\u00c9tienne en f\u00e9vrier 1892\u00a0; socialiste et libertaire\u00a0; secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Chevalerie du Travail fran\u00e7aise, juin 1898-septembre 1899.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Venus du Pi\u00e9mont, les Pelloutier s\u2019install\u00e8rent en France au XVIIe si\u00e8cle puis s\u2019expatri\u00e8rent en Allemagne et ne reviendront qu\u2019apr\u00e8s la mort de Louis\u00a0XIV. Ces migrations successives ont pour cause leur non-conformisme religieux. Ils furent, en effet, disciples de Valdo avant d\u2019embrasser la religion r\u00e9form\u00e9e. Apr\u00e8s avoir lutt\u00e9 pour leur foi religieuse ils vont lutter pour leur foi politique. Un Pelloutier fut l\u00e9gitimiste ardent sous la monarchie de Juillet et organisa quelques complots, tandis qu\u2019un autre \u2014 le grand-p\u00e8re de Fernand \u2014 fut fervent r\u00e9publicain \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque. \u00ab\u00a0Fernand Pelloutier devait h\u00e9riter du temp\u00e9rament combatif de ses ascendants, a \u00e9crit son fr\u00e8re Maurice, et se d\u00e9penser \u2014 jusqu\u2019\u00e0 la mort \u2014 pour sa foi socialiste et r\u00e9volutionnaire, comme ils s\u2019\u00e9taient d\u00e9pens\u00e9s eux-m\u00eames sans compter pour leur foi politique ou religieuse.\u00a0\u00bb \u00c0 l\u2019\u00e2ge de douze ans, Fernand suivit son p\u00e8re fonctionnaire des postes nomm\u00e9 \u00e0 Saint-Nazaire. Interne d\u2019une pension religieuse, il tenta deux fois de s\u2019\u00e9chapper\u00a0; il en fut finalement chass\u00e9 pour avoir \u00e9crit un roman anticl\u00e9rical. Il entra alors au coll\u00e8ge de Saint-Nazaire o\u00f9 il se r\u00e9v\u00e9la un \u00e9l\u00e8ve brillant, mais fantaisiste. En 1885, il \u00e9choua au baccalaur\u00e9at. Il se consacra alors au journalisme, collabora avec Briand \u00e0 la\u00a0<em>D\u00e9mocratie de l\u2019Ouest<\/em>\u00a0et \u00e0 diff\u00e9rents journaux, fonda des revues&#8230; C\u2019est au cours des ann\u00e9es 1888-1889 que se manifesta, pour la premi\u00e8re fois, ce lupus facial d\u2019origine tuberculeuse qui devait finalement le terrasser une dizaine d\u2019ann\u00e9es plus tard. Un repos de quelques mois au bord de la mer sembla lui rendre la sant\u00e9. De retour \u00e0 Saint-Nazaire \u00e0 l\u2019automne 1889, il se jeta dans la bataille \u00e9lectorale et soutint Aristide Briand, candidat r\u00e9publicain radical aux \u00e9lections l\u00e9gislatives. Fernand Pelloutier, qui avait surestim\u00e9 ses forces, vit son \u00e9tat s\u2019aggraver. Il se r\u00e9solut alors \u00e0 l\u2019inaction durant deux ann\u00e9es. En juillet 1891, \u00e0 peu pr\u00e8s remis, il alla passer quelques mois \u00e0 la campagne et, en janvier 1892, revint \u00e0 Saint-Nazaire o\u00f9 il accepta les fonctions qu\u2019on lui offrit de r\u00e9dacteur en chef de la\u00a0<em>D\u00e9mocratie de l\u2019Ouest<\/em>. Ses id\u00e9es avaient \u00e9volu\u00e9 et son r\u00e9publicanisme s\u2019\u00e9tait mu\u00e9 en socialisme\u00a0: il adh\u00e9ra au Parti ouvrier fran\u00e7ais de\u00a0Jules Guesde\u00a0et devint m\u00eame secr\u00e9taire de la section de Saint-Nazaire. Parall\u00e8lement, il fut attir\u00e9 par les questions \u00e9conomiques et contribua \u00e0 la fondation de la Bourse du Travail de Saint-Nazaire.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"99\" height=\"150\" src=\"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/03\/PELLOUTIER_Fernand-20b0e.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1264\" \/><figcaption>Fernand Pelloutier, secr\u00e9taire de la F\u00e9d\u00e9ration des Bourses du travail. Coll. CEDIAS-Mus\u00e9e social\/Fonds Monatte<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Les 3, 4 et 5\u00a0septembre 1892, il participa \u00e0 un congr\u00e8s r\u00e9gional ouvrier (possibiliste) de l\u2019Ouest (sur les possibilistes, voir\u00a0<span class=\"has-inline-color has-primary-color\">Paul Brousse<\/span>). Il s\u2019y \u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 avec soin et avait d\u00e9pos\u00e9 une \u00ab\u00a0proposition de gr\u00e8ve universelle\u00a0\u00bb gr\u00e8ve qui, pacifiquement et l\u00e9galement, \u00ab\u00a0m\u00eame limit\u00e9e \u00e0 une p\u00e9riode relativement restreinte, conduirait infailliblement le Parti ouvrier au triomphe des revendications formul\u00e9es dans son programme.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le congr\u00e8s ayant pris en consid\u00e9ration cette proposition, Fernand Pelloutier s\u2019effor\u00e7a de convaincre\u00a0Jules Guesde\u00a0de la justesse de son point de vue. Il \u00e9choua et l\u2019affrontement ultime se produisit \u00e0 Nantes en septembre 1894 au 6e congr\u00e8s national des syndicats. Vaincus, les guesdistes se retir\u00e8rent, abandonnant la place aux adeptes de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n\n\n\n<p>Fernand Pelloutier qui, \u00e0 la suite de sa pol\u00e9mique avec Guesde, avait d\u00e9missionn\u00e9 du Parti ouvrier fran\u00e7ais, \u00e9tait venu s\u2019installer avec sa famille \u00e0 Paris fin 1892-d\u00e9but 1893, son p\u00e8re ayant obtenu son changement. Son \u00e9volution spirituelle avait fait de lui un anarchiste qui s\u2019ignorait, encore qu\u2019il se montr\u00e2t alors hostile \u00e0 des hommes comme\u00a0Joseph Tortelier\u00a0et\u00a0\u00c9mile Pouget, de m\u00eame qu\u2019\u00e0 la \u00ab\u00a0secte ravacholienne\u00a0\u00bb (Ravachol) et condamn\u00e2t le \u00ab\u00a0verbiage r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la gesticulation irresponsable\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0la propagande par le fait\u00a0\u00bb (<em>La D\u00e9mocratie de l\u2019Ouest<\/em>, 1892). \u00c0 Paris, la fr\u00e9quentation de quelques libertaires marquants lui r\u00e9v\u00e9la sa propre conception du monde qui \u00e9tait celle d\u2019un certain anarchisme ou mieux du syndicalisme r\u00e9volutionnaire, doctrine qui sera \u00ab\u00a0codifi\u00e9e\u00a0\u00bb dix ans plus tard au congr\u00e8s d\u2019Amiens.<\/p>\n\n\n\n<p>En cette ann\u00e9e 1895 qui le vit devenir secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration nationale des Bourses du Travail, Fernand Pelloutier d\u00e9finit ainsi sa position dans un article \u00ab&nbsp;L\u2019Anarchisme et les syndicats ouvriers&nbsp;\u00bb que publi\u00e8rent&nbsp;<em>les Temps Nouveaux<\/em>&nbsp;le 20&nbsp;octobre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je sais \u2014 \u00e9crit Pelloutier \u2014 nombre d\u2019anarchistes qui, par un pr\u00e9jug\u00e9 jadis fond\u00e9 d\u2019ailleurs, se tiennent \u00e0 l\u2019\u00e9cart des syndicats et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, les combattent, parce que pendant un temps cette institution a \u00e9t\u00e9 le v\u00e9ritable terrain de culture des aspirants d\u00e9put\u00e9s.&nbsp;\u00bb Mais, depuis deux ans, une \u00e9volution s\u2019est produite et deux raisons ont motiv\u00e9 ce passage des syndiqu\u00e9s de la conception r\u00e9formiste \u00e0 la conception r\u00e9volutionnaire. La premi\u00e8re r\u00e9sulta de l\u2019application, \u00e0 partir de novembre 1892, des lois sociales promises depuis bien longtemps. Une loi qui se proposait pour but la protection de la femme et de l\u2019enfant par la r\u00e9duction du temps de travail eut pour cons\u00e9quence la r\u00e9duction des salaires dans certaines entreprises, le lock-out et l\u2019extension du travail \u00e0 domicile dans d\u2019autres, bref se traduisit dans l\u2019ensemble par une aggravation de l\u2019exploitation. Les syndiqu\u00e9s pens\u00e8rent alors que la r\u00e9duction de la dur\u00e9e du travail devait s\u2019accompagner de la r\u00e9glementation du prix du travail par de nouvelles lois. Mais ils constat\u00e8rent alors qu\u2019une telle r\u00e9glementation \u00e9tait immanquablement suivie d\u2019une augmentation correspondante ou sup\u00e9rieure du co\u00fbt de la vie. D\u00e8s lors, ils renonc\u00e8rent \u00e0 faire appel \u00e0 l\u2019\u00c9tat et song\u00e8rent \u00e0 faire leurs affaires eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exp\u00e9rience leur apprit \u00e9galement qu\u2019ils devaient \u00eatre unis pour \u00eatre victorieux mais \u00ab&nbsp;que leur propre division avait une cause plus \u00e9lev\u00e9e que la division des politiciens et que l\u2019une et l\u2019autre r\u00e9sultaient&#8230; de la politique&nbsp;\u00bb. Ils d\u00e9cid\u00e8rent alors \u00ab&nbsp;que dor\u00e9navant les agitations politiques leur resteraient \u00e9trang\u00e8res, que toute discussion, autre qu\u2019\u00e9conomique, serait impitoyablement proscrite de leur programme d\u2019\u00e9tudes et qu\u2019ils se consacreraient tout entiers \u00e0 la r\u00e9sistance contre le capital&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le terrain \u00e9tait pr\u00eat pour l\u2019entr\u00e9e des anarchistes dans les syndicats, et cette entr\u00e9e eut un double r\u00e9sultat&nbsp;: \u00ab&nbsp;Elle apprit d\u2019abord \u00e0 la masse la signification r\u00e9elle de l\u2019anarchisme, doctrine qui, pour s\u2019implanter, peut fort bien (&#8230;) se passer de la dynamite&#8230; individuelle&nbsp;: et, par un encha\u00eenement naturel d\u2019id\u00e9es, elle r\u00e9v\u00e9la aux syndiqu\u00e9s ce qu\u2019est et ce que peut devenir cette organisation corporative dont ils n\u2019avaient eu jusqu\u2019alors qu\u2019une \u00e9troite conception.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Pelloutier va d\u00e9velopper ensuite une th\u00e8se qui montre que, pour lui du moins, le syndicalisme repr\u00e9sente \u2014 d\u00e8s 1895 \u2014 toute l\u2019anarchie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Personne ne croit ou n\u2019esp\u00e8re que la prochaine r\u00e9volution, si formidable qu\u2019elle doive \u00eatre, r\u00e9alise le communisme anarchique pur. Mais l\u2019\u00e9tat transitoire \u00e0 subir doit-il \u00eatre n\u00e9cessairement, fatalement, la ge\u00f4le collectiviste&nbsp;? Ne peut-il consister en une organisation libertaire limit\u00e9e exclusivement aux besoins de la production et de la consommation, toutes institutions politiques ayant disparu&nbsp;?&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Or qu\u2019est-ce qu\u2019un syndicat&nbsp;? Une association, d\u2019acc\u00e8s ou d\u2019abandon libre, sans pr\u00e9sident, ayant pour tous fonctionnaires un secr\u00e9taire et un tr\u00e9sorier r\u00e9vocables dans l\u2019instant, d\u2019hommes qui \u00e9tudient et d\u00e9battent des int\u00e9r\u00eats professionnels semblables. Que sont-ils, ces hommes&nbsp;? Des producteurs, ceux-l\u00e0 m\u00eames qui cr\u00e9ent toute la richesse publique. Attendent-ils pour se r\u00e9unir, se concerter, agir, l\u2019agr\u00e9ment des lois&nbsp;? Non&nbsp;; leur constitution l\u00e9gale n\u2019est pour eux qu\u2019un amusant moyen de faire de la propagande r\u00e9volutionnaire avec la garantie du gouvernement, et d\u2019ailleurs combien d\u2019entre eux ne figurent pas et ne figureront jamais sur l\u2019<em>Annuaire<\/em>&nbsp;officiel des syndicats&nbsp;! Usent-ils du m\u00e9canisme parlementaire pour prendre leurs r\u00e9solutions&nbsp;? Pas davantage&nbsp;; ils discutent et l\u2019opinion la plus r\u00e9pandue fait loi, mais une loi sans sanction, ex\u00e9cut\u00e9e pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019elle est subordonn\u00e9e \u00e0 l\u2019acceptation individuelle \u2014 sauf le cas, bien entendu, o\u00f9 il s\u2019agit de r\u00e9sister au patronat. Enfin, s\u2019ils nomment \u00e0 chaque s\u00e9ance un pr\u00e9sident, un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 l\u2019ordre, ce n\u2019est plus que par l\u2019effet de l\u2019habitude, car une fois nomm\u00e9, ce pr\u00e9sident est parfaitement oubli\u00e9 et oublie fr\u00e9quemment lui-m\u00eame la fonction dont ses camarades l\u2019ont investi. Laboratoire des luttes \u00e9conomiques, d\u00e9tach\u00e9 des comp\u00e9titions \u00e9lectorales, favorable \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale avec toutes ses cons\u00e9quences, s\u2019administrant anarchiquement, le syndicat est donc bien l\u2019organisation \u00e0 la fois r\u00e9volutionnaire et libertaire qui pourra seule contrebalancer et arriver \u00e0 d\u00e9truire la n\u00e9faste influence des politiciens collectivistes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Supposons maintenant que, le jour o\u00f9 \u00e9clatera la r\u00e9volution, la presque totalit\u00e9 des producteurs soit group\u00e9e dans les syndicats&nbsp;; n\u2019y aurait-il pas l\u00e0, pr\u00eate \u00e0 succ\u00e9der \u00e0 l\u2019organisation actuelle, une organisation quasi libertaire, supprimant de fait tout pouvoir politique, et dont chaque partie, ma\u00eetresse des instruments de production, r\u00e9glerait toutes ses affaires elle-m\u00eame, souverainement et par le libre consentement de ses membres&nbsp;? Et ne serait-ce pas l\u2019association libre des producteurs libres&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>De 1895 \u00e0 sa mort en 1901, Fernand Pelloutier fut v\u00e9ritablement l\u2019\u00e2me de la F\u00e9d\u00e9ration des Bourses et il est difficile de r\u00e9sumer son action. Le labeur \u00e9crasant qui fut le sien \u2014 multiplication de tous les services des Bourses du Travail, et en particulier des services d\u2019\u00e9ducation, cr\u00e9ation d\u2019une revue au titre si \u00e9vocateur,\u00a0<em>L\u2019ouvrier des deux Mondes<\/em>, le 1er\u00a0f\u00e9vrier 1897, qu\u2019\u00e0 partir de juin 1898, et durant treize mois, il confectionna intellectuellement et\u00a0<em>mat\u00e9riellement<\/em>, collaboration \u00e0 des journaux et revues&#8230; \u2014 aggrava consid\u00e9rablement son \u00e9tat. En septembre 1898, il revint ext\u00e9nu\u00e9 du congr\u00e8s de Rennes. En janvier 1899, il s\u2019installa dans un petit pavillon aux Bruy\u00e8res de S\u00e8vres, mais, d\u00e9j\u00e0, il \u00e9tait condamn\u00e9. En juillet, ses jours \u00e9taient mis en danger par une h\u00e9moptysie qu\u2019il finit cependant par surmonter. Il vivait dans une g\u00eane extr\u00eame, et un ami,\u00a0Georges Sorel, ira trouver\u00a0Jean Jaur\u00e8s. Ce dernier sollicita\u00a0Alexandre Millerand, ministre du Commerce, et obtint pour F. Pelloutier un emploi d\u2019enqu\u00eateur temporaire \u00e0 l\u2019Office du travail. L\u2019ann\u00e9e 1900 ne fut pour le malade qu\u2019un douloureux calvaire. Il trouva cependant encore la force d\u2019assister au 8e congr\u00e8s de la F\u00e9d\u00e9ration des Bourses qui se tint \u00e0 Paris en septembre. Il en profita, dans une r\u00e9plique au d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de Lyon, pour montrer que le poste qu\u2019il avait accept\u00e9 \u00e0 l\u2019Office du travail ne le liait en aucune fa\u00e7on au gouvernement, et qu\u2019il avait conserv\u00e9 sa compl\u00e8te ind\u00e9pendance. Mais Pelloutier \u00e9tait physiquement \u00e0 bout\u00a0; il s\u2019alita et ne se releva plus. Les quelques mois qui lui restaient \u00e0 vivre ne furent pour lui qu\u2019une lente et dure agonie. Il mourut le 13\u00a0mars 1901.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant tout constructeur et \u00e9ducateur dans l\u2019esprit de ce que sera le syndicalisme r\u00e9volutionnaire, F. Pelloutier fut plus qu\u2019un libertaire en milieu ouvrier, en ce sens que, plong\u00e9 dans un monde qui voyait s\u2019affronter sous couvert de prises de position syndicales les conceptions \u00e9troites de sectes politiques, il fut l\u2019homme hors parti susceptible de r\u00e9aliser l\u2019union ou, du moins, celui qui permit l\u2019\u00e9quilibre. \u00ab&nbsp;Plac\u00e9 en dehors de nos haines politiques, il est le plus apte \u00e0 tenir la balance \u00e9gale entre tous les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s&nbsp;\u00bb, disait de lui, le 21&nbsp;octobre 1897, un membre du comit\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral qui n\u2019\u00e9tait pas de ses amis \u00ab&nbsp;politiques&nbsp;\u00bb&nbsp;; il fut approuv\u00e9 \u00e0 la quasi-unanimit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Fernand Pelloutier disparaissait, en 1901, \u00e0 l\u2019aube du mouvement ouvrier organis\u00e9, une des grandes figures du socialisme fran\u00e7ais.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ci dessous, la notice du \u00ab\u00a0Maitron\u00a0\u00bb, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier. N\u00e9 le 1er\u00a0octobre 1867 \u00e0 Paris, mort le 13\u00a0mars 1901 \u00e0 S\u00e8vres (Seine-et-Oise)\u00a0; militant de Saint-Nazaire (Loire-Inf\u00e9rieure, Loire-Atlantique)\u00a0; secr\u00e9taire adjoint en 1894, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral en 1895 de la F\u00e9d\u00e9ration nationale des Bourses du Travail constitu\u00e9e \u00e0 Saint-\u00c9tienne en f\u00e9vrier 1892\u00a0; socialiste et libertaire\u00a0; secr\u00e9taire [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":1263,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[22],"tags":[],"class_list":["post-1262","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cnt-so"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1262","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1262"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1262\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1265,"href":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1262\/revisions\/1265"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1263"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1262"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1262"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1262"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}