{"id":663,"date":"2010-09-01T20:15:46","date_gmt":"2010-09-01T18:15:46","guid":{"rendered":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/?p=663"},"modified":"2022-02-01T17:21:27","modified_gmt":"2022-02-01T16:21:27","slug":"histoire-de-la-cnt-francaise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cnt-so.org\/auvergne\/2010\/09\/01\/histoire-de-la-cnt-francaise\/","title":{"rendered":"Histoire de la CNT de 1950 \u00e0 1973 (2\u00e8me partie)"},"content":{"rendered":"\n<p>Article CNT-AIT 2006<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;isolement de la CNT<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Au cours des ann\u00e9es 50, l\u2019organisation s\u2019isole et se marginalise de plus en plus. Elle devient une section fran\u00e7aise de la C.N.T. espagnole en m\u00eame temps que se manifeste la solidarit\u00e9 avec les Espagnols dans la lutte anti-franquiste. R\u00e9duite \u00e0 un simple noyau de militants, les \u00e9v\u00e8nements de mai 1968 mettent fin \u00e0 ce que l\u2019on pourrait d\u00e9signer comme la premi\u00e8re C.N.T.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1- Comment l\u2019isolement conduit au sectarisme&nbsp;!<\/h3>\n\n\n\n<p>Si la C.N.T. a connu une activit\u00e9 syndicale de 1946 \u00e0 1950, son positionnement par rapport au Cartel d\u2019unit\u00e9 d\u2019action syndicaliste la conduit \u00e0 s\u2019isoler du mouvement syndical mais \u00e9galement du mouvement libertaire. Par rapport \u00e0 l\u2019enthousiasme et \u00e0 l\u2019euphorie qui se d\u00e9gageaient les trois premi\u00e8res ann\u00e9es, la situation en 1950 semble plus calme, voire sur le d\u00e9clin. Le congr\u00e8s de 1950 marque la fin d\u2019une p\u00e9riode d\u2019espoir pour les anarcho-syndicalistes, en d\u00e9voilant notamment ce qu\u2019est devenue l\u2019organisation. Nous reproduisons ici un extrait du rapport moral pr\u00e9sent\u00e9 par la C.A. lors du congr\u00e8s&nbsp;: \u201cLe manque d\u2019organisation est un mal chronique dont souffre notre mouvement. Le plus souvent, les organismes, \u00e0 part quelques exceptions, m\u00e9connaissent le f\u00e9d\u00e9ralisme, agissent sur l\u2019initiative de un ou de quelques camarades. Ceci provient, d\u2019une part, du niveau m\u00e9diocre de culture syndicaliste des adh\u00e9rents, d\u2019autre part, du d\u00e9sint\u00e9ressement de ces derniers envers l\u2019organisation. Cette situation am\u00e8ne des d\u00e9viations organisationnelles qui se traduisent par l\u2019implantation de m\u00e9thodes de travail centralis\u00e9es et un \u00e9tiolement des organismes de base. Il faut noter que si les syndiqu\u00e9s se tiennent \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la vie syndicale, c\u2019est que le plus souvent les syndicats ont peu d\u2019activit\u00e9. Le travail syndical se fait g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la petite semaine, sans perspective [&#8230;]. Or il ne semble pas [&#8230;] que toutes les f\u00e9d\u00e9rations constitu\u00e9es aient assum\u00e9 le r\u00f4le de coordination et de liaison qui leur est d\u00e9volu. Ceci tient \u00e0 ce que les syndicats se sont abstenus de r\u00e9pondre aux appels qui leur \u00e9taient adress\u00e9s par les f\u00e9d\u00e9rations ou qu\u2019ils aient m\u00e9connu l\u2019importance de ces derni\u00e8res comme \u00e9l\u00e9ment d\u2019agitation revendicative sur le plan national\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce bilan n\u00e9gatif met en lumi\u00e8re les probl\u00e8mes d\u2019organisation et de structure. Les difficult\u00e9s et l\u2019inactivit\u00e9 que conna\u00eet la C.N.T. sont celles que peut rencontrer une petite organisation lorsque le climat social reste stable. Si la C.N.T. a pu conna\u00eetre un succ\u00e8s et un dynamisme en 1947 et 1948, c\u2019est parce que le climat social le permettait alors. Les mobilisations collectives permettent en effet \u00e0 l\u2019organisation de se montrer et d\u2019avancer ses mots d\u2019ordres. La visibilit\u00e9 est un facteur de d\u00e9veloppement de l\u2019organisation. Ainsi, dans la mesure o\u00f9 les adh\u00e9sions \u00e0 la C.N.T. ne se r\u00e9alisaient pas sur des bases id\u00e9ologiques, avec le reflux du mouvement social qui s\u2019op\u00e8re au d\u00e9but des ann\u00e9es cinquante (malgr\u00e9 la gr\u00e8ve de 1953), la conf\u00e9d\u00e9ration perd de nombreux adh\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1954, les effectifs de la C.N.T. auraient baiss\u00e9 de plus de 40% par rapport \u00e0 1947&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb1\">1<\/a>]. L\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 de la parution du Combat Syndicaliste et la disparition des organes f\u00e9d\u00e9raux traduisent cet affaiblissement. Le contenu du Combat syndicaliste laisse transpara\u00eetre la quasi-inactivit\u00e9 des syndicats. Les articles sont le plus souvent th\u00e9oriques, se consacrant \u00e0 l\u2019anarchisme et au syndicalisme r\u00e9volutionnaire ou d\u00e9non\u00e7ant les grandes centrales, mais ne proposant rien sur ses propres activit\u00e9s. A partir de 1952, toujours \u00e0 travers la lecture du journal, la C.N.T. para\u00eet totalement vid\u00e9e. Sur quatre pages, une est consacr\u00e9e aux adresses et \u00e0 la librairie, une deuxi\u00e8me est une tribune libre. A cela il faut ajouter les communiqu\u00e9s de la C.N.T. espagnole, du S.I.A. (Solidarit\u00e9 Internationale Antifasciste) et les nombreux articles consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 des sections de l\u2019A.I.T.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que l\u2019organisation conna\u00eet un affaiblissement, elle s\u2019enracine dans des querelles id\u00e9ologiques, point faible de la C.N.T. Au congr\u00e8s de 1954, le probl\u00e8me de l\u2019identification de la C.N.T. \u00e0 l\u2019anarchisme est repos\u00e9. En effet, la tendance syndicaliste r\u00e9volutionnaire regroup\u00e9e entre autres autour de Aim\u00e9 Capelle s\u2019oppose \u00e0 l\u2019influence anarchiste qui repr\u00e9senterait un danger pour l\u2019organisation. En r\u00e9ponse \u00e0 ce dernier, le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du syndicat des employ\u00e9s de Paris d\u00e9clare qu\u2019\u201cil est \u00e0 remarquer que les camarades qui se dressent contre l\u2019influence anarchiste sont ceux-l\u00e0 m\u00eames qui tendent \u00e0 orienter notre conf\u00e9d\u00e9ration vers le r\u00e9formisme [&#8230;]\u201d. Ces querelles intestines finissent par vider la C.N.T. qui devient alors de plus en plus sectaire et dogmatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce dogmatisme se manifeste en 1957, ann\u00e9e pendant laquelle la C.N.T. conna\u00eet une nouvelle crise. Le conflit concerne les principaux responsables de la C.A., Raymond Fauchois et Yves Prigent, et des militants de la 2\u00e8me U.R. (r\u00e9gion parisienne). Le syndicat S.U.B. de la 2\u00e8me U.R., dont le secr\u00e9taire est Yves Prigent, avait demand\u00e9 la tenue d\u2019\u201cun congr\u00e8s extraordinaire de la C.N.T., qui sera appel\u00e9 \u00e0 statuer sur l\u2019exclusion d\u2019\u00e9l\u00e9ments de syndicats qui se sont mis eux-m\u00eames en marge de l\u2019organisation (P.T.T., S.I.M., bois, livre). D\u2019autre part, le S.U.B. demande que soit \u00e9vinc\u00e9 de la C.N.T. tout individu adh\u00e9rent de l\u2019Union des Syndicalistes, et de toute organisation politique [&#8230;]\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb2\">2<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit en r\u00e9alit\u00e9 d\u2019exclure la tendance syndicaliste r\u00e9volutionnaire. Il \u00e9tait reproch\u00e9 aux adh\u00e9rents de cette tendance, \u00e0 savoir Yvernel, Marchetti, Malfatti, Capelle et Riguidel de participer \u00e0 l\u2019Union Syndicaliste dont l\u2019organe \u00e9tait la R\u00e9volution prol\u00e9tarienne et d\u2019avoir reni\u00e9 l\u2019A.I.T. Or si la participation \u00e0 l\u2019Union Syndicaliste ne s\u2019inscrit pas dans la ligne politique de la C.A. dirig\u00e9e par Fauchois, Prigent et Ibanez, elle ne pose en revanche aucun probl\u00e8me statutaire ou id\u00e9ologique, except\u00e9 pour les responsables conf\u00e9d\u00e9raux qui affirmaient que la C.N.T. ne devait regrouper que des anarcho-syndicalistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce rejet du groupe de l\u2019Union syndicaliste traduit l\u2019esprit de la C.N.T. \u00e0 cette \u00e9poque. Elle se pr\u00e9sente comme la seule voie de l\u2019anarcho-syndicalisme et du syndicalisme r\u00e9volutionnaire. Dans ce sens, tous les membres de l\u2019Union syndicaliste qui se r\u00e9clament du syndicalisme r\u00e9volutionnaire mais qui adh\u00e8rent aux grandes centrales font le jeu du r\u00e9formisme. Lors de ce congr\u00e8s extraordinaire tenu \u00e0 Poitiers les 27 et 28 avril 1957, les adh\u00e9rents Yvernel, Velfond pour le S.I.M., Malfatti et Deck pour le syndicat du bois, Bonneau et Martin pour le syndicat des P.T.T., Riguidel et Bouzigout du S.U.B., Eckermann du syndicat des employ\u00e9s et enfin, Aim\u00e9 Capelle et Marchetti du syndicat du livre&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb3\">3<\/a>] ont \u00e9t\u00e9 exclus de la CNT. L\u2019exclusion de ces militants dont certains avaient \u00e9t\u00e9 membres de la C.A. apr\u00e8s le 4\u00e8me congr\u00e8s de 1950, a eu pour cons\u00e9quence de vider la 2\u00e8me U.R. L\u2019\u00e9puration, car c\u2019est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit, avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 apr\u00e8s le 6\u00e8me congr\u00e8s conf\u00e9d\u00e9ral de 1954 avec l\u2019exclusion ou le d\u00e9part par lassitude des membres de la C.A. \u00e9lue \u00e0 ce congr\u00e8s. Ainsi, avant ce congr\u00e8s extraordinaire d\u2019avril 1957, n\u2019\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 plus adh\u00e9rents \u00e0 la C.N.T. les responsables conf\u00e9d\u00e9raux \u00e9lus au 6\u00e8me congr\u00e8s, \u00e0 savoir Armonia Munoz (administratrice du Combat Syndicaliste), Emile Akoun (secr\u00e9taire \u00e0 la propagande), Henri Bouy\u00e9 (secr\u00e9taire aux relations internationales) et Andr\u00e9 Maille (tr\u00e9sorier)&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb4\">4<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<p>Les exclusions qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9es lors de ce congr\u00e8s extraordinaire, ne font qu\u2019accentuer l\u2019\u00e9tat critique dans lequel est plong\u00e9e la C.N.T. Avant ces exclusions, le bulletin de la 2\u00e8me U.R. dat\u00e9 du 10 janvier 1957 montre d\u00e9j\u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u00e9plorable de l\u2019organisation&nbsp;: \u201c[&#8230;]la d\u00e9ch\u00e9ance graduelle de la C.N.T., que tout le monde constate en nous imputant les causes, est le r\u00e9sultat de multiples facteurs&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>a) l\u2019organisation&nbsp;: la plupart des syndicats sont inactifs par manque de militants&nbsp;; les adh\u00e9rents cotisent irr\u00e9guli\u00e8rement, provoquant des retards dans les tr\u00e9soreries syndicales et r\u00e9gionales&nbsp;; pour beaucoup de militants, le travail syndical consiste \u00e0 cultiver l\u2019id\u00e9ologie tout en s\u2019abstenant d\u2019un travail plus pratique (distribution de tracts, collage d\u2019affiches lorsque l\u2019occasion s\u2019en pr\u00e9sente)&nbsp;; la plupart des syndiqu\u00e9s \u00e9tant des vieux adh\u00e9rents, le renouvellement par des jeunes est trop lent pour provoquer un rajeunissement de la C.N.T.&nbsp;; des jeunes sont venus&nbsp;: ils sont partis, pr\u00e9f\u00e9rant rejoindre des organisations plus repr\u00e9sentatives.<\/p>\n\n\n\n<p>b) des rapports r\u00e9gionaux et conf\u00e9d\u00e9raux&nbsp;: un d\u00e9saccord sur les m\u00e9thodes d\u2019action entre les militants r\u00e9gionaux et conf\u00e9d\u00e9raux (entretenu par le sectarisme de Fauchois-Prigent pour monopoliser l\u2019organisation et imposer leur tutelle) n\u2019a fait que d\u00e9choir celle-ci en provoquant l\u2019\u00e9limination progressive de bons \u00e9l\u00e9ments en d\u00e9saccord avec les directives du tandem. [&#8230;]\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet extrait pose bien le probl\u00e8me que conna\u00eet la C.N.T. dans les ann\u00e9es cinquante. L\u2019inactivit\u00e9 de la C.N.T. rend difficile le recrutement de nouveaux adh\u00e9rents. Malgr\u00e9 cela, l\u2019organisation se permet d\u2019exclure des militants dont certains -tels que Aim\u00e9 Capelle- ont contribu\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de la C.N.T. Ainsi, presque toute la g\u00e9n\u00e9ration qui avait particip\u00e9 \u00e0 la C.G.T.S.R., \u00e0 l\u2019U.A. ou \u00e0 la F.A.F., puis qui avait cr\u00e9\u00e9 la C.N.T. en 1946, n\u2019y milite plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sectarisme, qui conduit \u00e0 l\u2019autodestruction de l\u2019organisation, se poursuit cependant dans les ann\u00e9es qui suivent. Il suffit pour s\u2019en rendre compte de lire le compte-rendu du neuvi\u00e8me congr\u00e8s conf\u00e9d\u00e9ral tenu \u00e0 paris les 4, 5 et 6 juin 1960. En effet, plusieurs syndicats d\u00e9clarent qu\u2019\u201cil faut veiller au choix du recrutement\u201d, \u201cque la s\u00e9lection doit \u00eatre faite pour \u00e9viter l\u2019action n\u00e9faste des r\u00e9formistes et des soi-disant r\u00e9volutionnaires\u201d. La conclusion du secr\u00e9taire conf\u00e9d\u00e9ral, B. Gonzalbo, va dans le m\u00eame sens&nbsp;: \u201cNous n\u2019atteindrons notre but que par la lutte des classes et le danger de noyautage et d\u2019absorption justifie la s\u00e9lection\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb5\">5<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<p>Seule la C.N.T. de Toulouse \u00e9chappe \u00e0 ce sectarisme en affirmant que quiconque peut adh\u00e9rer \u00e0 la C.N.T. L\u2019U.L. de Toulouse s\u2019\u00e9tait d\u2019ailleurs prononc\u00e9e contre les exclusions de 1957.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sectarisme et le dogmatisme qui se d\u00e9veloppent au sein de la C.N.T. se manifestent \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9gard des organisations libertaires. A ce m\u00eame congr\u00e8s est vot\u00e9e une r\u00e9solution qui, si elle se veut conciliante, ne peut que rebuter ces organisations&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cApr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 le point sur les relations avec les organisations affinitaires, notre IX\u00e8me congr\u00e8s d\u00e9sire que des relations amicales \u00e9troites existent [&#8230;] entre la C.N.T., la F.A.F., le G.A.A.R. et les amis de S\u00e9bastien Faure mais tient \u00e0 indiquer, pour \u00e9viter toute \u00e9quivoque qu\u2019il ne peut concevoir que ces affinitaires nous ignorent, appartiennent \u00e0 des conf\u00e9d\u00e9rations r\u00e9formistes politis\u00e9es, pactisent avec des partis politiques quels qu\u2019ils soient et, circonstanciellement, avec des organisations qui nous sont nettement hostiles et luttent contre nous. La C.N.T. exigera en cas d\u2019accord avec les affinitaires&nbsp;: 1) Leur adh\u00e9sion individuelle \u00e0 la C.N.T.[&#8230;]\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il est vrai que les organisations libertaires et plus particuli\u00e8rement la F.A. sont hostiles \u00e0 la C.N.T., cette r\u00e9solution exprime l\u2019id\u00e9e selon laquelle les anarchistes doivent s\u2019organiser au sein de la C.N.T. Elle ne peut concevoir l\u2019organisation des libertaires au sein d\u2019autres organisations, et encore moins au sein des grandes centrales. Les anarchistes organis\u00e9s au sein des grandes centrales sont accus\u00e9s \u00e0 ce titre de faire le jeu du r\u00e9formisme. La volont\u00e9 que ces anarchistes adh\u00e8rent \u00e0 la C.NT. ne peut que renforcer leur hostilit\u00e9 et provoquer sa marginalisation par rapport au mouvement libertaire. L\u2019hostilit\u00e9 du mouvement anarchiste \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la C.N.T. s\u2019explique aussi par un anti-syndicalisme d\u00e9velopp\u00e9 et th\u00e9oris\u00e9 par ces organisations&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb6\">6<\/a>]. N\u00e9anmoins, la C.N.T. semble proche de l\u2019A.O.A. (Alliance Ouvri\u00e8re Anarchiste) constitu\u00e9e le 25 novembre 1956 par d\u2019anciens membres de l\u2019Entente anarchiste, et principalement par Raymond Beaulaton qui, rappelons le, avait \u00e9t\u00e9 exclu de la C.N.T. en 1950. Plusieurs militants de la C.N.T. adh\u00e8rent \u00e0 l\u2019A.O.A. C\u2019est notamment le cas de Andr\u00e9 S\u00e9nez et de Yves Biget. Dans le Maine-et-loire et l\u2019Indre-et-Loire, S\u00e9nez et Biget avaient constitu\u00e9 en novembre 1966 un \u201ccomit\u00e9 de coordination anarcho-syndicaliste et anarchiste de l\u2019ouest\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb7\">7<\/a>]. Ce comit\u00e9 publia La lettre syndicaliste r\u00e9volutionnaire de l\u2019ouest&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb8\">8<\/a>] dont le premier num\u00e9ro sort en janvier 1967. La r\u00e9daction de cette lettre \u00e9tait confi\u00e9e \u00e0 Yves Biget et la r\u00e9daction \u00e0 Andr\u00e9 S\u00e9nez. Mais ce comit\u00e9 n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une initiative commune entre des militants de la C.N.T. et de l\u2019A.O.A. Son objectif semble m\u00eame de cr\u00e9er une section C.N.T. dans cette r\u00e9gion. Dans le Combat syndicaliste du 8 d\u00e9cembre, il est \u00e9crit&nbsp;: \u201cLes travailleurs int\u00e9ress\u00e9s par la formation de sections syndicales C.N.T. dans la Sarthe, Loir-et-Cher et Maine-et-Loire doivent s\u2019adresser au camarade S\u00e9nez\u201d. Dans le num\u00e9ro du 5 janvier, l\u2019objectif est tr\u00e8s clair puisque ce comit\u00e9 ne reconna\u00eet \u201cqu\u2019un seul syndicalisme&nbsp;: celui d\u00e9velopp\u00e9 par la C.N.T.\u201d. Ce comit\u00e9 donna d\u2019ailleurs lieu \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une U.R. (Sarthe, Loir-et-Cher et Indre-et-Loire). Cette initiative fut certainement la principale activit\u00e9 de la C.N.T. dans les ann\u00e9es soixante. C\u2019est dire le dynamisme de l\u2019organisation pendant cette p\u00e9riode&nbsp;! Les liens entre la C.N.T. et l\u2019A.O.A. se manifestent aussi dans le Combat syndicaliste du 9 mai 1968 o\u00f9 Beaulaton encourage la C.N.T. tout en souhaitant que les deux organisations restent ind\u00e9pendantes. Si l\u2019isolement de la C.N.T. par rapport au mouvement libertaire est un fait, il n\u2019en est rien en ce qui concerne ses relations avec l\u2019A.O.A. Ces liens ne modifient cependant en rien le caract\u00e8re dogmatique de l\u2019organisation qui ne peut que la paralyser.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, s\u2019\u00e9tant inscrit dans un tel sectarisme, la C.N.T. ne pu se d\u00e9velopper, et s\u2019enfon\u00e7a dans un \u00e9tat groupusculaire. Cet \u00e9tat explique la quasi-inactivit\u00e9 de la C.N.T. lors du \u00ab\u00a0coup d\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb du G\u00e9n\u00e9ral De Gaule en 1958, ou m\u00eame avant, d\u00e8s le d\u00e9but de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. Les rares apparitions de la C.N.T. dans le cadre de la lutte anti-coloniale s\u2019apparent\u00e8rent plus \u00e0 de la figuration. Elle participa \u00e0 un Comit\u00e9 de coordination libertaire&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb9\">9<\/a>]. Ce comit\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 sur l\u2019initiative du G.A.A.R. (Groupes Anarchistes d\u2019Action R\u00e9volutionnaire) en mai 1958 \u00e0 l\u2019occasion du \u201cputsch gaulliste\u201d. Ce comit\u00e9 regroupait outre la C.N.T. et le G.A.A.R., la F.A. et les Jeunes Libertaires. Ce comit\u00e9 se transforma par la suite en Comit\u00e9 d\u2019Action R\u00e9volutionnaire auquel participaient en plus des organisations libertaires, le P.C.I. (Parti Communiste Internationaliste dirig\u00e9 par Pierre Lambert) avec le C.L.A.D.O., Socialisme ou Barbarie, Pouvoir Ouvrier, \u00c9cole \u00c9mancip\u00e9e&#8230; Il est certain que la C.N.T. a jou\u00e9 un r\u00f4le passif dans ce comit\u00e9 dans la mesure o\u00f9 le Combat Syndicaliste ne relaye aucune information ou communiqu\u00e9 sur ce comit\u00e9. La guerre d\u2019Alg\u00e9rie et plus largement l\u2019anti-colonialisme ne semblent pas avoir \u00e9t\u00e9 un objectif de lutte de la C.N.T. Est-ce son \u00e9tat groupusculaire qui explique ce peu de mobilisation ou bien tout simplement un refus de se positionner par rapport au M.N.A. de Messali Hadj et au F.L.N.&nbsp;? En effet, si elle condamne le r\u00e9gime colonialiste fran\u00e7ais et par cons\u00e9quent la guerre d\u2019Alg\u00e9rie, elle ne soutient pour autant ni le M.N.A., ni le F.L.N.&nbsp;: \u201cNous ne faisons pour l\u2019instant que constater et ne voulons prendre position pour ou contre la nouvelle r\u00e9sistance \u00e9tablie que quand celle-ci manifestera son intention de lutte pour une v\u00e9ritable \u00e9mancipation de tous les travailleurs\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb10\">10<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<p>En revanche, la C.N.T. se mobilisa d\u2019avantage contre l\u2019O.A.S. A Toulouse, en 1962, la C.N.T. participa au Comit\u00e9 de d\u00e9fense d\u00e9mocratique et r\u00e9publicaine anti-O.A.S. de la Haute-Garonne\u00a0[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb11\">11<\/a>]. Cette participation \u00e0 ce comit\u00e9 est assez surprenante puisque l\u2019on trouve \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s la S.F.I.O., la C.G.T., F.O., l\u2019U.D.S.R. et le M.R.P. Ceci peut s\u2019expliquer par le fait que les membres de l\u2019O.A.S. trouvaient refuge en Espagne franquiste. Cette participation s\u2019inscrirait donc plut\u00f4t dans la continuit\u00e9 de la lutte anti-franquiste. C\u2019est en effet vers la lutte anti-franquiste que, depuis la fin des ann\u00e9es cinquante, la C.N.T. s\u2019est tourn\u00e9e, soit par obligation pour continuer \u00e0 exister, soit par esprit de solidarit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2- La C.N.T.&nbsp;: section franCaise de la C.N.T. espagnole<\/h3>\n\n\n\n<p>Ce point pose la question du poids des espagnols en exil en France au sein de la C.N.T. fran\u00e7aise&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb12\">12<\/a>], difficile \u00e0 \u00e9valuer&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb13\">13<\/a>]. Dans les cahiers de r\u00e9union de 1946 de la C.N.T.F. de Toulouse est inscrite la proposition que l\u2019on parle espagnol aux r\u00e9unions, ce qui d\u00e9montre une forte influence. A l\u2019inverse, dans une circulaire de la 6\u00e8me U.R. (sud-ouest) sign\u00e9e Joseph Vincent (94), il est demand\u00e9 que les membres de la C.N.T.E. en exil adh\u00e8rent \u00e0 la C.N.T.F. A Toulouse, les responsables de la C.N.T.F. sont tous d\u2019origine espagnole&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb14\">14<\/a>]. Cependant tous les immigr\u00e9s espagnols n\u2019adh\u00e8rent pas \u00e0 la C.N.T.E. en exil. Des exil\u00e9s de la \u00ab\u00a0retirada\u00a0\u00bb en 1939, mais surtout ceux qui ont quitt\u00e9 l\u2019Espagne au moment de la dictature de Primo de Riveira, adh\u00e9raient \u00e0 la C.N.T.F. Pour les Espagnols de la C.N.T.E. en exil qui adh\u00e9raient \u00e0 la C.N.T.F., cela se r\u00e9duisait surtout \u00e0 payer une cotisation symbolique. C\u2019est pourquoi elle ne participa pas, ou tr\u00e8s peu, \u00e0 la construction et au d\u00e9veloppement de la C.N.T.F.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est important de revenir bri\u00e8vement sur l\u2019histoire des c\u00e9n\u00e9tistes espagnols. On ne peut en effet faire l\u2019histoire de la C.N.T.F. sans \u00e9voquer celle de la C.N.T.E., tant elles sont li\u00e9es entre 1961 et 1975. A la fin de la seconde guerre mondiale, les c\u00e9n\u00e9tistes espagnols qui avaient, pour certains, particip\u00e9 \u00e0 la R\u00e9sistance en France, principalement dans le Sud-ouest, pensaient poursuivre ce mouvement de r\u00e9sistance en Espagne, dans la lutte contre le r\u00e9gime de Franco. Pour eux, la guerre d\u2019Espagne n\u2019\u00e9tait pas finie. Malgr\u00e9 le d\u00e9sarmement des groupes de r\u00e9sistants qui s\u2019op\u00e8re en France en 1945, les Espagnols conservent leurs armes et constituent des maquis de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es. Cette gu\u00e9rilla anti-franquiste se poursuit jusqu\u2019\u00e0 ce que les franquistes liquident ces maquis dans les ann\u00e9es cinquante. Cette r\u00e9sistance arm\u00e9e ne concerna cependant que la C.N.T. de l\u2019int\u00e9rieur qui avait int\u00e9gr\u00e9 l\u2019\u201c Alliance nationale des forces d\u00e9mocratiques\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb15\">15<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<p>La C.N.T.E. en exil se tourna quant \u00e0 elle vers l\u2019action directe. Elle soutint en effet les diff\u00e9rentes actions terroristes et de propagandes contre le r\u00e9gime franquiste sur le territoire espagnol. Le si\u00e8ge de la C.N.T.E. en exil situ\u00e9 \u00e0 Toulouse au 4, rue de Belfort&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb16\">16<\/a>] \u00e9tait alors pr\u00e9sent\u00e9 par le r\u00e9gime franquiste comme l\u2019\u201c\u00e9cole de terroristes anarchistes\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb17\">17<\/a>]. Mais du fait de la r\u00e9pression, la C.N.T.E. en exil cessa l\u2019action directe en 1953&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb18\">18<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<p>Les autres activit\u00e9s de la C.N.T.E. en exil, en France, consistaient le plus souvent \u00e0 organiser des meetings, \u00e0 l\u2019occasion du 1er mai ou du 19 juillet. Ces meetings \u00e9taient souvent organis\u00e9s avec la C.N.T.F., mais aussi avec le S.I.A. (Solidarit\u00e9 Internationale Antifasciste) qui se confond d\u2019ailleurs tr\u00e8s souvent avec la C.N.T.E. en exil. Ces meetings \u00e9taient surtout l\u2019occasion pour les espagnols de se retrouver&nbsp;: ils pouvaient rassembler entre quatre et cinq mille personnes. Elle publiait \u00e9galement deux hebdomadaires&nbsp;: CNT \u00e0 Toulouse et Solidaridad obrera (solidarit\u00e9 ouvri\u00e8re) \u00e0 Paris. Mais, fin 1961, dans le cadre des relations diplomatiques avec l\u2019Espagne, le gouvernement gaulliste interdit les deux organes. La C.N.T.F. met alors \u00e0 la disposition des exil\u00e9s \u00e0 Paris son journal, le Combat Syndicaliste&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb19\">19<\/a>], qu\u2019elle publie avec difficult\u00e9. Le Combat syndicaliste devient hebdomadaire, mais ne comptant qu\u2019une page sur quatre en fran\u00e7ais pour \u00e9viter la censure, le journal demeure quasiment invendable et la C.N.T. parvient mal \u00e0 diffuser ses id\u00e9es anarcho-syndicalistes. La C.N.T.F. perdit alors compl\u00e8tement le contr\u00f4le du journal. En effet, si le Combat syndicaliste \u00e9tait officiellement l\u2019organe de la C.N.T.F., il \u00e9tait enti\u00e8rement financ\u00e9 et administr\u00e9 par les Espagnols&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb20\">20<\/a>]. A l\u2019inverse, \u00e0 Toulouse, la C.N.T.E. fonde l\u2019hebdomadaire Espoir&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb21\">21<\/a>] en collaboration avec la C.N.T.F. Espoir \u00e9tait officiellement l\u2019\u201corgane de la 6\u00e8me U.R.\u201d. Ce journal dispose de deux pages en fran\u00e7ais sur huit. Mais ces deux pages sont le plus souvent consacr\u00e9es \u00e0 la question ib\u00e9rique. Espoir \u00e9tait administr\u00e9 par F\u00e9d\u00e9rica Monts\u00e9ny et Germinal Esgl\u00e9as, les deux leaders de la C.N.T.E. en exil. Dans le Combat syndicaliste, il est \u00e9crit&nbsp;: \u201c[&#8230;] Dans l\u2019actuelle d\u00e9cadence de la C.N.T. fran\u00e7aise, nous exil\u00e9s espagnols de la C.N.T. et de l\u2019anarchisme ib\u00e9rique, ne sommes pas exempts de toute responsabilit\u00e9. Nous avons le devoir moral d\u2019appuyer nos camarades de la C.N.T. fran\u00e7aise \u00e0 tout moment. La fortifier, c\u2019est nous aider nous-m\u00eames [&#8230;]. Pour la C.N.T. fran\u00e7aise, la fa\u00e7on la plus effective, c\u2019est de s\u2019affilier \u00e0 elle. 500, 1000 affili\u00e9s en plus, seraient pour elle en ce moment, un pr\u00e9cieux concours. N\u2019h\u00e9sitons pas camarades. [&#8230;]\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb22\">22<\/a>]. En revanche dans Espoir l\u2019explication est toute autre, puisque c\u2019est la C.N.T.F. qui se montre solidaire avec la C.N.T.E.&nbsp;: \u201c[&#8230;] Fid\u00e8les \u00e0 notre sentiment de solidarit\u00e9 envers tous ceux qui sont exploit\u00e9s, envers tous nos camarades d\u2019id\u00e9ologie, nous ouvrons ces pages \u00e0 ceux qui en ont le plus besoin en ce moment&nbsp;: nos camarades espagnols, r\u00e9fugi\u00e9s en France, priv\u00e9s de tout moyen d\u2019expression.[&#8230;] \u00ab\u00a0Espoir\u00a0\u00bb veut \u00eatre, aussi, ce que son nom indique&nbsp;: l\u2019espoir d\u2019un retour prochain \u00e0 une Espagne lib\u00e9r\u00e9e [&#8230;].\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb23\">23<\/a>]. Si donner son organe conf\u00e9d\u00e9ral se veut un signe de solidarit\u00e9, cela r\u00e9v\u00e8le aussi la faiblesse de l\u2019organisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es soixante et jusqu\u2019\u00e0 la mort de Franco en 1975, la solidarit\u00e9 avec les Espagnols rev\u00eat une nouvelle forme, puisque certains militants de la C.N.T.F. s\u2019engagent physiquement dans la lutte anti-franquiste\u00a0[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb24\">24<\/a>]. De 1968 \u00e0 1975, la C.N.T.E. de l\u2019int\u00e9rieur et plus exactement la F.A.I. (F\u00e9d\u00e9ration Anarchiste Ib\u00e9rique), qui sont donc clandestines, constituent un r\u00e9seau en France avec des fran\u00e7ais de la C.N.T.F. ayant des origines espagnoles, afin de renforcer la structure clandestine en Espagne. Ce r\u00e9seau \u00e9tait surtout actif dans le Sud-ouest. Profitant de l\u2019exp\u00e9rience de quarante ann\u00e9es de clandestinit\u00e9, les responsables de la C.N.T.E. et de la F.A.I. faisaient en sorte que chaque personne qui participait \u00e0 une action connaisse le moins possible les autres militants impliqu\u00e9s. Pour une action, un militant n\u2019\u00e9tait en contact qu\u2019avec deux ou trois personnes. Il s\u2019agissait le plus souvent de passer de l\u2019argent, du mat\u00e9riel de propagande, des papiers conf\u00e9d\u00e9raux et internationaux. En d\u2019autres termes, ils faisaient les porteurs de valises. La r\u00e9gion du Sud-ouest servant de base arri\u00e8re, l\u2019h\u00e9bergement des espagnols clandestins \u00e9tait \u00e9galement fr\u00e9quent. Plus rarement, les militants fran\u00e7ais \u00e9taient charg\u00e9s de passer des armes ou de s\u00e9journer quelque mois en Espagne pour renforcer un syndicat. Ces actions clandestines ne concernaient cependant que tr\u00e8s peu de militants fran\u00e7ais. Elles prennent fin en 1975 avec la mort de Franco, \u00e0 partir de laquelle les deux C.N.T. deviennent totalement ind\u00e9pendantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la solidarit\u00e9 avec les Espagnols \u00e9tait l\u00e9gitime, elle a certainement d\u00e9tourn\u00e9 la C.N.T. de son premier objectif, le d\u00e9veloppement du syndicalisme. Le sectarisme de la C.N.T. qui s\u2019est traduit par des exclusions mais aussi par des d\u00e9parts, auquel il faut ajouter la lutte anti-franquiste, ont eu pour r\u00e9sultat de transformer l\u2019organisation en coquille vide. Comme exemple de ce laminage qu\u2019a connu la C.N.T. dans les ann\u00e9es cinquante et soixante, les effectifs du S.U.B. de Lyon n\u2019ont cess\u00e9s de d\u00e9cro\u00eetre de t\u00e9moigne de 1948 \u00e0 1960 de 137 \u00e0 4.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la C.N.T. perd sa base syndicale, elle voit \u00e9galement dans les ann\u00e9es soixante son noyau de militants r\u00e9tr\u00e9cir. En effet, en 1964, l\u2019U.L. de Lyon ne compte que 22 adh\u00e9rents. Ces effectifs d\u00e9croissent \u00e0 14 en 1965, 8 en 1966 pour enfin tomber \u00e0 3 en 1967&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb25\">25<\/a>]. La C.N.T. de Lyon, \u00e0 la veille de mai 68 n\u2019a donc ni syndicat, ni base militante. La situation lyonnaise n\u2019est pas une exception, elle peut \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00e0 la C.N.T. tout enti\u00e8re. A Toulouse, on ne compte que 3 adh\u00e9rents et une vingtaine \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>La C.N.T. n\u2019est donc plus une centrale syndicale, mais un groupe de quelques militants qui restent fid\u00e8les \u00e0 une certaine puret\u00e9 anarcho-syndicaliste. Ainsi, \u00e0 la veille de mai 1968, la C.N.T. est compl\u00e8tement r\u00e9siduelle et, condamn\u00e9e \u00e0 rester dans l\u2019expectative, elle ne peut \u00e9videmment pas peser sur les \u00e9v\u00e8nements.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3- Les impacts de mai 68 sur la C.N.T.&nbsp;: fin de la premi\u00e8re C.N.T. (1968-1973)<\/h3>\n\n\n\n<p>A la veille de mai 1968, la C.N.T. ne dispose d\u2019un noyau de militants que dans quelques villes&nbsp;: Paris, Toulouse, Perpignan, Bordeaux, Lyon et Marseille. Dans d\u2019autres villes elle existe, mais ne pr\u00e9sente qu\u2019un ou deux militants isol\u00e9s et n\u2019a donc aucune consistance. Le nombre d\u2019adh\u00e9rents est de quelques dizaines&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb26\">26<\/a>] sur l\u2019ensemble de la France. Elle n\u2019a donc aucune activit\u00e9 r\u00e9elle -sinon la participation aux manifestations- et se limite \u00e0 observer et analyser les \u00e9v\u00e8nements.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>a) Point de vue de la C.N.T. sur les \u00e9v\u00e8nements<\/strong>\u00a0[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb27\">27<\/a>]<\/p>\n\n\n\n<p>A Paris et \u00e0 Marseille, il existait avant les \u00e9v\u00e8nements de mai un groupe de jeunes qui avaient constitu\u00e9 les J.S.R. (Jeunesses Syndicalistes R\u00e9volutionnaires). Ces jeunes, bien qu\u2019ils redonnent une dynamique \u00e0 la C.N.T., trouvent l\u2019hostilit\u00e9 des vieux militants, le plus souvent d\u2019origine espagnole et tourn\u00e9s vers l\u2019anti-franquisme. Or les J.S.R. d\u00e9sirent r\u00e9orienter la C.N.T. vers le syndicalisme. Constitu\u00e9es d\u2019\u00e9tudiants mais aussi de jeunes travailleurs, elles mettent en avant leur position de classe. En janvier 1968, les J.S.R. \u00e9ditent un num\u00e9ro sp\u00e9cial du Combat syndicaliste intitul\u00e9 \u201cLes jeunes face \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 n\u00e9o-capitaliste\u201d&nbsp;: \u201c[&#8230;] Ceci dit, il appara\u00eet qu\u2019\u00e0 l\u2019heure actuelle les seuls individus pouvant poursuivre dans des conditions valables leurs \u00e9tudes sont les repr\u00e9sentants &#8211; jeunes, bien s\u00fbr, mais repr\u00e9sentants tout de m\u00eame- d\u2019une seule classe&nbsp;: la bourgeoisie. [&#8230;]. Mais direz-vous, il y a tout de m\u00eame au sein de l\u2019universit\u00e9 ces quelques fils d\u2019ouvriers et d\u2019employ\u00e9s ainsi qu\u2019un certain nombre d\u2019\u00e9tudiants salari\u00e9s, et c\u2019est pour eux que nous devons \u00e9viter la s\u00e9lection et le contr\u00f4le d\u2019assiduit\u00e9. Bien s\u00fbr, ils existent. Mais qui sont-ils&nbsp;? Une minorit\u00e9 d\u2019individus qui s\u2019accrochent, qui cherchent, en derni\u00e8re analyse, \u00e0 \u00ab\u00a0resquiller\u00a0\u00bb, \u00e0 monter dans un wagon marqu\u00e9 \u00ab\u00a0r\u00e9serv\u00e9\u00a0\u00bb, \u00e0 grimper dans la pyramide sociale, \u00e0 passer d\u2019une classe dans l\u2019autre et, bien souvent, \u00e0 renier leurs origines prol\u00e9tariennes et \u00e0 abandonner la lutte de leur propre classe d\u2019origine.[&#8230;]\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette analyse du monde \u00e9tudiant en terme de classes, donc majoritairement constitu\u00e9 de \u201cbourgeois\u201d, explique le scepticisme de la C.N.T. \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une agitation jug\u00e9e superficielle ou petite-bourgeoise&nbsp;: \u201cEn France, le bavard universitaire est presque une tradition moyen\u00e2geuse, mais les \u00e9tudiants, m\u00eame quand ils sont communistes [&#8230;] n\u2019ont jamais renonc\u00e9 aux privil\u00e8ges futurs de situations avantageusement r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es. Leur r\u00e9bellion, si g\u00e9n\u00e9reuse soit-elle, n\u2019est qu\u2019un feu de paille [&#8230;]\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Fid\u00e8les au syndicalisme r\u00e9volutionnaire, pour eux le changement social ne peut venir de ce monde \u00e9tudiant, mais uniquement du monde du travail, l\u00e0 o\u00f9 s\u2019exprime la lutte des classes. Cette foi \u00e0 l\u2019\u00e9gard des travailleurs se retrouve dans le Combat syndicaliste du 22 f\u00e9vrier 1968 avec un article intitul\u00e9 \u201cla pouss\u00e9e r\u00e9volutionnaire des travailleurs va en s\u2019amplifiant\u201d. Pour la C.N.T., les diff\u00e9rents affrontements qui ont eu lieu entre les travailleurs et les forces de l\u2019ordre en janvier 1968\u00a0[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb28\">28<\/a>], annonceraient une possible crise r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019attitude de la C.N.T. \u00e0 l\u2019\u00e9gard du milieu \u00e9tudiant change compl\u00e8tement \u00e0 partir de la mi-mai&nbsp;: \u201cNous saluons votre lutte contre la scl\u00e9rose et la routine bourgeoise des universit\u00e9s [&#8230;]. Face \u00e0 la r\u00e9pression de l\u2019\u00c9tat, \u00e0 la d\u00e9magogie des partis politiques et \u00e0 la carence des organismes officiels pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes agissants qui se posent \u00e0 la jeunesse, tous les travailleurs doivent s\u2019associer \u00e0 l\u2019action des jeunesses estudiantines [&#8230;]\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb29\">29<\/a>]. Elle consid\u00e8re les \u00e9tudiants comme le possible \u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur de la marche vers la r\u00e9volution sociale. Ce changement de position s\u2019op\u00e8re \u00e0 la mi-mai, apr\u00e8s les violents affrontements survenus lors de la \u201cnuit des barricades\u201d du 12 mai. La violence est en effet un indicateur de la pouss\u00e9e r\u00e9volutionnaire. Si la C.N.T. parle de \u201cla pouss\u00e9e r\u00e9volutionnaire des travailleurs\u201d dans le Combat syndicaliste du 22 f\u00e9vrier 1968, c\u2019est parce qu\u2019\u00e0 ses yeux, la violence t\u00e9moignerait du caract\u00e8re r\u00e9volutionnaire d\u2019un mouvement&nbsp;: \u201c[&#8230;] les premiers heurts violents avec les forces de l\u2019ordre, loin d\u2019effrayer les travailleurs, leur permettent de prendre la mesure de leur force et d\u2019accro\u00eetre leur confiance en la force collective qu\u2019ils repr\u00e9sentent. [&#8230;]. Lorsque les organisations syndicales r\u00e9formistes organisent des manifestations monstres mais pacifiques, les travailleurs n\u2019en retirent aucune exp\u00e9rience valable, pr\u00e9cis\u00e9ment parce que ces manifestations ne sont que des \u00ab\u00a0d\u00e9monstrations\u00a0\u00bb et qu\u2019elles ne permettent en aucune fa\u00e7on aux travailleurs de mesurer leur puissance d\u2019action directe [&#8230;]\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb30\">30<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<p>Autre facteur qui explique le retournement de la C.N.T., c\u2019est la manifestation du 13 mai. Cette manifestation dont un des objectifs \u00e9tait la jonction avec le monde ouvrier serait l\u2019expression d\u2019une conscience de classe et par cons\u00e9quent l\u00e9gitimerait le mouvement \u00e9tudiant. D\u00e8s lors, le milieu \u00e9tudiant et universitaire en g\u00e9n\u00e9ral cesse d\u2019\u00eatre per\u00e7u comme un milieu bourgeois&nbsp;: \u201cC\u2019est ici que la liaison \u00e9tudiants-ouvriers est n\u00e9cessaire. Les \u00e9tudiants et les ouvriers ne doivent pas avoir leurs actions s\u00e9par\u00e9es. C\u2019est dans la m\u00eame lutte contre l\u2019exploiteur qu\u2019ils doivent \u00eatre unis\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb31\">31<\/a>]. Puisque les \u00e9tudiants sont du m\u00eame c\u00f4t\u00e9 que les travailleurs, c\u2019est \u00e0 dire contre \u201cl\u2019exploiteur\u201d, c\u2019est qu\u2019ils ont les m\u00eames int\u00e9r\u00eats que la classe ouvri\u00e8re, d\u2019o\u00f9 l\u2019indispensable unit\u00e9 entre ces deux groupes sociaux que finalement rien ne distingue. Ce qui peut enfin expliquer cette nouvelle sympathie pour le milieu \u00e9tudiant, c\u2019est la r\u00e9actualisation des th\u00e8mes d\u2019autogestion, d\u2019action directe et de d\u00e9mocratie directe, th\u00e8mes que l\u2019on retrouve dans l\u2019anarcho-syndicalisme dont la C.N.T. s\u2019estime \u00eatre l\u2019h\u00e9riti\u00e8re et l\u2019unique repr\u00e9sentante.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que le mouvement s\u2019\u00e9puise au d\u00e9but du mois de juin, la C.N.T. reproche aux grandes centrales syndicales de l\u2019avoir cass\u00e9&nbsp;: \u201c[&#8230;] La trahison des syndicats inf\u00e9od\u00e9s au pouvoir a permis de saboter la r\u00e9volution de mai 68.[&#8230;]\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb32\">32<\/a>]. Elle leur reproche d\u2019avoir d\u00e9tourn\u00e9 la lutte des travailleurs en l\u2019orientant vers la n\u00e9gociation et ce qu\u2019elle appelle les \u201ctripatouillages de Grenelle\u201d. Le r\u00f4le contre-r\u00e9volutionnaire de ces centrales syndicales l\u00e9gitime la critique que la C.N.T. n\u2019a cess\u00e9 d\u2019adresser aux anarchistes adh\u00e9rents \u00e0 ces m\u00eames centrales. La C.N.T. attribue donc une part de responsabilit\u00e9 dans l\u2019\u00e9chec du mouvement \u00e0 ces m\u00eames anarchistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours dans cette logique de refus de compromission avec les centrales \u00ab\u00a0r\u00e9formistes\u00a0\u00bb, la C.N.T. refusa de participer \u00e0 la tentative de cr\u00e9ation d\u2019un p\u00f4le anarcho-syndicaliste. Cette tentative a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9e par l\u2019U.A.S. (l\u2019Union Anarcho-Syndicaliste)\u00a0[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb33\">33<\/a>] qui invita \u00e0 une r\u00e9union en novembre 1968 toutes les composantes du mouvement anarchiste, auxquelles il faut ajouter selon Roland Biard l\u2019Union des Syndicalistes. Cette initiative ne se concr\u00e9tisa officiellement qu\u2019en juin 1969 avec la cr\u00e9ation de l\u2019A.S.R.A.S. (Alliance Syndicaliste R\u00e9volutionnaire et Anarcho-syndicaliste)\u00a0[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb34\">34<\/a>]. L\u2019A.S.R.A.S. rencontra d\u00e8s ses d\u00e9buts, et m\u00eame avant sa cr\u00e9ation officielle, l\u2019hostilit\u00e9 de la C.N.T. pour qui il est vain de chercher \u00e0 impulser une dynamique syndicaliste r\u00e9volutionnaire au sein des centrales syndicales traditionnelles. L\u2019\u00e9chec du mouvement de mai 68 qui n\u2019a pu d\u00e9boucher sur une r\u00e9volution sociale est une confirmation pour la C.N.T. de la v\u00e9racit\u00e9 de sa th\u00e8se.<\/p>\n\n\n\n<p>La C.N.T. conserve donc la m\u00eame conviction depuis sa cr\u00e9ation, \u00e0 savoir que l\u2019esprit du syndicalisme r\u00e9volutionnaire et de l\u2019anarcho-syndicalisme ne peut exister en dehors d\u2019elle. Le bilan que la C.N.T. tire par ailleurs du mouvement de mai 68 se nourrit \u00e0 la fois de d\u00e9ception et d\u2019id\u00e9alisme. Un des facteurs de cet \u00e9chec c\u2019est, selon elle, la difficult\u00e9 des travailleurs \u00e0 se d\u00e9tacher des \u201cpseudos syndicalistes qui dirigent les forces ouvri\u00e8res sur les voies de garage\u201d. Les travailleurs seraient donc \u201cbern\u00e9s\u201d, \u201cinconscients\u201d, \u201cvou\u00e9s \u00e0 l\u2019esclavage et \u00e0 la soumission\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb35\">35<\/a>]. Il est frappant comme cette d\u00e9ception contraste avec l\u2019id\u00e9alisation des travailleurs qui se d\u00e9gageait du le Combat Syndicaliste du 22 f\u00e9vrier 1968. Cependant, si certaines d\u00e9clarations peuvent laisser croire le contraire, la C.N.T. continue d\u2019id\u00e9aliser les travailleurs&nbsp;: \u201c[&#8230;] les travailleurs voient aujourd\u2019hui d\u2019autres horizons qu\u2019un \u00ab\u00a0gouvernement populaire\u00a0\u00bb&nbsp;; ils pensent \u00e0 une nouvelle construction \u00e9conomique et sociale qui m\u00e8nera la r\u00e9volution vers l\u2019\u00e9galit\u00e9 \u00e9conomique et la vraie libert\u00e9\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb36\">36<\/a>]. C\u2019est donc bien une d\u00e9ception et un id\u00e9alisme, tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9, qui coexistent et s\u2019opposent dans la vision que la C.N.T. a des travailleurs. Son \u00e9tat r\u00e9siduel, groupusculaire peut expliquer une telle analyse du mouvement dans la mesure o\u00f9 elle \u00e9tait totalement d\u00e9tach\u00e9e des masses pendant les \u00e9v\u00e8nements. Mais son discours contre les organisations traditionnelles et la r\u00e9actualisation des th\u00e8mes anarcho-syndicalistes amen\u00e8rent, malgr\u00e9 sa quasi-inactivit\u00e9, une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de militants \u00e0 la C.N.T.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>b) Une nouvelle jeunesse pour la C.N.T.&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9lan que suscita mai 68 chez les jeunes provoqua une augmentation des adh\u00e9sions. La C.N.T. de la r\u00e9gion parisienne aurait connu entre 150 et 200 adh\u00e9rents au lendemain de mai 68, alors qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait constitu\u00e9e que d\u2019une vingtaine d\u2019adh\u00e9rents \u00e0 la veille du mouvement&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb37\">37<\/a>]. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019observe \u00e9galement \u00e0 Lyon o\u00f9 la C.N.T. compte une trentaine d\u2019adh\u00e9rents contre 3 en 1967&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb38\">38<\/a>]. Ces nouveaux adh\u00e9rents, pour la plupart des jeunes qui ne sont pas issus du milieu ouvrier, renforcent la structure des J.S.R. qui demeurait squelettique et se limitait \u00e0 Paris et Marseille. Ce renforcement des J.S.R. se traduisit notamment par la publication d\u2019un journal, Action directe (num\u00e9ro 1, novembre 1968)&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb39\">39<\/a>]. Les J.S.R. repr\u00e9sentaient un espoir pour la C.N.T., capable de redonner une dynamique \u00e0 l\u2019organisation et de la sortir de sa longue l\u00e9thargie. Espoir aussi, parce qu\u2019elles r\u00e9solvaient le probl\u00e8me de la rel\u00e8ve des vieux militants.<\/p>\n\n\n\n<p>Le congr\u00e8s constitutif des J.S.R. eut lieu \u00e0 Tassin la Demi-Lune (Rh\u00f4ne), les 1er et 2 novembre 1969. Elles se transforment alors en J.A.S. (Jeunesses Anarcho-Syndicalistes). Si l\u2019objectif de la cr\u00e9ation des J.A.S. \u00e9tait de se d\u00e9gager de la tutelle de la C.N.T., elles constituent n\u00e9anmoins un point de liaison entre le monde \u00e9tudiant et la C.N.T. jusqu\u2019alors \u00e9trangers l\u2019un \u00e0 l\u2019autre. C\u2019est cet objectif que s\u2019assigne les J.A.S. dans la r\u00e9solution vot\u00e9e lors de leur congr\u00e8s constitutif&nbsp;: \u201cLes J.A.S. sont la jeunesse de la C.N.T., leur but est de regrouper tous les jeunes travailleurs et \u00e9tudiants qui acceptent les principes, tactiques et buts de la C.N.T.\u201d&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb40\">40<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<p>Le principal travail des J.A.S. dans le milieu \u00e9tudiant consistait dans un premier temps \u00e0 concurrencer l\u2019U.N.E.F. mais aussi les diff\u00e9rents groupuscules trotskistes et mao\u00efstes en avan\u00e7ant notamment des mots d\u2019ordre d\u2019autonomie et d\u2019autogestion des facult\u00e9s. Pour les quelques jeunes des J.A.S. qui travaillaient, il s\u2019agissait de constituer des \u201ccomit\u00e9s Combat-syndicaliste\u201d. Un comit\u00e9 combat-syndicaliste \u00e9tait un noyau de militants charg\u00e9s de vendre le Combat syndicaliste. Cette vente devait permettre de diffuser la propagande c\u00e9n\u00e9tiste pour recruter de nouveaux militants. Le Combat syndicaliste \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019instrument permettant de s\u2019implanter en milieu ouvrier. Les J.A.S. devaient donc \u00eatre d\u2019une certaine mani\u00e8re la concr\u00e9tisation de l\u2019id\u00e9e selon laquelle rien ne distingue les \u00e9tudiants et les ouvriers unis \u201ccontre l\u2019exploiteur\u201d. Cette exp\u00e9rience des J.A.S. se solda en fin de compte par un \u00e9chec. Son existence \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, un an, fait d\u2019elle une des multiples composantes de l\u2019effervescence gauchiste de l\u2019apr\u00e8s mai 68. La C.N.T. n\u2019a pas pu b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019\u00e9lan soixante-huitard sur le long terme, et cet \u00e9lan a m\u00eame eu une part n\u00e9gative pour l\u2019organisation. L\u2019esprit des jeunes militants \u00e9tait \u00e9tranger \u00e0 celui de la C.N.T. Cette derni\u00e8re conna\u00eet un v\u00e9ritable choc de culture entre des jeunes teint\u00e9s du mod\u00e8le \u00ab\u00a0jouir sans entrave\u00a0\u00bb et des militants plus anciens et de culture ouvri\u00e8re. La culture ouvri\u00e8re de ces vieux militants qui \u00e9taient le plus souvent d\u2019origine espagnole et \u00e9trangers \u00e0 l\u2019esprit soixante-huitard, se caract\u00e9rise notamment par la valeur du travail\u00a0[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb41\">41<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<p>Ce conflit de g\u00e9n\u00e9ration entre des vieux militants dont la moyenne d\u2019\u00e2ge est sup\u00e9rieure \u00e0 cinquante ans et les jeunes se traduit lors du quatorzi\u00e8me congr\u00e8s conf\u00e9d\u00e9ral \u00e0 Toulouse en 1971, par un flot d\u2019insultes entre les deux parties. Le bulletin int\u00e9rieur de f\u00e9vrier 1975 d\u00e9crit d\u2019ailleurs ce congr\u00e8s comme \u201cun des plus turbulents\u201d. Lass\u00e9s, les vieux militants quittent alors la C.N.T. On peut noter le d\u00e9part lors de ce congr\u00e8s de Joseph Soriano qui avait \u00e9t\u00e9 secr\u00e9taire conf\u00e9d\u00e9ral entre 1963 et 1967. Toulouse est la seule ville qui \u00e9chappe \u00e0 cette rupture. Le nouveau bureau conf\u00e9d\u00e9ral n\u2019\u00e9tait alors constitu\u00e9 que de jeunes qui, n\u2019\u00e9tant pas vraiment des militants anarcho-syndicalistes, abandonnent leurs responsabilit\u00e9s. La C.N.T. voit alors -entre 1971 et 1973- sa structure s\u2019effondrer.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes qui \u00e9taient venus \u00e0 la C.N.T. au lendemain de mai 68 soit cess\u00e8rent de militer, soit se tourn\u00e8rent pour quelques-uns vers les communaut\u00e9s libertaires. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est surtout visible dans le sud-ouest. Dans le compte-rendu du congr\u00e8s de la 6\u00e8me U.R. tenu \u00e0 Narbonne le 15 novembre 1972, on peut lire ceci&nbsp;: \u201cGros probl\u00e8mes \u00e0 Narbonne car les jeunes qui s\u2019\u00e9taient group\u00e9s \u00e0 la C.N.T. et autour de l\u2019\u00e9quipe existante, ont cr\u00e9\u00e9 une communaut\u00e9 laissant ainsi un grand vide et reposant le probl\u00e8me de la rel\u00e8ve des anciens responsables\u201d. Des liens existaient en effet entre les communaut\u00e9s libertaires du sud-ouest et la C.N.T.&nbsp;[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nb42\">42<\/a>]. Les fondateurs de ces communaut\u00e9s \u00e9taient parfois des militants de la C.N.T. C\u2019est notamment le cas de Pierre M\u00e9ric, adh\u00e9rent de la C.N.T. de Marseille qui participa \u00e0 la cr\u00e9ation de la communaut\u00e9 de Villeneuve-du-Bosc (Ari\u00e8ge), ou bien encore de Paul G\u00e9rard et Alain Rous, tous deux adh\u00e9rents de la C.N.T. de Paris qui fondent en 1971 la communaut\u00e9 du \u201cLlech\u201d puis celle des \u201cCaroneras\u201d dans les Pyr\u00e9n\u00e9es Orientales. Les communautaires du Llech vendaient d\u2019ailleurs le Combat syndicaliste et participaient aux activit\u00e9s de la C.N.T. de Perpignan. Mais ces communaut\u00e9s ne pouvaient en rien servir au d\u00e9veloppement de la C.N.T.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9sagr\u00e9gation que la C.N.T. conna\u00eet depuis les ann\u00e9es cinquante aboutit ainsi \u00e0 la mort de ce que l\u2019on peut appeler la premi\u00e8re C.N.T. dont l\u2019existence s\u2019\u00e9tale de 1946 \u00e0 1973. L\u2019\u00e9tat de la C.N.T., apr\u00e8s ce feu de paille qu\u2019a \u00e9t\u00e9 l\u2019apr\u00e8s mai 68, est encore pire qu\u2019auparavant. On peut lire dans le bulletin int\u00e9rieur de f\u00e9vrier 1975 un passage commentant cette p\u00e9riode&nbsp;: \u201c[&#8230;] A l\u2019euphorie de mai 68, succ\u00e9dait la d\u00e9bandade. Sans lien entre elles, les structures de l\u2019organisation se d\u00e9sagr\u00e9geaient rapidement\u201d. L\u2019\u00e9lan de mai 68 aurait bien pu mettre fin \u00e0 la C.N.T.<\/p>\n\n\n\n<p>Compl\u00e8tement d\u00e9structur\u00e9e, vid\u00e9e, au moment du congr\u00e8s de 1973, elle compte moins d\u2019une cinquantaine de militants sur toute la France. Le congr\u00e8s de 1973 qui se tient \u00e0 Paris o\u00f9 une vingtaine de congressistes sont r\u00e9unis, correspond plus \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de tous les militants de la C.N.T. Alors que ce congr\u00e8s aurait pu aboutir \u00e0 la dissolution de la C.N.T., la vingtaine de congressistes d\u00e9cida tout de m\u00eame de relancer l\u2019organisation. \u00c9tant donn\u00e9 sa d\u00e9composition et sa d\u00e9liquescence, et dans la mesure o\u00f9 c\u2019est une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de militants qui prend les commandes, c\u2019est bien une nouvelle C.N.T. qu\u2019il s\u2019agit de reconstituer.<\/p>\n\n\n\n<p>NOTES<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh1\">1<\/a>] T\u00e9moignage d\u2019un militant de la C.N.T., r\u00e9dig\u00e9 en 1975. Ce t\u00e9moignage fait six pages et est sign\u00e9 J.L. Si cette estimation t\u00e9moigne d\u2019un affaiblissement de l\u2019organisation, je n\u2019ai pu v\u00e9rifier si elle est exacte.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh2\">2<\/a>] Circulaire conf\u00e9d\u00e9rale N\u00b02, le 27 f\u00e9vrier 1957.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh3\">3<\/a>] Bulletin de la 2\u00e8me U.R., n\u00b03, 15 mai 1957. Leur exclusion a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e par 14 voix pour, 2 abstentions et 4 contre. Il faut \u00e9galement noter que seulement vingt syndicats \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 ce congr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh4\">4<\/a>] Ibid. A cette liste, il faut ajouter les autres membres de la C.A.&nbsp;: R. Lambert, M.&nbsp;Bouy\u00e9, H. Munoz, F.Molina, Derache, Brives (ancien tr\u00e9sorier adjoint entre 1950 et 1952) et Trouillier.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh5\">5<\/a>] Compte-rendu du 9\u00e8me congr\u00e8s conf\u00e9d\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh6\">6<\/a>] Une frange du mouvement anarchiste a toujours \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9e par Errico Malatesta qui au d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle s\u2019opposait \u00e0 Pierre Monatte sur la question syndicale. Anarchisme et syndicalisme. Le congr\u00e8s anarchiste international d\u2019Amsterdam (1907). Editions Nautilus et \u00e9ditions du Monde Libertaire, 1997. 231 p.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh7\">7<\/a>] Le Combat syndicaliste, n\u00b0430, 1er d\u00e9cembre 1966.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh8\">8<\/a>] N\u2019ayant pu consulter aucun num\u00e9ro, nous ignorons le nombre de num\u00e9ro publi\u00e9 et le contenu de ce journal.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh9\">9<\/a>] BIARD Roland. Histoire du mouvement anarchiste. 1945-1975. Editions Galil\u00e9e, 1976. p. 126.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh10\">10<\/a>] Le Combat Syndicaliste, n\u00b0147.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh11\">11<\/a>]<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh12\">12<\/a>] Pour distinguer les deux C.N.T., nous parlerons de la C.N.T.F. pour la C.N.T. fran\u00e7aise et de la C.N.T.E. pour la C.N.T. espagnole. Cette mani\u00e8re de distinguer les deux C.N.T. \u00e9tait celle utilis\u00e9e par les militants.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh13\">13<\/a>] De ce fait, cette difficult\u00e9 rend l\u2019\u00e9valuation des effectifs de la C.N.T.F. encore plus difficile.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh14\">14<\/a>] Il s\u2019agit de Joseph Vincent, d\u2019Alexandre Mirande (Miranda), Nammes et Jammes. Dans le sud-ouest, le poids des espagnols \u00e9tait certainement plus important qu\u2019ailleurs en France.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh15\">15<\/a>] La participation de la C.N.T. de l\u2019int\u00e9rieur au gouvernement de la r\u00e9publique en exil form\u00e9 \u00e0 Mexico le 10 janvier 1945 avait conduit \u00e0 la scission avec la C.N.T. en exil, majoritaire, lors du Comit\u00e9 national du M.L.E.-C.N.T. (Mouvement Libertaire Espagnol). L\u2019anarcho-syndicalisme espagnol se r\u00e9unifia lors du deuxi\u00e8me congr\u00e8s intercontinental de la C.N.T.E. en exil, \u00e0 Limoges les 31 ao\u00fbt et 1er septembre 1961.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh16\">16<\/a>] Le 4 rue de Belfort est encore le local des espagnols de Toulouse.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh17\">17<\/a>] DOMERGUE Lucienne (sous la direction de). L\u2019exil des R\u00e9publicains espagnols \u00e0 Toulouse. 1939-1999. Presses Universitaires du Mirail, 1999. pp 97-120.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh18\">18<\/a>] Certains continueront l\u2019action directe, notamment le groupe de Francisco Sabat\u00e9 qui est tu\u00e9 par la police le 5 janvier 1960. SOLA TELLEZ Antonio. Sabat\u00e9. Gu\u00e9rilla urbaine en Espagne. 1945-1960. Ed. Rep\u00e8res-Sil\u00e9na, 1990. 308 p.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh19\">19<\/a>] 1955&nbsp;: 9 num\u00e9ros&nbsp;; 1956&nbsp;: 8 num\u00e9ros&nbsp;; 1957&nbsp;: 3 num\u00e9ros&nbsp;; 1958&nbsp;: 4 num\u00e9ros&nbsp;; 1959&nbsp;: 8 num\u00e9ros&nbsp;; 1960 et 1961&nbsp;: 7 num\u00e9ros.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh20\">20<\/a>] Il faut noter \u00e0 ce sujet que les diff\u00e9rents administrateurs fran\u00e7ais du Combat syndicaliste \u00e0 partir de 1962 n\u2019ont d\u2019utilit\u00e9 que sur le plan juridique, pour que le pouvoir ne puisse pas censurer le journal qui est officieusement celui de la C.N.T.E. en exil.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh21\">21<\/a>] Le titre \u00ab\u00a0Espoir\u00a0\u00bb est un clin d\u2019\u0153il provocateur \u00e0 Andr\u00e9 Malraux, alors ministre de la culture de de Gaule, par rapport \u00e0 son livre sur la guerre d\u2019Espagne intitul\u00e9 Espoir.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh22\">22<\/a>] Le Combat syndicaliste, n\u00b0172, d\u00e9cembre 1961<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh23\">23<\/a>] Espoir, n\u00b01, 7 janvier 1962.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh24\">24<\/a>] T\u00e9moignage d\u2019un militant de la C.N.T.F. Ce militant ignorait cependant si, avant la fin des ann\u00e9es soixante, des militants fran\u00e7ais se sont engag\u00e9s physiquement dans cette r\u00e9sistance.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh25\">25<\/a>] ASTIER Eric. Le mouvement libertaire \u00e0 Lyon, 1964-1974. M\u00e9moire de ma\u00eetrise, sous la direction de Xavier de Monclos. Universit\u00e9 de Lyon II. 1990. p. 116.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh26\">26<\/a>] Nous ne comptons pas ici les adh\u00e9sions espagnoles.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh27\">27<\/a>] Voir la ma\u00eetrise de DAVID Bruno. Le mouvement anarchiste en mai-juin 1968. M\u00e9moire de ma\u00eetrise, sous la direction de Antoine Prost et de Dani\u00e8le Tartakowsky. Universit\u00e9 de Paris I, 1988. 226 p.&nbsp;; et la brochure \u00e9dit\u00e9e par la C.N.T.&nbsp;: La C.N.T. en mai 68. s.d., 22 p.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh28\">28<\/a>] Des affrontements entre des manifestants (des ouvriers en gr\u00e8ve) et les C.R.S. ont en effet eu lieu entre autre \u00e0 Nantes, le 20 janvier, \u00e0 Caen, les 24 et 27 janvier, \u00e0 Angers, le 27 janvier.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh29\">29<\/a>] Le Combat syndicaliste, n\u00b0&nbsp;504, 16 mai 1968.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh30\">30<\/a>] Notons que cette conception de la force collective des travailleurs qui doit se manifester par la violence et s\u2019opposer \u00e0 la \u00ab\u00a0d\u00e9monstration\u00a0\u00bb est tr\u00e8s proche de la th\u00e9orie des marxistes (aussi bien chez Kautsky que chez L\u00e9nine) selon laquelle la politique est l\u2019analyse des rapports de forces qui se traduisent par l\u2019affrontement de la force des travailleurs contre la violence de l\u2019\u00c9tat. C\u2019est l\u2019affrontement des forces qui tendent \u00e0 leur destruction. La diff\u00e9rence repose ici sur la n\u00e9cessit\u00e9 du parti qui est pour les marxistes le multiplicateur de cette force.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh31\">31<\/a>] Le Combat syndicaliste, n\u00b0507, 20 juin 1968.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh32\">32<\/a>] Le Combat syndicaliste, n\u00b0515, 22 ao\u00fbt 1968.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh33\">33<\/a>] L\u2019U.A.S. est men\u00e9e par Alexandre H\u00e9bert. Ses militants adh\u00e8rent en grande partie \u00e0 F.O. Elle est surtout dynamique dans la r\u00e9gion nantaise. Aujourd\u2019hui l\u2019U.A.S. repr\u00e9sente la tendance anarcho-syndicaliste du Parti des Travailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh34\">34<\/a>] L\u2019A.S.R.A.S. devient en janvier 1970 l\u2019Alliance syndicaliste. Une tentative similaire eut lieu \u00e9galement en 1978 avec la constitution de la Coordination nationale des anarcho-syndicalistes. La C.N.T. participa dans certaines villes \u00e0 la C.N.A.S., mais s\u2019en \u00e9carta tr\u00e8s vite pour les m\u00eames raisons.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh35\">35<\/a>] Le Combat syndicaliste, n\u00b0515, 22 ao\u00fbt 968.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh36\">36<\/a>] Le Combat syndicaliste, n\u00b0513, 7 ao\u00fbt 1968.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh37\">37<\/a>] D\u2019apr\u00e8s le t\u00e9moignage d\u2019un militant de la r\u00e9gion parisienne.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh38\">38<\/a>] ASTIER Eric. Le mouvement libertaire \u00e0 Lyon, 1964-1974. M\u00e9moire de ma\u00eetrise, sous la direction de Xavier de Monclos. Universit\u00e9 de Lyon II, 1990. Pp 115-124.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh39\">39<\/a>] Nous ignorons le nombre de num\u00e9ros parus. Nous n\u2019avons pu consulter que ce premier num\u00e9ro.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh40\">40<\/a>] Compte-rendu du congr\u00e8s constitutif des J.A.S. Ibid.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh41\">41<\/a>] Une des caract\u00e9ristiques de cette culture \u00e9tait par exemple d\u2019\u00eatre correctement habill\u00e9 avec le port de la cravate lors des r\u00e9unions.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"http:\/\/sipncntait.free.fr\/article_400.html#nh42\">42<\/a>] SARBONI Edward. Des communaut\u00e9s libertaires de 1968 \u00e0 1978, dans le sud-ouest. M\u00e9moire de ma\u00eetrise, sous la direction de Jean Sagnes, Universit\u00e9 de Perpignan, 1993.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article CNT-AIT 2006 L&rsquo;isolement de la CNT Au cours des ann\u00e9es 50, l\u2019organisation s\u2019isole et se marginalise de plus en plus. 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