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Autodéfense sanitaire : pourquoi et comment

L’État a choisi de laisser circuler le SARSCoV2, sacrifiant la santé de la population, mais nous pouvons et nous devons être plus responsables que lui en pratiquant l’auto-défense sanitaire, c’est-à-dire en appliquant une réduction des risques dans les événements que nous organisons, afin de limiter le plus possible la propagation du virus.


La pandémie de covid19 n’est pas terminée, il est de notre responsabilité collective de nous protéger les unes les autres et d’assurer que nos réunions sont accessibles à toutes et tous, en particulier aux personnes fragiles, que la fin de l’obligation du port du masque exclut de fait des espaces publics. D’ailleurs, si certaines parties de la population sont plus à risques que d’autres de développer une forme grave de la maladie, le SARSCoV2 est un pathogène dont les conséquences à long terme sont encore méconnues mais qui peuvent toucher très largement la population, qu’elle soit ou non « fragile ». En effet, on évalue qu’environ 30% des infections au SARSCoV2 occasionnent des « covids longs », terme désignant l’ensemble de séquelles à long terme après la contamination et qui incluent des troubles cardiaques, vasculaires et neurologiques. On estime qu’environ deux millions de personnes en souffriraient rien qu’en France. 

Le consensus scientifique montre aujourd’hui que « l’immunité de groupe » obtenue par infection au SARSCoV2 est un leurre et que chaque infection porte au contraire un risque individuel et collectif. Risque individuel car chaque personne, « fragile » ou non, quel que soit son statut vaccinal, risque de développer des séquelles après l’infection. Les dernières études scientifiques tendent à montrer que le SARSCoV2 entraînerait un affaiblissement du système immunitaire chez son hôte et que chaque réinfection augmenterait le risque de « covid long ». Le risque est également collectif car chaque contamination comporte un risque de mutation du virus qui mènerait à un nouvel échappement immunitaire, c’est-à-dire une moindre efficacité des vaccins disponibles actuellement. 
Si l’on considère la santé comme un bien commun et non comme une addition d’individualités indépendantes les unes des autres, il est donc essentiel de ne pas contaminer les autres, mais également de ne pas être soi-même contaminé afin de ne pas favoriser la mutation du virus.

La vaccination est un outil essentiel dont le but est d’éviter des formes graves de la maladie et l’engorgement des hôpitaux mais cet outil ne peut pas être utilisé seul car il n’empêche pas la transmission du virus et que son efficacité est limitée sur les covids longs. 

On sait aujourd’hui avec certitude que le mode de transmission principal du SARSCov2 est aérosol, ce qui signifie que le virus se trouve dans l’air expiré par les personnes infectées, qui peuvent être porteuses sans le savoir. Pour se représenter la contamination par aérosol, on peut garder en tête la façon dont se comporte la fumée de cigarette. Ainsi, la distanciation ne suffit pas dans un lieu clos : il faut aérer et se masquer pour assurer la sécurité de toutes et tous. Pour limiter les transmissions, les mesures indispensables sont donc :       

le port du masque en lieu clos, ou en extérieur dans la foule   

l’aération (avec mesure du CO2)   

la filtration de l’air       

Si la filtration de l’air demande un équipement qui peut être couteux, les autres mesures en revanche sont facilement applicables partout.       

Aussi est-il important d’imposer le port du masque en intérieur et l’aération dans nos événements, mais également de privilégier les rencontres en extérieur chaque fois que cela est possible. Veillons à systématiquement préciser en amont les mesures sanitaires appliquées lors de nos évènements et à mettre des masques FFP2 à disposition à l’entrée.     

C’est ainsi que nous pourrons continuer à maintenir des liens « en présentiel » sans faire prendre de risques inutiles à nos participant-es, qu’iels soient ou non « à risque ». C’est aussi une façon concrète d’être antivalidiste en montrant à nos camarades handi-es dont les vies ont déjà été lourdement abîmées par l’épidémie depuis son début qu’iels ont toute leur place dans nos espaces militants.