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La réouverture des facs à tout prix, une fausse bonne solution !


CNT-SO /17 décembre 2020   

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Communiqué national conjoint du SCUM - CNT-SO et de la CGT Salarié-e-s-Etudiant-e-s Doubs concernant les enjeux liés à la réouverture des universités pour le deuxième semestre.

La réouverture des facs à tout prix, une fausse bonne solution !

Nous observons, depuis plusieurs jours des interventions médiatiques des patrons d’universités, et même des manifestations de quelques enseignants ayant pour revendication la réouverture immédiate des établissements de l’enseignement supérieur.


Cette revendication est dangereuse et hors sol.

Ce que subissent les étudiants c’est le surmenage couplé à une grande précarité et à des modalités d’études inadaptées déjà d’ordinaire mais d’autant plus en cette période. La charge de travail des étudiants a été multipliée par 2, par 4, selon le bon vouloir des professeurs, nombreux sont ceux qui ont dû se maintenir concentrés pendant des visios de 2, 3h, ce qui n’est certainement pas une demande raisonnable et sans oublier de conjuguer tout cela aux pertes de revenus des étudiants travaillant en parallèle de leurs études (nous rappelons que c’est le cas de 3 étudiants sur 4).
Actuellement, des étudiants rentrés dans leur famille le temps du confinement ont dû trouver des moyens de revenir dans leur ville d’études car de nombreuses filières, y compris des filières à concours, font passer des examens en présentiel. En cette période, cela est dangereux. Cette volonté absolue de maintenir le calendrier universitaire comme si tout allait pour le mieux est un non sens et un multiplicateur de la détresse étudiante.
Vouloir la réouverture et en 100% présentiel, c’est continuer à absolument pousser à maintenir le calendrier universitaire inchangé, la charge de travail étudiante également. Pour de nombreux étudiants, c’est déjà trop tard.

La détresse face à la perte de revenus, face à une inadéquation totale de la charge de travail avec les moyens et modalités d’études les aura déjà fait décrocher, aura vu s’évaporer leurs chances aux concours et pour ceux qui persistent, la sélection ne les a pas oublié, elle non plus ne ferme jamais l’œil et se tient prête à sanctionner tous ceux qui auront été touchés de plein fouet par la gestion calamiteuse de cette crise, soit la quasi totalité des étudiants.

Que changera la réouverture des facultés à cela ?
Seuls les moins touchés par la crise pourront reprendre comme si cela n’avait été qu’une courte interruption. D’autant que ces problèmes étaient déjà antérieurs, croire que la fermeture des établissements les a créés est une illusion propre à émerger là où l’on ne constatait pas déjà avant la grande précarité dont est synonyme la condition étudiante. Et la condition sanitaire ? Déjà laisser se faire les examens en présentiel alors que les mesures tendent à se durcir est un non sens et une mise en danger des étudiants et personnels, mais tout rouvrir ? Nous savons comment la fac réagit à la réouverture, nous l’avons constaté en septembre : Comme si de rien n’était. Des clusters ont émergés dans toutes les facultés de France.
Nous ne voulons pas, une fois de plus, être mis en danger.

Non, ce que nous revendiquons, ce sont :

– Une suspension de l’année universitaire, ses examens et concours.
– Des cours en ligne adaptés
– Une mise en ligne de tous les supports de cours
– Quand le présentiel sera à nouveau sanitairement envisageable, qu’il soit facultatif avec cours enregistrés et mis à disposition en ligne
– Que la liberté pédagogique concernant le travail imposé aux étudiants cesse.
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) – CGT Salarié-e-s-étudiant-e-s Doubs


PS :

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