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COVID-19 & Services à la personne : la lenteur et le mépris...


CNT-SO /23 novembre 2020   

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La gestion de la crise sanitaire est calamiteuse et particulièrement méprisante pour les travailleurs.euses des "services à la personne" : manque d’informations et de protections pour la 1ère vague, prime COVID-19 qui n’est toujours pas versée pour tous.tes ou de manière inégalitaire, alors que la 2ème vague est là... Cela montre la nécessité de se regrouper et de revendiquer collectivement pour la revalorisation de nos métiers et statuts . Pour défendre nos droits, notre arme c’est le syndicat !

Il est un fait indéniable : dès lors que le pouvoirs publics et les employeurs de notre secteur prennent des mesures pour notre compte, tous partagent les mêmes qualités : la lenteur et le mépris

La lenteur : comme de nombreux travailleurs, nous avons vécu le premier confinement avec difficultés (sans équipements de protection individuels -EPI-...) et devant assumer stress, angoisse du fait de notre exposition aux risques professionnels et sanitaires. Puis nous avons assuré nos activités tout l’été en devant le plus souvent décaler ou fractionner nos congés, faute de personnels pour nous remplacer, nous privant du nécessaire repos auquel nous avions légitimement droit. Enfin, suite à l’incurie gouvernementale, le second confinement vient impacter le pays en entier et nous replace, en première ligne (en nous invisibilisant à nouveau) avec dans certains cas toujours des difficultés d’accès aux EPI (notamment les blouses ou surblouses), des horaires à rallonge et l’angoisse d’être contaminé, sans bien entendu la moindre contrepartie. Malgré les promesses du mois de mai, nous sommes des centaines de milliers à attendre le versement de notre prime. Faut-il 6 mois pour verser une misérable prime de 200 € ? On se fout de nous.

Le mépris : nous l’avons déjà signalé, nombre de professionnels du domicile n’auront pas de primes, et en premier lieu les salariés du particulier-employeur. Cela étant, même pour les salariés des associations ou des entreprises pouvant aspirer à l’octroi d’une prime, le résultat s’avère désastreux et inégalitaire. Des enquêtes étant effectuées pour comprendre les processus à l’œuvre dans chaque département, il apparait que 90 % des départements précisent vouloir verser une prime, sans pour autant que nous connaissions le calendrier de versement. Mais cette apparente générosité cache des disparités insultantes. En effet seul 55 % d’entre eux verseront une prime de 1000 € et 12 % un montant de 1500 € (à la condition d’avoir travaillé à temps plein ce qui demeure rare dans notre secteur d’activité). Pour les autres ce sera moins et donc pas grand chose.

Ces choix différents d’un département à l’autre font qu’une même auxiliaire de vie, ayant effectué le même temps de travail auprès des mêmes publics, en fonction des critères excluant retenus par département pourrait toucher entre 1000 € et 0 €. Si on voulait mettre en place une mesure synonyme d’injustice, on ne s’y prendra pas mieux. Avec ce système inique ce qui apparait le plus fou c’est que les 80 millions promis par le gouvernement ne seront pas versés en totalité aux salariés, de quoi se faire des économies sur notre dos.

Une même profession, une même prime : Qu’elles soient financés par l’État, les départements ou les particuliers-employeurs, nous exigeons notre prime de 1500 € liées au premier confinement immédiatement quel que soit le mode d’exercice dans lequel. Nous exigeons également l’octroi d’une seconde prime de même montant pour le second confinement au regard des efforts incroyables que nous fournissons.

Se défendre et changer totalement de modèle : Plus globalement, nous voulons une véritable revalorisation salariale et professionnelle, que nous travaillons auprès de particuliers-employeurs ou auprès d’une structure de service à la personne (associations, entreprises, CCAS...). Ces revalorisations salariales doivent se conjuguer avec une politique de prévention des risques globales (troubles musculo-squelettiques, risques psycho-sociaux, risques routiers, santé environnementale...) et la mise en place d’un statut protecteur.

Travailleurs.euses des services à la personne, ne reste pas isolé.e, rejoints ton syndicat !

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