Pour des FETES LIBRES : contre les propositions de loi 113 et RIPOST !

En tant que travailleur·euses du spectacle, nous demandons l’abandon total des projets de lois 1133 et « Ripost » criminalisant les rave parties et les fêtes libres et souhaitons alerter sur les dérives sécuritaires envers les pratiques culturelles libres et non marchandes.

Alors que le secteur culturel est attaqué de toutes parts avec des baisses de financements drastiques, des abus managériaux et une infiltration croissante de l’extrême droite et ses idées réactionnaires, le gouvernement et son allié du parti Horizons souhaitent légiférer pour réprimer les fêtes libres avec un arsenal judiciaire proche de l’anti-terrorisme.

Nous tenons à rappeler que les fêtes libres sont issues de nos cultures populaires, que ce soient des carnavals occitans, antillais ou ch’tis dans les rues, des concerts punk rock en hangar industriel, des guinguettes sauvages en bord de rivières, des rave parties dans les champs, du spectacle de rue qui tape la manche, des clubs de jazz dans des caves ou des bloc party sur des dalles, le spectacle, la musique, la danse n’ont fait que se développer, se transmettre et vivre dans des espaces non-maîtrisés par le pouvoir politique.

S’il fallait encore une nouvelle preuve de la montée du fascisme, ces attaques disproportionnées contre des pratiques culturelles en seraient une de plus.

Dans le projet de loi Ripost de Laurent Nuñez, il est proposé 2 ans de prison et 30.000 euros d’amende pour un « délit d’organisation d’évènement musical illégal », la confiscation complète du matériel de sonorisation et des véhicules ainsi qu’un retrait de permis d’une durée de 3 ans.

Les attaques envers les pratiques de RDR (Réduction des risques) accroissent les risques pour les participant·es et l’utilisation de tout l’arsenal technologique via la surveillance algorithmique est un autre cap franchi dans ces propositions de loi.

Nos pratiques culturelles seront toujours à l’étroit dans les lieux institutionnels ou commerciaux, et ce même lorsqu’ils ne revêtent qu’un vernis underground.

Nous sommes nombreux·ses à être artistes, technicien·es, spectateur·ices, bénévoles ou salarié·es, amateur·ices ou professionnel·les, souvent les 7 selon les jours de la semaine. Nous n’oublions pas que la continuité de revenus que certain-es d’entre nous avons acquise via le régime de l’intermittence nous permet aussi de nous dégager du temps pour créer et faire exister une culture qui n’a pas sa place dans les programmes culturels institutionnels ou pour générer de l’argent. 

Nos pratiques ne rentreront jamais dans des cases et toustes ensemble nous nous battrons contre les lois liberticides. Que raconte sur lui-même un pouvoir politique qui a peur des auto organisations populaires festives ?

Toustes ensemble rassemblons nous partout pour exiger le retrait total des propositions de loi 113 et RIPOST.

LE STUCS – CNT SO

Syndicat des Travailleur.euses Unies de la Culture et du Spectacle – CNT-SO

Le STAA – CNT SO

Syndicat des Travailleur.euses Artistes Auteur.es – CNT-SO