En 2026, on s’organise avec la CNT-SO !

La CNT-SO vous souhaite une bonne année 2026, riches en combats pour nos droits, nos libertés et la construction d’un monde meilleur débarrassé de l’exploitation et des dominations ! Pour faire trembler l’État et les patrons, une seule résolution : l’organisation ! Regroupons nous syndicalement !

Se syndiquer, c’est rompre l’isolement, c’est dire NON à l’exploitation et au mépris, c’est résister et lutter ensemble pour défendre ses droits et en gagner de nouveaux ! Rejoins ton organisation de classe !

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Présentation générale de la CNT-SO 👇

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Orientations du 6ème congrès confédéral : action des salarié-es de la CNT-SO

Dans le cadre de son congrès confédéral de novembre 2025, la CNT-SO a débattu et adopté diverses motions d’orientation. 

Depuis sa création en 2012, la CNT-Solidarité Ouvrière autorise la Confédération et ses structures à employer éventuellement des salarié·es.

Ces salarié·es ne sont pas à proprement parler des « permanents syndicaux » dans le sens de l’usage courant du terme dans le mouvement syndical. En effet, ces salarié·es ne peuvent détenir aucun mandat collectif au sein de la CNT-SO et de ses structures, les membres des bureaux ne pouvant être appointés. Il s’agit donc d’emplois techniques et non politiques, sur des tâches :

  • Nécessitant des compétences et connaissances particulières, difficilement compatibles avec le bénévolat. Cela concerne principalement aujourd’hui l’action juridique (suivi et défense individuelle des adhérent·es, aide juridique aux équipes syndicales, actions en justice notamment Prud’hommale…) mais cela pourrait concerner d’autres tâches techniques (informatique et numérique…).
  • Nécessitant du temps et une régularité parfois incompatible avec la vie professionnelle et personnelle des militant·es : ouverture des locaux et permanences quotidiennes aux « horaires de bureau », secrétariat des bureaux juridiques, développement syndical sur les lieux de travail dans les horaires de service.

Les emplois de la CNT-SO ne relèvent pas non plus de la décharge syndicale, financée par les employeurs, qui éloigne les syndicalistes du terrain et favorise la bureaucratisation des organisations syndicales. Contrairement aux autres organisations syndicales, largement dépendantes du financement public pour leur fonctionnement, la CNT-SO maintient son indépendance en finançant en fond propre (cotisations, dons, condamnations juridiques…) ses emplois.

Dans l’esprit autogestionnaire qui anime la CNT-SO, ces emplois sont placés au service et sous le contrôle des adhérent·es via les Assemblées Générales des structures et les bureaux qu’elles mandatent. Il est nécessaire d’articuler ces emplois avec les activités militantes, notamment dans le cadre des structures interprofessionnelles locales (UL, UD…), et notre projet de développement syndical et de transformation sociale révolutionnaire.

Les salarié·es des structures sont souvent la première interface avec des travailleur-euses venant se syndiquer et des personnes que les syndiqué·es vont côtoyer fréquemment de par leur présence quotidienne dans les locaux. Les salarié·es de la CNT-SO ont donc un rôle d’accueil important et de transmission des informations de base sur les valeurs, pratiques et objectifs du syndicat. Dans ce cadre, il est possible de s’appuyer sur le matériel mis en service par le secrétariat com’ (tract de présentation, fascicules sur le fonctionnement du syndicat et les responsabilités des syndiqué·es…). 

Action juridique

La CNT-SO emploie actuellement principalement des juristes, avec le statut officiel de défenseur syndical, ce qui n’est pas anodin alors que la plupart des syndicats travaillent plutôt avec des avocat·es. Pour nous, la question juridique doit demeurer une question syndicale et ne pas être déléguée en dehors des cas où les prérogatives d’avocat·es sont indispensables. Cela permet aux structures syndicales, avec leurs juristes, de garder la maîtrise sur la défense des adhérent·es et de l’articuler avec l’action syndicale. 

        Pour ne pas tomber dans un syndicalisme de service, centré sur une défense individuelle chronophage, il convient d’encadrer les modalités de fonctionnement de la permanence juridique, comme cela a été déjà fait dans certains bureaux. Cette défense juridique est strictement réservée aux adhérent-es de la CNT-SO, l’action prud’hommale est limitée aux adhérent·es strictement à jour de cotisations. 

Dans ce cadre, les juristes de la CNT-SO accueillent les adhérent·es et les conseillent sur le droit du travail et syndical dans le cadre de permanences juridiques, les accompagnent pour tous les litiges pouvant les opposer à leur employeur (prise de contact avec l’entreprise, courriers, saisie de l’inspection du travail…) ou à l’État (régularisation par le travail…), organisent et mènent la défense prud’hommale si nécessaire (préparation de dossiers prudhommaux, plaidoirie au conseil des prud’hommes, coordination avec les professionnels du droit, avocat·es, huissiers…). Au niveau des Unions Régionales, il convient cependant de ne pas faire reposer la défense prud’hommale uniquement sur nos salarié·es juristes mais aussi sur un réseau local militant de défenseur-eusses syndicaux ou conseiller-ères du salarié. 

        Cette action juridique doit garder un objectif syndical, en reliant le problème individuel à la question collective. Ainsi il sera toujours demandé au salarié reçu en permanence juridique si ses collègues subissent les mêmes problématiques, veulent aussi se défendre et rejoindre le syndicat… Les procédures collectives, notamment aux Prud’hommes doivent être privilégiées quand elles sont possibles. 

        Notre pratique juridique est offensive et est un instrument primordial pour faire respecter les droits des travailleur·euses. Cependant l’action juridique ne doit pas être un frein ou une limitation ! Le droit est un outil très utile mais il n’est que la matérialisation d’un rapport de force collectif présent ou passé. Quant-il est insuffisant pour répondre aux problématiques individuelles ou collectives, il est nécessaire de passer à l’action syndicale. Contrairement à un·e avocat·e, le-la juriste de la CNT-SO ne basera pas ses réponses uniquement sur les critères du droit mais pourra apporter conseils et expérience sur ce qui peut être formulé en termes de revendications, dans le cadre de négociations ou d’un mouvement social. 

        Les juristes assurent l’accompagnement des équipes syndicales avec le suivi des dossiers en droit collectif du travail (en lien avec les CSE, les élections professionnelles, les conflits du travail…). Ils sont notamment un appui précieux en cas de litiges avec un employeur sur le droit syndical ou encore en cas de grève, en apportant des conseils ou en assistant les équipes lors des négociations et de la rédaction de protocoles de fin de conflit avec les employeurs.

Nous constatons que les travailleur·euses nous ayant rejoint dans la dernière décennie n’ont pas eu majoritairement d’expérience de l’action syndicale ou de la défense de leurs droits auparavant. Les juristes peuvent jouer un rôle important dans la formation des adhérent·es dans les champs qui relèvent de leurs compétences (droit du travail et syndical…) en lien avec les bureaux et équipes militantes locales. Une collaboration est aussi importante avec les équipes militantes mandatées pour la production de matériel d’information et de mobilisation syndicale à destination des adhérent·es : fiches ou tutoriels d’auto-défense syndicale, capsules vidéo sur le droit du travail…

Développement et animation syndicale

Depuis sa création, la CNT-SO, a eu recours au salariat pour des missions de développement et d’animation syndicale, en particulier lors de la création des nouveaux bureaux en région comme à Lyon ou Marseille. Historiquement ces missions ont souvent été confiées à des camarades ayant déjà en charge l’action juridique, dans des postes hybrides. Ce modèle a fait ses preuves mais il est également possible de découpler ces missions dans des emplois dédiés. Dans ce cas, il est conseillé d’avoir pour un bureau local, un poste juridique associé à un autre poste de développement/animation. 

Encore une fois, nous sommes confrontés à un nombre croissant de primo-syndiqué-es, auparavant éloigné·es de l’action collective et syndicale qu’il est nécessaire d’accompagner. Il ne s’agit pas de faire « à la place de » mais de former par la pratique et de développer une culture autogestionnaire qui ne peut pas être spontanée alors que nous vivons au contraire dans une société autoritaire où de nombreuses fonctions notamment politiques sont déléguées.

Dans ce cadre, en lien avec les bureaux et militant·es, les salarié·es en charge du développement et de l’animation syndicale : 

  • assurent des permanences dans nos locaux et accueillent les adhérent·es ; 
  • soutiennent, quand c’est nécessaire, l’action des équipes syndicales en participant à l’animation des Assemblées Générales de section, en aidant à établir des revendications et du matériel de mobilisation ;
  • participent à l’animation des mouvements de grève et à la coordination du soutien extérieur, pour ne pas laisser les grévistes faire face seul·es aux événements C’est particulièrement utile notamment face à la répression policière ou patronale. La présence de militant·es et salarié·es du syndicat sur les piquets permet aussi d’aider les grévistes à éviter les parasitages du cadre collectif, stratégies et modalités d’action décidés par les équipes en lutte ;
  • mènent des actions de développement syndical, en lien avec les campagnes de syndicalisation actées au niveau local ou Confédéral. Ces actions consistent à aller à la rencontre directe des salarié·es avec des tournées sur les lieux de travail. Plutôt que de se servir de matériel généraliste, il est conseillé dans ce cas d’utiliser du matériel spécifique pour les métiers ou lieux de travail ciblés ce qui permet en général une accroche plus facile. Localement ou par secteur d’industrie, il convient de fournir du matériel adapté (cartes de visites, tracts revendicatifs sectoriels, tuto et info sur les droits…). Pour plus d’efficacité, les tournées de développement sont organisées de manière régulière, systématiques et ciblées sur un territoire (par exemple, viser les femmes de chambre de tous les hôtels d’une localité).;
  • participent à la formation des adhérent·es (animation de la vie syndicale sur le lieu de travail, les actions collectives contre l’employeur, travail sur la prise de parole…).

La présente motion ne prétend pas être un guide exhaustif de l’action des salarié·es employé·es par les structures de la CNT-SO mais peut servir de base de fonctionnement, adaptable suivant les réalités locales et professionnelles et les besoins des syndiqué·es. 

Une réflexion stratégique pourra être menée par ailleurs sur l’architecture des emplois et leur déploiement dans le cadre du développement de la Confédération et de ses structures.

Orientations du 6ème congrès confédéral : pour un syndicalisme féministe

Dans le cadre de son congrès confédéral de novembre 2025, la CNT-SO a débattu et adopté diverses motions d’orientation. 

Dans un contexte national et international les courants réactionnaires et l’obscurantisme religieux se renforcent, il apparaît fondamental que la CNT-SO se positionne autour des questions féministes, transféministes et d’égalité femmes-hommes.

Orientations du 6ème congrès confédéral : recomposition syndicale

Dans le cadre de son congrès confédéral de novembre 2025, la CNT-SO a débattu et adopté diverses motions d’orientation. 

Recomposition syndicale et syndicalisme de lutte de classe

La CNT-SO a toujours été attachée à l’ouverture et à l’unité d’action loin des conflits de chapelle. Ces dernières années, la Confédération et ses structures, ont pu s’engager dans des luttes et initiatives unitaires. 

Ces diverses initiatives sont à amplifier ! Elles peuvent servir de base à une restructuration plus poussée du mouvement social et syndical. En effet entre un pôle réformiste et un pôle « de lutte » vieillissant, largement bureaucratisé et intégré, il existe la place pour l’émergence d’un pôle syndical radical, anticapitaliste, autogestionnaire  et connecté aux nouvelles formes de militantisme et aux évolutions sociales et économiques en cours ! Sans prétendre l’incarner à elle-seule ou encore moins de la diriger, notre Confédération se doit d’être actrice de cette dynamique.

IV° congrès de la CNT-SO : s’organiser pour lutter et révolutionner la société !

Les structures syndicales affiliées à la Confédération Nationale des Travailleur•euses Solidarité-Ouvrière ont tenu leur IV° congrès confédéral, du 11 au 13 novembre 2022 à Paris. Ces trois jours intenses de discussions, rencontres et réflexions entre délégué•es auront permis d’avancer dans la construction d’une alternative syndicale, autogestionnaire et révolutionnaire.

Plus particulièrement implantée dans les secteurs les plus précarisés (nettoyage, sous-traitance, sans-papiers…) la CNT-SO poursuit son développement constant malgré un contexte social dégradé pour la classe ouvrière et ses organisations. Le congrès a été l’occasion d’intégrer de nouveaux secteurs professionnels (activités postales, hôtellerie, Culture & Spectacle, livreurs ubérisés…) et de constater l’élargissement de notre assise territoriale (Aquitaine, Auvergne, Occitanie…).

Le congrès aura été l’occasion de discussions pratiques pour coordonner et structurer notre outil syndical au service des travailleur•euses et des luttes : articulation de l’action juridique avec l’action syndicale de terrain, stratégies de développement syndical, réflexion sur l’implication militante des travailleur•euses dans les espaces syndicaux, structuration inter-professionnelle pour dépasser les corporatismes, formation syndicale…

Au-delà de ces enjeux internes, le congrès s’est questionné sur les réponses immédiates à apporter dans diverses problématiques actuelles du monde du Travail : quelles revendications et stratégies de luttes dans les prochaines semaines pour les batailles sur le salaire, les retraites, la répartition égalitaire des richesses ; comment répondre aux évolutions régressives en cours : ubérisation et auto-entrepreneuriat qui gangrène chaque jour de nouveaux secteurs, automatisation qui pousse au remplacement de nombreuses taches et savoirs faire par des technologies mises au seul bénéfice des capitalistes ; comment remédier à l’absence de recours à divers droits sociaux par les travailleur•euses par méconnaissance ou difficultés d’accès.

Le congrès s’est enfin positionné sur les enjeux sociaux majeurs pour notre classe : stratégies face à la dérive réactionnaire en cours et le danger autoritaire avec une montée des forces politiques d’extrême droite et une radicalisation des bourgeoisies libérales au pouvoir qui menacent nos droits et libertés ; articulation indispensable du combat syndical avec le combat écologiste alors que le productivisme effréné et le mode de vie mortifère pour la planète imposé par le capitalisme nous met tous-tes en danger ; développement du travail internationaliste et des solidarités de classe à travers le monde alors que les militarismes et impérialismes imposent leur agenda guerrier.

Notre syndicalisme est celui de la double besogne : le travail revendicatif au quotidien et la perspective d’émancipation pour notre classe avec un projet de transformation sociale révolutionnaire. Travailleurs et travailleuses, rejoignez l’alternative syndicale !

Message de solidarité internationaliste avec les 6 camarades de la CNT Xijon menacé-es d’emprisonnement par l’État Espagnol pour activité syndicale.

Motion  « Pour combattre l’extrême-droite : la lutte des classes ! »

Motion « syndicalisme et écologie sociale »

La CNT-Solidarité Ouvrière c’est quoi ?

Le syndicalisme a été le moteur de la plupart de nos conquêtes sociales pourtant il semble aujourd’hui très éloigné du quotidien d’un grand nombre de travailleur-euses ! Nous partageons les critiques à l’encontre des syndicats institutionnels (bureaucratisation et éloignement du terrain, impuissance face à la dégradation de nos droits et conditions de travail, compromissions…) mais pour  nous le syndicalisme reste l’arme la plus efficace dans le combat collectif pour les travailleur-euses !

Il est temps de développer, à la base, un modèle alternatif et combatif qui revient aux fondamentaux du syndicalisme. C’est le sens de l’engagement quotidien des militant-e-s de la CNT Solidarité Ouvrière. Choisir la CNT Solidarité Ouvrière c’est développer une alternative syndicale ! Présentation 👇

Refus du corporatisme

La CNT-Solidarité Ouvrière refuse les divisions corporatistes et développe un syndicalisme d’industrie. Les travailleurs et les travailleuses d’une même « industrie », quels que soient leurs métiers, leurs statuts ou employeurs, adhèrent au même syndicat à un échelon géographique donné.

Indépendance et autogestion

La CNT Solidarité Ouvrière fonctionne exclusivement grâce aux cotisations de ses adhérent-e-s, sans subventions de l’État ou du patronat. Elle est indépendante de tout groupement politique ou religieux. C’est la base du syndicat (ses adhérent-e-s), qui décide en échangeant dans les Assemblées Générales.

Refus du clientélisme et de la corruption patronale

À la CNT Solidarité Ouvrière, c’est toujours l’intérêt collectif des travailleurs-euses qui prime et le syndicalisme se pratique avec droiture. Nous refusons les petits arrangements « entre amis » et la complicité douteuse avec les employeurs.

Un outil au service des travailleurs et travailleuses

Le syndicat apporte des conseils juridiques et d’autres aides concernant les conditions de travail. C’est aussi un espace important de formation pour s’émanciper.

Un outil de coordination au service des luttes

Nous défendons un syndicalisme de lutte de classes. Tout est question de rapports de force, c’est par les luttes syndicales, sous toutes leurs formes, que nous faisons avancer nos intérêts contre ceux des patrons.

Un syndicalisme révolutionnaire

Défendre nos conditions de travail, gagner de nouveaux droits, c’est le rôle du syndicalisme. Mais nous revendiquons aussi un autre projet de société, à l’opposé des inégalités actuelles et loin de tout rapport de domination. Nous militons pour un projet de transformation sociale révolutionnaire basé sur la gestion directe par les travailleur-euses, sans intermédiaires parasites, de l’économie et de la société.

Retrouvez le matériel de syndicalisation  👉 https://cnt-so.org/en-2022-on-sorganise/

3ème congrès confédéral (novembre 2019) : motion d’orientation

La CNT – Solidarité Ouvrière vient de tenir son troisième congrès confédéral, après ceux de 2013 et 2016, nouvelle étape dans la construction de notre jeune confédération.

Motion d’orientation confédérale

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Troisième congrès de la CNT-Solidarité Ouvrière, l’alternative syndicale se construit !

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Le bilan des 3 années du mandat écoulé aura été marqué par l’activité intense de nos syndicats qui poursuivent leur structuration. Les équipes syndicales de la CNT-SO ont animé de nombreux conflits, parfois longs de plusieurs mois comme dans la sous-traitance hôtelière, dans les secteurs les plus précaires. En étendant son réseau de défense juridique avec une pratique offensive du droit, la CNT-SO élargit ses moyens de combattre efficacement le patronat.
La diversité des délégations présentes tant géographique (Lyon, Marseille, Montpellier, Montluçon, Paris, Poitiers …etc) que professionnelle (nettoyage, hôtellerie-restauration, commerce, transports, BTP, santé-social, éducation, etc) traduit cette dynamique que nous entendons poursuivre.
Les objectifs de développement de notre outil syndical dans les secteurs les plus précarisés sont maintenus avec l’ambition de toucher de nouveaux secteurs professionnels et géographiques.
Pour appuyer cet objectif, le congrès a acté le lancement d’une souscription publique en vue de la création d’un fonds de solidarité permettant de renforcer le réseau d’aide juridique et d’animer une caisse de grève nationale, en anticipation des luttes futures.

L’actualité générale du monde du travail comme des luttes sociales auront été aussi au centre des débats et réflexions du congrès.
Les mouvements contre la loi Travail et plus récemment celui des Gilets Jaunes ont fait entrer le mouvement social dans une nouvelle dynamique privilégiant l’action directe et le refus de l’encadrement hiérarchique. Ils questionnent forcement les syndicalistes révolutionnaires que nous sommes, tout comme les évolutions économiques récentes touchant le salariat avec notamment les bouleversements liés à « l’UBERisation ».
Le congrès n’a pas manqué d’aborder le combat à venir contre le projet de réforme des retraites qui va impacter l’ensemble des salarié-e-s, public comme privé. Au centre des questions de protection sociale solidaire, de répartition du travail et des richesses, la bataille des retraites est stratégique pour notre classe. Les syndicats de la CNT-SO y prendrons leur place.

Les questions internationales n’ont pas été oubliées alors que les injustices et le rejet massif des élites ou institutions supposées nous représenter, enflamment le monde. Le système d’exploitation mis en place par le capitaliste est trans-national comme nos combats syndicaux. Cela passe concrètement par des partenariats et campagnes internationales comme celle lancée contre la sous-traitance.

La motion d’orientation générale adoptée, synthèse de ces discussions fixe le cadre d’action des syndicats de la CNT-Solidarité Ouvrière. Moment clef de la démocratie interne, le bureau confédéral a été renouvelé, renforçant sa diversité géographique et professionnelle.
Ce congrès témoigne de la vitalité et de la pertinence de la construction d’un outil syndical alternatif, offensif et révolutionnaire. Sur nos lieux de travail, continuons à nous organiser pour défendre nos droits et en conquérir de nouveaux !

Motion d’orientation adoptée par le congrès confédéral du 1er novembre 2013

Motion orientation.

1 Situation économique, sociale et syndicale en France et dans le monde.

A – La situation en France ne peut être isolée du contexte mondial qui voit l’économie capitaliste aux prises avec une nouvelle crise.
Si du fait de sa puissance économique, la France semble pour l’instant échapper au sort de la Grèce ou de l’Espagne qui connaissent un chômage record et une baisse importante de leur niveau de vie, il est probable que l’Italie, la France, l’Allemagne et le Royaume Uni ne pourront échapper longtemps aux conséquences de cette crise.
La financiarisation de l’économie apparaît comme une fuite en avant, comme une série de traites tirées sur l’avenir, tandis que tous les jours se multiplient les attaques contre les acquis sociaux et la part du salaire dans la richesse produite. Déclinée différemment suivant les pays, cette situation se retrouve pourtant partout dans le monde.

B- Face à cette restructuration du capitalisme et aux attaques menées contre les prolétaires, La fausse contestation se déploie également partout, mais là aussi se décline différemment selon les pays. En Europe, on assiste une propagande effrénée en faveur de l’intervention de l’État, censé être le garant de l’intérêt général face aux intérêts privés. Le rappel incessant des soi-disant «  trente glorieuses  » et des bienfaits de l’État providence démontre un manque cruel de réflexion et d’invention en matière économique. Pendant ce temps, une partie croissante de la population, certes de manière encore marginale, développe des projets autogestionnaires, coopératifs, démocratiques et écologiques en matière de production, de consommation, d’échange et de vie sociale.

Dans les pays dits «  émergents  » ou les pays les plus pauvres de la planète, là où les confrontations sociales sont souvent plus dures, la répression plus féroce, de nombreuses initiatives et expériences tentent de trouver là aussi des chemins alternatifs au capitalisme. Pour pallier aux manques du système économique en place, les travailleurs expérimentent directement aussi sur des bases autogestionnaires, coopératives et de démocratie directe au travers de récupération d’usine, de cantine ou bibliothèques populaires, de communes libres…

C- Du côté de la CNT Solidarité Ouvrière, les buts que nous nous sommes assignés demeurent inchangés  : défense au quotidien des travailleurs et des chômeurs, luttes pour le salaire et les conditions de travail, préparant une transformation sociale globale. Cette transformation sociale ne s’accomplira que par la suppression du salariat, par la collectivisation des moyens de production, de répartition, d’échange et de consommation, et le remplacement de l’État par un organisme géré à la base par l’ensemble de la société.

En revanche, s’il est indispensable de poursuivre notre reconstruction, de rebâtir des syndicats dignes de ce nom, il est tout aussi indispensable de réfléchir à notre mode d’intervention et d’expérimenter peut-être d’autres modes d’action si nous ne voulons pas continuer jouer les utilités syndicales et politiques.

L’important est de construire des réseaux de luttes à la base (sur l’emploi, l’environnement, la culture, etc.) anticapitalistes, contrôlant les délégués. Il est vital de recréer des liens, des collectifs au-delà des étiquettes idéologiques, des préjugés sectaires, et sur des pratiques libertaires réelles, d’écoute, de dialogue, de respect et de décisions prises en commun.

2- L’accord du 11 janvier 2013
L’accord signé le 11 janvier 2013 par le Medef et certaines organisations syndicales s’inscrit dans le mouvement idéologique d’une primauté de l’économique sur l’humain.
Il vise avant tout, à rendre l’économie française concurrente avec celle des pays émergents.
La seule variable d’ajustement possible reste le niveau des droits des salariés.
L’Accord vise donc avant tout à faciliter ou permettre aux entreprises d’adapter leurs effectifs au moindre coût et réduire les droits des salariés.
Contrats à duré déterminée, temps partiel, contrats de mission ou d’usage sont privilégiés.
Dans le même temps, les droits individuels des salariés sont réduits  : réduction du délai de prescription pour saisir les conseils de prud’hommes afin d’obtenir réparation d’un préjudice (rappel de salaires, contestation d’un licenciement).
Plus grave encore, cet accord remet en cause la possibilité, tant pour les salariés que pour une organisation syndicale de contester un plan social et d’en obtenir l’annulation devant le TGI.
La loi de transcription de cet accord dans le Code du travail n’a pas modifié l’équilibre général de ce texte.
Que le Medef ait pu trouver des syndicats, dont la CFDT, pour signer un tel accord traduit surtout une nouvelle victoire idéologique du patronat qui réussit à imposer ses logiques à certains représentants des salariés.
C’est dans ce contexte que la place et les orientations de la CNT – Solidarité ouvrière se définissent.

3- La CNT Solidarité ouvrière et ses moyens d’action
La tradition du syndicalisme révolutionnaire a depuis longtemps placé l’outil de la grève générale au centre de ses moyens d’action, à la fois comme processus moteur d’un rassemblement des prolétaires mais également comme dispositif de perturbation pour contrer les intérêts des patrons.
Si ce moyen d’action doit toujours être considéré comme un moyen privilégié, les multiples modifications juridiques du droit du travail en faveur des patrons et la transformation radicale de la société dans les pays dits développés (d’une société ouvrière à une société tertiaire, d’une société manufacturière à une société de services) nous obligent à repenser en profondeur les méthodes d’action directe dont doit disposer le syndicat. Parce que l’impact et l’efficacité de la grève générale sont aujourd’hui mis à mal, il est nécessaire de réinventer les méthodes, les moyens, les outils de l’action directe afin de renverser de nouveau les rapports de force qui nous opposent au patronat.
Cette réinvention doit se faire autant du point de vue du collectif (un ensemble de salariés d’une même branche, d’une même entreprise, ou d’un même lieu de travail comme un chantier du bâtiment ou un centre commercial, etc.) que du point de vue individuel (un salarié isolé, seul face à son patron). Pour cela, il faut notamment diversifier les moyens d’action pour rompre avec les habitudes syndicales, habitudes que les patrons ont depuis longtemps appris à déjouer. Une utilisation offensive et coordonnée du recours au juridique peut constituer une arme pour les salariés et les syndicats.
Face notamment à la multiplication des contrats précaires qui freine toute forme de lutte collective, le syndicat doit apprendre à surpasser ces contraintes par de nouvelles formes d’action telles que le boycottage ou le sabotage, tout en considérant les limites techniques et juridiques de tels procédés. L’excès de zèle, le perfectionnisme, la volonté excessive de bien exécuter son travail sont autant de manières de ralentir ou d’entamer la rentabilité d’un salarié.
Il faut en outre adapter ces moyens d’action au contexte et à la nature du travail. Intervenir dans une usine, dans des bureaux, dans une institution publique sont autant de cas par cas qui appellent des solutions différentes.
Ces moyens d’action doivent non seulement menacer les intérêts patronaux mais également surprendre et déstabiliser les rapports hiérarchiques.

Dans ce cadre les syndicats de la CNT – Solidarité ouvrière se fixent comme objectifs  :

  • de favoriser une actualisation des fondements du syndicalisme révolutionnaire et de l’ anarcho-syndicalisme, en phase avec les réalités concrètes du monde du travail et de nos projet de vie;
  • de « réinventer »l’action directe des travailleurs, c’est-à-dire l’action collective décidée par les travailleurs eux-mêmes ;
  • de réinscrire dans les pratiques du mouvement social, des modes d’action historiques du syndicalisme, tels que boycottage et sabotage.
  • de participer à la construction d’une culture propre au mouvement social dans sa diversité.

Consciente de ne pas détenir à elle seule une « vérité absolue », la CNT Solidarité ouvrière entend favoriser les convergences avec les autres forces du mouvement syndical et social, sans sectarisme et dans le respect de chacun.
Elle réaffirme son attachement à l’unité à la base, sur le fondement de la démocratie directe que constituent les assemblées générales.

4- Pour un syndicalisme global
Il est indispensable pour notre syndicalisme d’élargir les approches révolutionnaires aux grands thèmes qui traversent la vie en société.
L’anarcho-syndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire se doivent de développer leurs réflexions sur les grandes préoccupations sociétales actuelles : l’écologie, l’urbanisme, l’éducation, le consumérisme, la santé, le chômage, le racisme, le sexisme ou encore la lutte contre toute forme de dictature.