Attentats de Paris : communiqué de la CNT – Solidarité Ouvrière

La CNT-Solidarité Ouvrière tient, en ces jours tragiques, à faire part aux personnes touchées par les attaques du 13 novembre 2015 de sa sincère solidarité. 


Face à ces actes monstrueux qui cherchent à semer la terreur, chacun-e se sent atteint-e et stupéfait-e.
Dans ce contexte dramatique, nous ne céderons pas aux menaces, d’où qu’elles viennent.

Il faut d’abord condamner l’obscurantisme religieux, le fanatisme qui tue et asservit, qui nie l’égalité entre hommes et femmes, qui reconduit une logique de domination, pilier de toutes les injustices. A ce titre, notre soutien se porte aussi vers nos camarades des mouvements ouvriers et révolutionnaires qui les combattent au quotidien au nom des valeurs d’émancipation, de la Tunisie au Kurdistan.

Nous devons également lutter contre le discours, toujours plus irresponsable, de l’extrême droite ou de ceux qui s’en inspirent. Dans ce contexte et la panique qu’il génère, il faut refuser d’alimenter la peur et les amalgames, la stigmatisation des personnes d’origine étrangère, des musulmans ou encore des réfugiés, alors même qu’ils fuient justement la barbarie afin de trouver l’hospitalité et le respect de leurs droits élémentaires.

Or, toute violence a des racines, un terreau qu’il faut interroger, sans s’en remettre aveuglément aux solutions proposées par nos gouvernants. L’Etat français, depuis de nombreuses années, a sa part de responsabilité dans les déséquilibres meurtriers au Maghreb, au Proche et Moyen-Orient. De plus, les interventions militaires en Afghanistan, en Irak, aujourd’hui en Syrie déstabilisent les sociétés civiles durablement et créent les terreaux propices à la radicalisation extrémiste. Dans ce grand jeu de monopoly guerrier et impérialiste entre Etats, occidentaux ou non, les peuples sont toujours les victimes. Si, en tant que syndicalistes, nous sommes le camp du Travail, nous sommes aussi le camp de la Paix entre les peuples. Nous dénonçons donc tous les actes terroristes, y compris le terrorisme d’État.

L’inquiétude ressentie, dans le contexte actuel, par beaucoup de travailleurs de notre pays ne doit pas supprimer notre vigilance face à des lois sécuritaires qui non seulement menacent les libertés mais sont suceptibles de renforcer un ordre capitaliste inique, muselant davantage l’expression des mouvements sociaux et des luttes. Au moment même où sont partout rappellées les valeurs de liberté et d’égalité, liées à une histoire révolutionnaire et de conflits sociaux, nous ne dissocions pas le combat de classe contre toutes les exploitations, pour l’égalité économique et sociale, l’auto-organisation et la démocratie à la base, du recul de la barbarie.

L’unité des travailleurs est plus que jamais une nécessité. Dans la mesure de nos moyens, notre organisation syndicale entend continuer à mettre en œuvre cette solidarité et à exercer sa vigilance critique, tant sur nos lieux de travail qu’au travers d’une coordination avec les autres composantes du mouvement social et syndical, sur le plan national et international.

CNT-Solidarité Ouvrière

Pour télécharger le communiqué au format pdf : cliquez ici

Pétition contre le décret « Macron », nouvelle atteinte à la liberté syndicale !

Le gouvernement veut remettre en cause le droit pour les salariés de saisir eux-mêmes et de se défendre seuls devant le Conseil de Prud’hommes.
Mais surtout, il souhaite réserver aux seules confédérations représentatives au niveau national (CGT, CFDT, FO, CFTC, UNSA), la possibilité d’assister les salariés devant les Conseils de Prud’hommes.
Dans le Code du travail, les mots « délégués permanents ou non permanents des organisations d’employeurs et de salariés » seraient remplacés par les mots « défenseurs syndicaux », statut réservé à ces seules confédérations.
Il s’agit là d’une discrimination syndicale et d’une atteinte grave à la liberté syndicale, garantie par la Constitution.

Nous refusons cette atteinte à la liberté de choisir qui peut représenter les salariés devant le Conseil de Prud’hommes.

CNT-Solidarité Ouvrière

Pour signer la pétition, rendez vous sur le site confédéral (lien).
Vous pouvez également signer et faire signer la version papier et la renvoyer à notre adresse : 12 rue de l’évêché 13002 Marseille.

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Communiqué de la CNT-Solidarité Ouvrière contre le décret Macron.

Attaque contre Charlie Hebdo : Pour les libertés, sans union sacrée !

Communiqué

La CNT- Solidarité Ouvrière condamne sans réserve les assassinats perpétrés dans les locaux de Charlie Hebdo et exprime sa solidarité envers les victimes et leurs proches.

On ne saurait assez défendre la liberté d’expression des travailleurs de la presse, qu’il importerait d’ailleurs plutôt d’étendre, face aux limitations qu’impose la structuration, en particulier économique, des médias. C’est donc à plus forte raison qu’il faut vivement la soutenir contre toutes les espèces de fondamentalisme religieux, qui la détruisent toujours lorsqu’elles parviennent à accéder au pouvoir.

La CNT- Solidarité Ouvrière inscrit son activité syndicale dans un combat plus général pour la liberté d’expression dans tous les secteurs, notamment au sein des entreprises, pour toutes les libertés et pour la solidarité entre les travailleurs.
Elle condamne donc par avance toutes les récupérations politiciennes et les discriminations envers les minorités ou les migrants qui pourraient s’exercer et se renforcer au nom de ce crime. Par ailleurs, l’union républicaine étant une réaction émotionnelle qui conduit à faire croire que les intérêts de tous les citoyens sont communs, elle est particulièrement propice à cacher les mauvais coups des gouvernements, la division entre exploiteurs et exploités, entre dominants et dominés.
Or, c’est aussi en retrouvant le chemin des luttes sociales et des mobilisations collectives que nous construirons une société plus libre et égalitaire, évidemment beaucoup plus souhaitable que l’impasse où nos gouvernements successifs, le capitalisme et les forces réactionnaires tendent à nous entraîner.

Communiqué CNT-SO Charlie Hebdo

Confédération : Interview de Cyril LAZARO, section syndicale CNT-Solidarité Ouvrière à Disneyland Paris

Cyril LAZARO est représentant de la section syndicale CNT Solidarité Ouvrière à Disneyland Paris


Bonjour Cyril. L’actualité est toujours riche à Disneyland Paris, alors où en est-on après la divulgation du rapport de l’Institut du Travail sur les organisations syndicales de l’entreprise, rapport qui reléguait les représentants syndicaux de l’entreprise au rang d’ « analphabètes », selon les dires de la responsable CFDT de l’entreprise ?

– Cyril. C’est un bien triste constat, mais c’est un constat réaliste. Le faible niveau des organisations syndicales de l’entreprise a été façonné au fil du temps par la Direction de l’entreprise, et l’on pourrait faire fi de ce bilan si les luttes syndicales nécessaires étaient menées avec le cœur et dans l’intérêt des salariés. Malheureusement, le bilan de l’Institut supérieur du Travail mentionne aussi les querelles intestines, le culte du chef, et si l’on rajoute à cela les malversations du Comité d’Entreprise, il est évident que les salariés n’ont plus grand chose à attendre de leurs représentants et de leurs organisations syndicales.

Tu as milité ces dernières années à la CGT, tout d’abord pourquoi, et quel enseignement en tires-tu ?

– Après avoir analysé le fonctionnement de l’entreprise, il me semblait évident que le changement ne pouvait se faire qu’en changeant la représentation CGT de Disney, empêtrée dans le scandale des malversations du Comité d’Entreprise, et dont l’avocat de la CFDT avait déclaré qu’elle était devenue le supplétif de la Direction, ce en quoi il avait parfaitement raison. J’ai donc essayé de changer les choses de l’intérieur, soutenu par de nombreux camarades à l’extérieur que je salue, mais le fonctionnement structurel de la CGT n’a pas permis d’aboutir. Lorsque vous avez une Fédération du Commerce dont dépend le syndicat de Disney qui prend fait et cause en faveur des représentants de Disney (qui sont eux mêmes élus à la Fédération du Commerce), il n’y a pas de possibilité de changement. C’est une façon de verrouiller les choses qui me semble illogique, mais je crois que ce n’est plus le bon sens qui détermine le paysage syndical actuel, et on n’est plus à un non sens près.

Tu as donc décidé de créer la CNT Solidarité Ouvrière à Disneyland Paris…

– Tout à fait. Nous sommes à un an des élections professionnelles dans l’entreprise, et je crois que les salariés sont en droit d’avoir une représentation syndicale plus conforme à leurs intérêts.

Pourquoi penses-tu que la création d’une nouvelle section syndicale puisse changer les choses ?

– Je ne le pense pas, je l’espère, ce qui est très différent. La création de la CNT Solidarité ouvrière va offrir aux salariés de Disneyland Paris la possibilité de se positionner différemment, et de ne pas être dans l’obligation de reconduire une fois de plus les mêmes pour les représenter. La CNT Solidarité Ouvrière a l’avantage de ne porter aucune casserole, de pouvoir se construire sur des bases saines, et de jouer un vrai rôle dans les mois à venir sur le plan des revendications.


Comment la Direction de Disney va-t-elle percevoir la venue de ce nouveau syndicat dans le paysage déjà chargé en termes d’organisations syndicales ?

– La Direction le prendra comme elle veut. Je ne m’attends pas à ce que nous soyons accueillis à bras ouverts. La Direction a pris son rythme de croisière avec des organisations syndicales qui ne sont pas au niveau, la création de la CNT Solidarité Ouvrière ne peut donc que la déranger, mais au-delà du bon vouloir de l’employeur, il y a tout de même l’intérêt des salariés qui reste la priorité, même si nombre d’organisations syndicales de l’entreprise l’ont oublié. La CNT sera là pour le rappeler, et que l’employeur le veuille ou non, il ne pourra pas s’opposer à la création de ce nouveau syndicat dans l’entreprise, surtout dans le climat actuel. Vouloir faire barrage à la création de la CNT Solidarité Ouvrière reviendrait à confirmer que l’employeur entend choisir ses « partenaires sociaux », et vu le bilan de cette collaboration, il vaudrait sans doute mieux ne pas l’étaler une fois de plus devant les tribunaux et la presse.

Que pensent les camarades qui t’accompagnent dans cette aventure ?

– Certains ont déjà eu une expérience syndicale au sein de l’entreprise, d’autres découvrent cet univers, mais ils en ont tous marre de se faire spolier par des accords qui font que depuis une dizaine d’année la régression est constante pour les salariés en termes de flexibilité, de polyvalence, de reconnaissance salariale… Tous les accords vont uniquement dans le sens de l’employeur et nous faisons tous le même constat, sur le terrain les salariés n’en peuvent plus et aspirent à retrouver un équilibre qui leur permette au minimum de pouvoir organiser leur vie familiale sainement. Les changements d’horaires, de shifts, de locations, de jobs, Disney ne respecte plus rien. L’optimisation du temps de travail prônée par l’employeur se transforme peu à peu en esclavage pour les salariés, et ceux qui osent dire non se retrouvent mis au rang des salariés indésirables et sont poussés vers la porte. Cela ne peut plus durer ainsi, et puisque les organisations syndicales peuplées de permanents déconnectés de la réalité du terrain ne disent rien, la CNT Solidarité Ouvrière le dira haut et fort. On verra bien si les salariés adhèreront à ce projet de changement qui vise à leur redonner un droit de parole au sein de l’entreprise.

Cela s’annonce donc très compliqué en apparence…

– Oui et non. Les grands changements surviennent toujours de la volonté d’un petit nombre à le provoquer. Si les salariés retrouvent une petite lueur d’espoir, la Direction de l’entreprise devra en tenir compte. Si tel n’est pas le cas, Disney continuera à mener une politique du tout pour les uns, rien pour les autres.

À titre individuel, qu’est-ce que cela va t’apporter ?

– Du travail supplémentaire. Cela fait des années que je milite et ce ne sera qu’un combat de plus. Les camarades de la CNT Solidarité Ouvrière me semblent très motivés pour m’accompagner dans cette nouvelle lutte, et aujourd’hui, il semble normal que les salariés se tournent vers un syndicalisme pus combatif, plus radical aussi, car en face de nous le patronat ne cesse de grignoter nos acquis, et les grosses structures syndicales ne jouent plus le même rôle qu’auparavant, à croire que le fait qu’il y ait un gouvernement de gauche les inhibe. Il appartient donc aux travailleurs de se tourner vers d’autres formes de militantisme et d’essayer d’apporter de nouvelles solutions à cette « crise » qui est très loin d’être finie puisque toutes les mesures qui sont prises sur le plan national vont nous entraîner pendant des dizaines d’années sur la voie du recul social, et que les mesures qui seront prises demain enfonceront le clou davantage…


Je te remercie Cyril pour ton analyse de la situation sans langue de bois, et bonne chance pour l’avenir.