#deliverunion – Campagne syndicale internationale DELIVEROO

La CNT-SO relaye et apporte son soutien à la campagne syndicale Internationale pour la défense des travailleurs & travailleuses de Deliveroo, Foodora & co, initiée par nos camarades britanniques des IWW, suite à des victoires dans plusieurs luttes locales. Seule la lutte et la syndicalisation payent !

Vidéo réalisée par les IWW pour la campagne

Attention, la vidéo est en anglais, activez les sous-titres dans You Tube (settings).

Pour suivre la campagne sur Facebook : cliquez ici

#deliverunion

International : 11 mois de lutte pour 595 femmes de ménages grecques

Grèce 595 femmes de ménage grecques : 11 mois de lutte acharnée contre le gouvernement et la Troïka

Article de Sonia Mitralias, membre des “ Femmes contre la dette et les mesures d’austérité” en Grèce

Après 11 mois d’un long et âpre combat, limogées depuis septembre, mises sous statut de « disponibilité », soit licenciées au bout de huit mois, 595 femmes de ménage de la fonction publique sont devenues l’incarnation, le symbole, l’âme, la vie-même de la résistance la plus farouche contre la politique de rigueur en Grèce ! Ces femmes sont devenues tour à tour « sujet politique » et le leadership de toute la résistance actuelle contre la politique de la Troïka, osant affronter un ennemi aussi puissant que le gouvernement grec, la Banque centrale européenne, la Commission et le FMI…
Et pourtant, après ces 11 mois de combat, après avoir défié et être devenues l’ennemi principal du gouvernement et de la Troïka, après avoir court-circuité la mise en œuvre des mesures de rigueur, après une présence très médiatisée sur la scène politique, ces femmes de ménage en lutte ne sont toujours pas considérées comme sujet politique par les opposants à l’austérité.
Et pourtant, depuis le début des mesures d’austérités infligées par la Troïka, les femmes ont pris la rue en masse et leurs résistances semblent avoir une dynamique propre toute particulière et riche en leçons politiques.
Durant ces quatre ans de politiques d’austérité qui ont transformé la Grèce en un amas de ruines sociales, économiques et surtout humaines, on n’a parlé que très peu de la vie des femmes et bien sûr encore moins de leurs luttes contre les diktats de la
Troïka. C’est donc avec surprise que l’opinion publique a accueilli cette lutte exemplaire faite entièrement par des femmes. Mais est-ce vraiment une surprise ?
Elles ont participé en masse aux 26 grèves générales. Dans le mouvement des indignés, elles occupaient les places, elles campaient, manifestaient. Elles se sont mobilisées en première ligne pour l’occupation et l’autogestion de l’ERT.
Exemplaires, elles étaient l’âme des assemblées des grévistes des administrateurs universitaires dans l’éducation et les universités contre la « disponibilité » c’est-à-dire le licenciement après 8 mois avec 75 % de leur salaire. 25 000 fonctionnaires de l’État, en majorité des femmes, seront concernés par le dégraissage des services publics. Elles constituent aussi l’écrasante majorité (95 %) des volontaires du
Mouvement de Solidarité et des dispensaires autogérés qui essayent de faire face à la crise sanitaire et humanitaire.

La participation massive des femmes aux mouvements de résistance contre la destruction de l’État social par les politiques de l’austérité, n’est donc pas une surprise, elle n’est pas due au hasard : d’abord, et nous le savons, la condition des femmes est dans l’œil du cyclone de l’austérité. La destruction de l’État social et des services publics fait exploser leur vie : en tant qu’employées majoritaires dans la fonction publique et en tant qu’usagères principales des services publics, les femmes sont doublement impactées par les coupes de tous genres. Elles ont donc mille raisons pour ne pas accepter la régression historique de leur condition de femmes, qui équivaudrait à un véritable retour au 19e siècle !
C’est vrai que dans un premier temps elles ne se démarquaient pas en tant que « sujet politique femmes », partageant les mêmes revendications et les mêmes formes de luttes avec les hommes dans les mouvements. Elles y étaient nombreuses, c’est tout.
Mais, déjà dans la lutte pionnière contre l’extraction d’or dans la région de Skouries, à Chalkidiki au nord de la Grèce, s’opposant à la société canadienne multinationale « Eldorado », les femmes se sont très vite distinguées par leurs formes de lutte et leur radicalité. Et si la presse et l’opinion publique ignoraient l’incidence de leur identité de genre sur la façon de lutter, la police ne faisait pas autant ! En effet, la police anti-émeute avait ciblé tout particulièrement les femmes, utilisant une répression féroce et sélective pour terroriser toute la population à travers ELLES, pour anéantir toute désobéissance et tout mouvement de résistance. Criminalisées, emprisonnées, elles ont subi des violences humiliantes, aussi sexuelles et… spécifiques à leur corps et à leur…genre !

Dans un second temps, les femmes ont exprimé des initiatives et formes de luttes propres à elles.

Tout a commencé quand, pour imposer la partie la plus dure de son programme d’austérité et satisfaire les engagements à l’égard de ses créanciers, le gouvernement a ciblé en toute priorité les femmes de ménage du ministère des Finances, de l’administration fiscale et des douanes. Il les a placées dans le mécanisme de disponibilité déjà depuis fin août dernier, ce qui se traduit par ce qu’elles touchent les trois-quarts de leur salaire de 550 euros pendant huit mois avant qu’elles soient licenciées définitivement. Le gouvernement a suivi exactement la même stratégie qu’à Skouries. L’objectif : s’attaquer d’abord aux plus faibles et les moins susceptibles d’être soutenues…c’est-à-dire les femmes de ménage, pour ensuite faire passer le gros des employés à la trappe, c’est-à-dire aboutir au licenciement des 25 000 fonctionnaires publics !… Et cela dans un moment où les mouvements de résistances
étaient saignés à blanc par l’austérité sans fin, étant atomisés, fatigués, exténués, vulnérables…
Il croyait qu’avec « cette catégorie de travailleurs », ces femmes pauvres de « basse classe » touchant des salaires d’à peine 500 euros et, croyait-il, pas très intelligentes (d’où le slogan des femmes de ménage : « Nous ne sommes pas des connasses, nous sommes des femmes de ménages »), il aurait vite fini par les écraser comme des mouches.
Le but étant de privatiser le travail des femmes de ménage pour en faire cadeau aux entreprises privées de nettoyage. Ces sociétés mafieuses connues pour être des champions de la fraude fiscale, réembauchent avec des salaires de 200 euros par mois, soit 2 euros par heure, avec assurance partielle, sans aucun droit du travail, ce qui équivaut à des conditions de semi-esclavage et de galère.
Ces femmes limogées et sacrifiées sur l’autel de l’anthropophagie de la Troïka, ces femmes de 45 à 57 ans, souvent monoparentales, divorcées, veuves, endettées, ayant à leur charge des enfants ou maris chômeurs ou des personnes handicapées, se trouvant devant l’impossibilité de toucher prématurément leur retraite et cela après plus de 20 ans de travail, et dépourvues de toute possibilité de retrouver du boulot, ont alors décidé de ne pas se laisser faire. Elles ont pris leur vie en mains !
Et voilà qu’une poignée de femmes décident de bousculer les routinières formes de lutte des syndicats traditionnels. Quelques-unes prennent l’initiative de s’organiser par et pour elles-mêmes, un noyau des femmes de ménage qui avaient déjà lutté et gagné 10 ans plus tôt pour obtenir des contrats de longue durée. Elles ont travaillé comme des fourmis, tissant patiemment une toile d’araignée à l’échelle du pays…
Et comme ces servantes du ministère des Finances ont été jetées dans la rue et que faire la grève n’a plus de sens dans leur cas, elles ont décidé de faire un mur humain avec leur corps dans la rue, devant l’entrée principale du Ministère des Finances à la Place de « Syntagma », la place devant le Parlement, la place la plus emblématique du pouvoir…
Ce n’est pas un hasard que ce soient des femmes qui ont fait naître des formes de lutte pleines d’imagination. Déconsidérées à cause de leur genre et de leur classe sociale, marginalisées par les syndicats et n’ayant point de liens avec les organisations traditionnelles de la gauche grecque, elles ont dû faire du bruit pour être audibles, pour se faire entendre, elles ont dû se créer une image pour être visibles !
Aux grèves passives, aux journées d’actions éphémères et inefficaces, elles ont substitué l’action directe et collective. Elles misent sur la non-violence, l’humour et le spectaculaire. Avec des couronnes d’épines sur la tête à Pâques, avec la corde passée autour de leur cou devant le siège du parti de la Nouvelle Démocratie, avec de la musique et des danses elles réclament : la réembauche pour toutes et tout de suite ! Tout cela est inédit en Grèce…
Elles occupent et bloquent l’accès au Ministère, et surtout elles pourchassent les membres de la Troïka quand ils veulent entrer au Ministère (!) les obligeant à fuir en courant et à prendre la porte de service, ensemble avec leurs gardes du corps. Elles affrontent et se battent corps à corps avec les unités spéciales de la police. Tous les jours, elles inventent des nouvelles actions, qui sont reprises par les médias, elles alertent toute la population : en somme elles brisent l’isolement. Et voici que, ce qui d’habitude était représenté par une statistique sans vie et sans âme, par le chiffre du record du chômage, de la pauvreté, voici que ces « abstractions » s’humanisent, acquièrent un visage, deviennent des femmes en chair et en os, qui en plus ont une personnalité et une volonté politique propre. Elless’appellent Litsa, Despina, Georgia, Fotini, Dimitra… Et avec leur exemple, leur courage, leur persévérance, leur rage de vaincre, elles redonnent espoir à toutes les victimes de l’austérité…

Mais attention, les forces antiémeutes brutalisent presque quotidiennement ces femmes, pour l’exemple, car leurs patrons craignent la contagion. Et c’est toute la
Grèce qui assiste au triste spectacle de ces femmes souvent âgées qui, jour après jour, sont piétinées, maltraitées et blessées par des Rambos de la police, qui auraient pu être leurs fils ! Et pourquoi ? Parce que c’est la Troïka elle-même qui veut les abattre, parce qu’elles sont l’exemple à imiter par tous les opprimés, parce elles sont à la pointe de la contestation anti-austérité, non seulement en Grèce mais partout en Europe. Parce que leur lutte peut devenir contagieuse…
Plus que jamais, le combat de ces 595 femmes de ménage héroïques est le nôtre. Ne les laissons pas seules. Elles se battent pour nous, battons-nous pour elles. Organisons la solidarité européenne et mondiale !

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International : Le mouvement des nettoyeurs de Londres – rencontre avec des syndicalistes IWW et IWGB

Le mouvement des nettoyeurs de Londres – rencontre avec des syndicalistes IWW et IWGB

La CNT-Solidarité Ouvrière est particulièrement présente dans le secteur du nettoyage et s’efforce de construire des liens internationaux pour y lutter plus efficacement.
Nous avons rencontré à Londres les IWW et les IWGB, qui s’inscrivent dans des orientations syndicales proches de notre confédération et se développent également dans le secteur du nettoyage.


Industrial Workers of the World (IWW)

Pouvez-vous présenter votre organisation syndicale, les Industrial Workers of the World, qui s’est particulièrement développée à Londres ces dernières années, en particulier dans le secteur du nettoyage ?

Floran : J’ai rejoins les IWW en 2010. C’était alors un petit groupe, pas vraiment un syndicat. Mais en 2010 les IWW ont été très actifs syndicalement dans le secteur du nettoyage à Londres et se sont organisés plus sérieusement. Nous nous sommes développés, sommes devenus plus aguerris au niveau administratif et nos finances sont devenues plus saines. Même si cela n’a pas été sans tensions ni conflits au sein des IWW.

Gabriela : Je pense qu’il peut être trompeur de parler de branche nettoyage des IWW (ou IWGB), il vaudrait mieux parler de mouvement des nettoyeurs de Londres. De mon point de vue, c’est seulement à travers un concours de circonstances que les IWW ont été amené à y jouer un rôle. Il faudrait remonter aux années 80, voire 70, quand il y a eu une organisation, pas seulement mais majoritairement, d’immigrés latino-américains, dans différents syndicats ou en lien avec les syndicats. Le mouvement a alors commencé à se développer de différentes manières. On peut citer par exemple LAWAS (Latin American Workers’Association), qui fait un travail à la base, en direction des latinos mais en rapport avec des questions plus générales du monde du travail, même si ses moyens sont souvent précaires. La même chose vaut pour les IWW, d’ailleurs ! LAWAS travaillait avec UNITE (principal syndicat britannique) mais UNITE les a lâché. Ils ont alors voulu être dans un travail d’organisation syndicale, mais sans avoir les capacités ou l’infrastructure pour être un syndicat. A ce moment là, les IWW sont venus en offrant leur structure. La majorité d’entre eux a alors décidé de créer une branche des nettoyeurs au sein des IWW. Il y a alors eu une séparation entre des éléments militants de LAWAS qui n’étaient pas nettoyeurs et le syndicat des IWW. Ce dernier avait une perspective syndicaliste révolutionnaire et a été alors très actif.

Floran : D’autres problèmes se sont ensuite posés au sein des IWW, concernant notre capacité à accueillir cette branche et à en développer d’autres. Sans entrer dans le détail, il y a alors eu des pratiques à mon avis un peu manipulatrices, agressives et peu démocratiques, qui auraient pu être évitées. Il y eu une volonté de transformer la structure interne des IWW en Grande-Bretagne et cela a finalement abouti à une scission (IWGB)… Mais au-delà de cela, il faut retenir qu’il y a un renforcement à Londres des courants d’inspiration syndicaliste révolutionnaire, et la création d’un mouvement dans ce secteur, au-delà des drapeaux IWW ou IWGB. Nous avons toujours, en tant qu’IWW, une activité et des adhérents dans le secteur du nettoyage. Par ailleurs, nos relations avec les IWGB se sont énormément pacifiées et sont solidaires, puisque nous avons publié des communiqués de soutien et apporté un support financier à l’une de leurs luttes. C’est le plus important, pas la couleur du drapeau.

Gabriela : Concernant les IWW dans le secteur du nettoyage, nous avons été actifs depuis dans une importante institution culturelle et touristique, par exemple. Mais c’est un travail difficile. Nous essayons de soutenir et de former les adhérents qui souhaitent s’investir davantage sur leur lieu de travail. En dépit de la scission, nous avons un bon nombre d’adhérents dans ce secteur, c’est pourquoi nous avons, je pense, le devoir de les aider à être plus actifs, à travers davantage de formations, etc.

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Independant Workers of Great-Britain (IWGB)


Peux-tu présenter ton syndicat, les Independant Workers of Great Britain (IWGB), plus particulièrement dans le secteur du nettoyage ?

Alberto : Les IWGB sont une organisation de travailleurs indépendante. C’est un syndicat mené par les travailleurs pour les travailleurs. Nous sommes très différents des autres syndicats. Tu peux y prendre tes propres décisions, tu n’as pas de patron dans le syndicat qui te dit ce que tu dois faire ou ne pas faire. Je pense que c’est un des problèmes dans les plus gros syndicats parce que ces syndicats essaient habituellement de t’empêcher de faire des choses. Nous sommes très petits mais les travailleurs décident. Tu veux te battre, tu ne demandes pas la permission à quiconque.

Le syndicat a commencé avec des nettoyeurs, dans un gros syndicat, avec une campagne « Justice pour les nettoyeurs ». Nous étions en train d’organiser des travailleurs dans des banques, etc., mais le syndicat nous a trahi. Le syndicat a signé un accord avec les banques, les entreprises et l’accord dit : tu ne peux pas protester, du moins, l’entreprise paie le salaire minimum pour vivre décemment mais ils peuvent faire tous les changements qu’ils veulent, donc virer qui ils veulent, réduire le nombre de travailleurs… C’est ce qui est arrivé quand la campagne s’est terminée. Donc, certains des travailleurs ont quitté le syndicat et ont dit : on ne peut pas ne rien faire. On a commencé une nouvelle campagne et avons gagné, par nous-même, sans le syndicat. Cela prouve que les travailleurs sont le syndicat, tu n’as pas besoin de logo pour te mobiliser, tu as besoin d’être ensemble et uni.

Maintenant, nous avons beaucoup plus d’expérience. Nous avions l’habitude d’avoir différents types de protestation. Je me souviens par exemple, lorsque nous avons commencé à protester de la façon dont nous craignions la police… On voyait la police et on disait « qu’est-ce qui va se passer ? Peut-on protester ou pas ? Vont-ils nous arrêter ? », etc. Maintenant, nous savons comment agir, nous sommes plus confiants. Par exemple, on avait l’habitude de faire des manifestations et de crier, crier, donc après, tu ne pouvais plus parler… Maintenant nous faisons des choses plus simples, nous faisons des occupations… Nous sommes plus secrets maintenant, avant, nous avions l’habitude de publier tout sur facebook et ensuite on trouvait la police devant le bâtiment… Maintenant, non. On a changé de tactique.

Les travailleurs sont impliqués. Ils savent pourquoi ils se battent, ils se battent pour la justice, pour une société juste. L’an dernier, nous avons eu beaucoup de victoires : Bank of Canada, Royal Opera House, University of London… Parce que nous sommes plus confiants, davantage ensemble, unis… Quand les travailleurs sentent qu’ils ont le pouvoir, ils sont dangereux pour le système.

Peux-tu décrire le secteur du nettoyage à Londres, la situation des travailleurs, leurs problèmes dans la vie quotidienne ?

Alberto : Les travailleurs sont essentiellement des travailleurs immigrés, d’Amérique Latine, d’Afrique, d’Europe (surtout d’Espagne et du Portugal)… Il n’y a pas beaucoup d’anglais. Tu sais, les cas sont très similaires dans beaucoup d’endroits. Pas de salaires payés, du harcèlement… Cela concerne des droits de base : les gens travaillent comme des esclaves. C’est très commun de voir des gens avec 3 ou 4 mois sans salaires. Quand les gens commencent à s’organiser, tu as des gens virés. C’est aussi très commun d’avoir du harcèlement sexuel par la direction. Tu as également beaucoup de discriminations. La direction parle sans aucun respect. C’est une totale dégradation de l’être humain. Quand les travailleurs réalisent qu’ils peuvent changer ces choses, en travaillant ensemble, c’est très puissant. C’est très important que les travailleurs se parlent entre eux. Parfois ils pensent que ce n’est pas possible, « c’est comme ça, nous sommes dans le système capitaliste, nous ne pouvons pas changer cela ». Mais nous le pouvons.

Propos recueillis par Fabien Delmotte

International : Un syndicaliste de Nestlé assassiné en Colombie

– Communique de presse de MultiWatch –

La semaine passée, des travailleurs de Nestlé en Colombie ont commencé une grève de la faim pour pousser la multinationale à entrer en discussion avec le syndicat Sinaltrainal.

Depuis plusieurs mois, Nestlé refuse de dialoguer avec Sinaltrainal. Au lieu de chercher une solution au conflit, Nestlé aggrave la situation en lançant des diffamations dangereuses contre le syndicat. Le samedi 9 novembre passé, un syndicaliste a été assassiné.
Le samedi 9 novembre, Oscar López Triviño a été assassiné par quatre coups de feu. Il travaillait depuis 25 ans dans la fabrique de Nestlé à Bugalagrande, en Colombie. Le jour avant, le syndicat Sinaltrainal avait reçu des menaces de mort à travers des messages envoyés aux téléphones portables des travailleurs qui disaient :
« Guérilleros fils de putes si vous continuez d’embêter la Nestlé il n’y aura plus de pardon. Nous allons vous à couper en morceaux. Mort aux communistes de Sinaltrainal ». La menace est signée par le groupe paramilitaire « Los Urabeños ».
Quelques jours avant, quatre syndicalistes de Sinaltrainal avaient commencé une grève de la faim devant la fabrique de Nestlé à Bugalagrande. Les travailleurs avaient recours à cette forme de protestation dans le cadre d’un conflit du travail qui existe depuis longtemps. Nestlé a interrompu le dialogue de manière unilatérale il y a plusieurs mois. L’entreprise, en plus, a augmenté la pression envers le syndicat Sinaltrainal avec des actions comme celle de pousser les nouveaux travailleurs à faire partie de Sintraimagra, le syndicat concurrent qui est proche de la direction de l’entreprise. Ces mesures ont pour objectif d’affaiblir Sinaltrainal et violent les droits syndicaux.
Au lieu de chercher une solution au conflit, la multinationale alimentaire l’a aggravé encore plus à la fin du mois d’octobre, avec un communiqué signé par le président de Nestlé-Colombie Manuel Andrés Kornprobst, qui accusait injustement Sinaltrainal d’appeler à commettre des actes de violence et de sabotage. Ce genre d’accusation, dans le contexte colombien, sont très dangereuses et transforment les syndicalistes en cibles des paramilitaires. Dans le passé, 14 travailleurs de Nestlé ont été assassinés, alors que d’autres ont été victimes d’attentats ou ont dû quitter la région suite à des menaces. Avec l’assassinat d’Oscar López, le nombre de syndicalistes de Nestlé assassinés se monte maintenant à 15.
Après le début de la grève de la faim, la semaine passée, l’organisation de défense des droits humains MultiWatch a écrit une lettre ouverte à Paul Bulcke, CEO de Nestlé, en exigeant que Nestlé entre en immédiatement dialogue avec Sinaltrainal et fasse le nécessaire pour protéger la vie et l’intégrité des syndicalistes menacés et leur famille. L’organisation suisse exige de Nestlé-Colombie qu’elle cesse de délégitimer et de diffamer Sinaltrainal et qu’elle respecte entièrement la convention signée avec le syndicat. De plus, un groupe de vingt – 20 – parlementaires suisses ont adressé une lettre à M. Bulcke, appuyant les demandes de MultiWatch et demandant une rencontré urgente avec Nestlé.
Dans sa réponse à MultiWatch, Nestlé n’a pas répondu aux demandes urgentes mais s’est limitée à faire des déclarations qui donnent une bonne image de l’entreprise. Nestlé a bloqué les lettres de protestation électroniques qui lui sont envoyées, faisant que celles-ci, depuis quelques jours, n’arrive plus à Nestlé mais sont renvoyées à leur destinataire.
MultiWatch proteste énergiquement contre ce comportement de Nestlé. La multinationale est responsable de garantir que toutes ces fabriques respectent les droits syndicaux. Si le chef d’une filiale fait des déclarations qui peuvent mettre en danger la vie des syndicalistes, la maison mère doit intervenir et assurer la sécurité et l’intégrité physique des syndicalistes et de leur famille. Nous exigeons à nouveau que Nestlé intervienne immédiatement et trouve une solution d’accord mutuel dans ce conflit de travail. La maison mère doit prendre ses distances des diffamations qui mettent en danger la vie de ses travailleurs. Nestlé doit garantir qu’il n’y ait pas d’autres menaces, actes de violence ou assassinat de syndicalistes. Elle doit faire cesser les mesures antisyndicales contre Sinaltrainal et respecter entièrement la convention signée. Il est également nécessaire qu’une enquête indépendante et complète soit réalisée sur les menaces contre les travailleurs et les travailleuses et sur l’assassinat d’Oscar López Triviño.

MultiWatch, 10 novembre 2013

International : À Madrid, grève illimitée dans les services du nettoiement et des espaces verts.

Depuis le 5 novembre 2013, les ouvriers du nettoiement et de l’entretien des espaces verts de Madrid sont en grève.

Le 1er août, la mairie de Madrid a annoncé vouloir économiser 10% sur le budget alloué à ces postes, mais les cinq entreprises concessionnaires du marché, voyant là une façon supplémentaire d’augmenter leurs profits ont décidé d’aller au-delà. C’est ainsi que trois d’entre elles ont décidé de procéder à 1144 licenciements sur les 6000 ouvriers travaillant dans ce secteur et obtenir ainsi une baisse de 43% de la masse salariale. Comme si cela ne suffisait pas, ces entreprises entendent également imposer le passage à 40h de travail hebdomadaires (au lieu de 35h), baisser les salaires de 40% , supprimer un certain nombre d’avantages acquis (par exemple rogner sur les congés payés), travailler les fins de semaine et les jours feriés, etc
Dans ces entreprises, les salaires les plus élevés ne dépassent pas 1000 euros mensuels et la plus grande partie se situe dans une fourchette comprise entre 700 et 900 euros. Les ouvriers font valoir que la plupart d’entre eux sont peu qualifiés et qu’en cas de licenciement, il leur serait extrêmement difficile de retrouver un travail.
Au cours des négociations, infructueuses, avec la mairie de Madrid, celle-ci a reconnu qu’avec mille ouvriers en moins, les tâches actuelles ne pourraient être effectuées.

Heureusement, 75 à 80% des ouvriers sont syndiqués et après de longues discussions, pas toujours faciles, les trois syndicats CGT, UGT et CCOO ont fini par se mettre d’accord sur le principe d’une grève illimitée.
Dans un pays très durement touché par la crise, où se multiplient licenciements massifs, baisses brutales des salaires et coupes sombres dans les budgets des services publics, la grève des ouvriers du nettoiement et des espaces verts de Madrid témoigne d’une belle résistance aux diktats du capital. Longtemps étouffé par le fascisme et la collaboration de classe des syndicats institutionnels, le syndicalisme révolutionnaire de la CGT d’Espagne ouvre la voie à d’autres espoirs.

La CNT Solidarité Ouvrière apporte son soutien à la lutte de ses camarades de Madrid et répondra à toutes les demandes de solidarité qu’ils lui feront parvenir.

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International : Lettre du syndicat turc Sosyal-İs aux syndicats français et à l’opinion publique

Sosyal-İs est un syndicat membre de la Confédération des syndicats des travailleurs révolutionnaires (DISK) et de l’UNI Global Union. Sosyal-Is s’organise dans le commerce, l’éducation, chez les employés des bureaux et des beaux arts.
Tout d’abord, Leroy Merlin a ouvert son premier magasin en 2010 et son deuxième en 2011, en Turquie. En 2012, les travailleurs du magasin Leroy Merlin sont devenus membres du syndicat Sosyal-Is. Par la suite, ces derniers ont obtenu le droit de signer une convention collective.

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Cependant, depuis six mois, un désaccord a éclaté entre les employeurs de Leroy Merlin et notre syndicat. Malgré nos demandes récurrentes, Leroy Merlin s’est borné constamment à refuser de signer le contrat de la convention collective. Nous avons alors pris la décision d’exprimer notre mécontentement par une manifestation. En effet, si jusqu’au 3 Octobre 2013, un accord n’est pas trouvé quant à la Convention collective, la grève débutera immédiatement. Dans cette convention collective, en plus de l’amélioration des conditions de travail et de l’exercice des droits syndicaux, nous avons des revendications sur salariales. En Turquie, les travailleurs de Leroy Merlin gagnent environ 400 euros par mois. Ce salaire dépasse de peu le SMIC de Turquie. Cependant, ce niveau de salaire reste au même niveau que le seuil de famine. De surcroit, une grande majorité des travailleurs de Leroy Merlin n’ont pas obtenu d’augmentation de salaire depuis près de 2 ans. Si l’on prend en compte l’inflation galopante, la perte des salaires réels des travailleurs a atteint les 15%. Notre syndicat a fait des propositions concrètes permettant d’améliorer ces conditions mais également trouver une solution afin de rattraper les pertes de salaires des travailleurs. Cependant, les employeurs ont suggéré seulement 4,5 % d’augmentation.

Après une réunion avec les deux parties, notre syndicat a mis en avant ses propositions et nous avons demandé une augmentation salariale de 15 %. Cependant, les employeurs se sont bornés sur leur décision d’une augmentation de seulement 4,5 %. Or, avec une telle augmentation, les salariés continuent de perdre leur pouvoir d’achat. Par exemple, les six premiers mois de cette année, le niveau de l’inflation en Turquie a atteint les 4%.
Par ailleurs l’employeur a refusé les mesures pour améliorer les conditions de travail proposées par notre syndicat. Bien au contraire, il a fait des propositions ayant pour but de baisser les droits existants des travailleurs. En plus de tout cela, nous proposons que l’employeur ne puisse proposer que des contrats de travail de trois ans, mais l’employeur insiste pour généraliser la durée d’un an. Le contrat prendra effet dès le début de l’année 2013. Dans le cas d’un contrat d’un an, dans 3 mois, les travailleurs de Leroy Merlin vont perdre leur droit syndical. Notre syndicat a mis en œuvre toute sa capacité afin de faire signer la convention collective avant le déclenchement de la grève mais Leroy Merlin est resté sur sa décision. Avant le 3 Octobre 2013, si une négociation n’est pas entamée, les travailleurs de Leroy Merlin, membre du syndicat Social-Is, débuteront la grève. Ces travailleurs manifesteront pour leurs droits syndicaux, pour des conditions humaines du travail ainsi que pour les salaires. Les travailleurs de Leroy Merlin ainsi que le syndicat Social-Is invitent, dans l’idée de la solidarité, les syndicats français et l’opinion publique française à soutenir notre grève. Votre soutien et votre solidarité nous rendront plus fort.
Veuillez accepter mes salutations les plus distinguées.

Metin EBETURK : Directeur Général de Social-Travail

(Contact et informations : Onur BAKIR- onursosyal@gmail.com)