Au festival International de la BD d’Angoulême, comme ailleurs, nous refusons d’être payé·es en visibilité

Communiqué du Syndicat des Travailleur.euse.s Artistes-Auteurs (STAA) de la CNT-SO :

Le Festival International de la BD d’Angoulême, temps fort de la BD en France, est malheureusement une fois de plus l’occasion d’une mauvaise pratique de non-respect des droits des auteur·ices.

« Avec la SNCF et le FIBD, la BD s’affiche en gare » clame fièrement la SNCF sur son site. Les deux organismes s’enorgueillissent de soutenir ainsi la culture et la création. Mais les artistes ne sont pas rétribué·es pour ces expositions, or, le meilleur moyen de soutenir la culture, c’est encore de payer les artistes. Car il nous semble primordial de rappeler que les artistes-auteur·rices sont des travailleur·euses comme les autres et doivent, en ce sens, être rémunéré·es pour le fruit de leur travail.

Malgré les demandes légitimes d’artistes exposé·es, le FIBD, via la société organisatrice « « 9eArt+ », et la SNCF, via sa filiale « gare et connexion », n’ont pas voulu respecter les préconisations, du Ministère de la Culture, arguant de la « visibilité » donnée aux œuvres exposées. Penser que la visibilité occasionne des ventes et donc des revenus pour les auteur·ices, c’est bien mal connaître la réalité du secteur : les ventes constituent en effet un très faible revenu pour ceux·celles-ci (8% du prix de vente en moyenne en BD, 5,2% en moyenne en jeunesse). Ces pourcentages ne suffisent souvent pas à amortir leur faible à-valoir et de nombreux·euses d’auteur·ices ne touchent, de fait, rien sur les ventes une fois leur avance perçue. Les revenus dits « accessoires », qu’il s’agisse d’animation d’ateliers, de rencontres ou de droit de représentation sont en réalité essentiels. En cette période difficile où trop d’artistes ont vu leurs ateliers et autres interventions annulés, ce refus de payer les artistes exposé·es les met particulièrement en danger.

Rappelons également que les artistes-auteur·ices n’ayant pas droit à l’assurance chômage, ils·elles souffrent d’une grande précarité qui les fragilise et la moindre ressource compte.

Il est anormal qu’un festival bénéficiant de subventions publiques ne respecte pas les recommandations ministérielles. Ces dernières prévoient pourtant des montants relativement modestes parfaitement envisageables dans le budget d’une exposition : ici, cent euros par artiste. Nous en appelons au Centre National du Livre, qui a su, par le passé, soutenir les auteur·ices en soumettant l’octroi d’aides aux manifestations littéraires au respect du paiement des auteur·ices invité·es en tant qu’intervenant·es. Ne devrait-il pas s’engager au côté des auteur·ices en appliquant la même politique concernant les droits de représentation ? Toute exposition doit donner lieu à rémunération pour l’artiste.

Par ailleurs, la société « gare et connexion » semble coutumière du fait : elle propose une centaine d’expositions par an et nous sommes légitimement en droit de nous demander si les artistes sont, encore une fois, « payé·es en visibilité » pour ces expositions qui bénéficient à l’image de l’entreprise. Car ce n’est pas par philanthropie que les gares installent des expositions en leur sein. Cela fait partie d’une politique de valorisation de ces lieux, dans le but, notamment, de mieux vendre les espaces commerciaux qui s’y trouvent.

Nous sommes probablement les seul·es des travailleur·euses de ce projet à y participer gratuitement. Certes, le festival a lieu cette année dans des conditions particulières, mais nous exigeons à partir de maintenant la mise en place d’une pratique simple : qu’il s’agisse d’installation, d’illustration, de photographie, toute exposition doit prévoir la rémunération du droit de représentation des artistes. Nous ne sommes pas une variable d’ajustement.

Appel à manifester le 28 novembre prochain contre la Surveillance Globale

Appel à manifester le 28 novembre prochain contre la Surveillance Globale

La loi dite de Sécurité Globale vient d’être votée en première lecture à l’Assemblée Nationale.

Cette loi, au-delà de l’interdiction de diffusion d’images de la police (article 24), renforce considérablement les pouvoirs de surveillance des forces de l’ordre, notamment à travers la légalisation des drones (article 22), la diffusion en direct des images des caméras piétons au centre d’opération (article 21), les nouvelles prérogatives de la police municipale (article 20), la vidéosurveillance dans les hall d’immeubles (article 20bis).

Mais cette loi n’est que la première pierre du vaste chantier de la Technopolice qui se prépare.

Quelques jours avant le vote de la loi Sécurité Globale à l’Assemblée Nationale, le ministère de l’Intérieur présentait son Livre blanc qui révèle la feuille de route du ministère de l’Intérieur pour les années à venir. Comme l’explique Gérald Darmanin devant les députés, la proposition de loi Sécurité Globale n’est que le début de la transposition de ce Livre Blanc dans la législation.

Cette première loi et ce Livre Blanc ont pour objectif d’accroître, à tous les niveaux, les pouvoirs des différentes forces de sécurité : la police nationale, la police municipale, la gendarmerie et même les agents de sécurité privée qui seront dotés de nouvelles compétences et pouvoirs. Ceci à travers une multitude de projets plus délirants et effrayants les uns que les autres : analyse automatisée des réseaux sociaux, gilets connectés, lunettes ou casques augmentés, interconnexion des fichiers biométriques (TAJ, FNAEG, FAED…), lecteurs d’empreinte digitales sans contact utilisés lors de contrôles d’identité, recherche sur la reconnaissance vocale et la reconnaissance d’odeurs, et enfin l’intensification du déploiement de la reconnaissance faciale dans l’espace public. Les drones de police, autorisés par la loi dite de Sécurité Globale, sont présentés comme une révolution, qui modifierait radicalement les pouvoirs de la police en lui donnant une capacité de surveillance totale, capables de pallier aux limites de la présence humaine, capables de détecter chaque infraction, à moindre coût et en toute discrétion.

Il ne s’agit pas d’améliorer le dispositif de vidéosurveillance déjà existant, mais d’un passage à l’échelle qui transforme sa nature, engageant une surveillance massive et encore plus invisible qu’actuellement de l’espace public. La Surveillance Globale est en marche.

Opposons-nous à la Surveillance Globale, à l’Etat Technopolice, à ce futur qui n’est pas le nôtre.
Le 28 novembre prochain manifestons notre opposition à Marseille 14h, Vieux-Port, lors de la #MarcheDesLibertés

Le combat pour la santé et les intérêts des travailleur·euse·s continue !

Le crash actuel est tout sauf une surprise ! Nous savions depuis des mois que sans mesures sanitaires structurelles ni investissements dans les services publics, il ne serait pas possible de tenir une année normale avec le COVID… Malgré les grands mots, Macron n’a pas changé de cap, le deuxième confinement affecte surtout la sphère privée et nous assigne au travail, sans mesures de fond. L’essentiel des activités productives comme le système scolaire restent ouverts sans nouvelles mesures conséquentes pour protéger la santé des travailleur·euse·s ! On nous demande de faire un effort pour « sauver l’économie », alors qu’entreprises et actionnaires sont perfusés d’argent public qu’il faudrait rembourser dans les prochaines années. Tout ceci nous est imposé dans un climat toujours plus autoritaire et infantilisant. Ce n’est pas acceptable !

cnt_so_vive.png

Il faut le combattre mais attention à ne pas tomber dans les pièges qui font le jeu du pouvoir ! Méfions-nous des explications simplistes niant l’épidémie comme des discours individualistes et égoïstes qui voudraient laisser crever les vieux et les « faibles ». Le virus est bien là et ne pas l’éradiquer serait dangereux et irresponsable. Sans tout attendre de l’État, c’est à nous tous·tes d’être solidaires et de prendre notre santé en main en veillant aux plus fragiles.
Il faut maintenant sortir de cette politique confuse menée à court-terme dans l’intérêt des élites économiques. Pour protéger les travailleur·euse·s de la pandémie comme des effets de la crise économique, nous devons imposer « quoi qu’il en coûte » , d’autres choix immédiats et une transformation sociale profonde . Organisons-nous et revendiquons collectivement !

Pour une gestion sanitaire non-autoritaire !
– Suppression des attestations et limitations individuelles de déplacements.
– Renforcement des capacités hospitalières.
– Réduction massive de l’activité économique avec « filet social ».
– Campagne de dépistages préventifs pour casser la diffusion du virus.
– Suppression des jours de carence. Pas de perte de revenu à cause de l’isolement.

Décrétons l’état d’urgence sociale !
– Gel des loyers et crédits immobiliers, des factures énergétiques. Gel des prix des produits de première nécessité.
– Actions pour lutter contre l’habitat indigne et le mal-logement, en priorité pour ceux·celles devant s’isoler à domicile face à la pandémie. Réquisitions pour loger les personnes à la rue et les plus fragiles.
– Distribution gratuite des masques.
– Maintien des droits pour les chômeur·euse·s. Hausse des minimas sociaux.
– Régularisation des sans-papiers et accès à la protection sociale.

Priorité aux services publics !
– Plan d’urgence pour les hôpitaux à hauteur des besoins formulés par les soignant·e·s. Investissement massif dans les soins à domicile pour ceux·celles qui en bénéficient et soutien à ceux·celles vivant seul·le·s.
– Redistribution des richesses pour des services publics de qualité, sans profits et d’égal accès à tous et toutes.
– Maintien d’un maillage territorial fort des services publics et gestion directe par les agents et usager·ère·s.

Protégeons les travailleurs.euses !
– Clarification de la protection des salarié·e·s vulnérables (sur la base des critères du 5 mai).
– Protocole sanitaire strict en milieu scolaire, avec des moyens et créations de postes de titulaires pour accueillir les élèves en effectifs réduits sur d’autres rythmes. Congé pour garde d’enfant, rémunéré à taux plein pour les parents.
– Télétravail obligatoire et encadré pour les employeurs privé et publics. Pour les métiers essentiels, réduction immédiate, sans baisse de salaires, du temps de travail et des obligations de service.
– Indemnisation à 100% du chômage partiel, pour les salarié·e·s des activités non-essentielles ou incompatibles avec la sécurité sanitaire.
– Reconnaissance du statut de salarié et de ses protections, pour les travailleur·euse·s ubérisé·e·s.
– Gel des licenciements, pas d’augmentation du temps de travail, pas de baisse des salaires.
– Réquisition et contrôle ouvrier sur les entreprises en faillite ou subventionnées par l’argent public.
– Annulation complète de la dernière réforme du chômage et de la réforme des retraites.
Comme au printemps, notre mot d’ordre reste « aujourd’hui on se protège, demain on règle les comptes » !

Le capitalisme et son développement prédateur sont largement responsables de la pandémie actuelle et des atteintes en cours à notre environnement. Plus que le virus, c’est l’organisation injuste et inégalitaire de nos sociétés et économies qui provoque les effets dévastateurs que nous subissons. Ne laissons pas les secteurs capitalistes tirer profit de la crise pour encore accentuer leur poids sur nos vies !
Nous devons avancer collectivement vers une transformation sociale majeure en rupture avec le capitalisme. Il est plus que temps de leur imposer notre projet de société émancipateur basé sur l’égalité économique et sociale, la démocratie directe, la gestion collective de la production et de sa répartition.

Vive la classe ouvrière, ne comptons que sur nous même ! C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !

Le communiqué en PDF :
cnt_so_combat_sante_travailleurs_nov_20.pdf

cnt_so_ne_comptons_que.png

Sans-papiers : la marche des solidarités part de Marseille, le 19 septembre

A l’appel de 15 collectifs de Sans-Papiers, de la Marche des Solidarités, des États Généraux des Migrations et de plus de 120 organisations, des Sans-Papiers marcheront à partir du 19 septembre des quatre coins du pays pour atteindre Paris en une grande manifestation le samedi 17 octobre. Ils/elles revendiquent : Régularisation des Sans-Papiers, fermeture des CRA, Logement pour tous.tes !

La CNT-SO est partie prenante de l’initiative unitaire et appelle à soutenir le départ de la marche, le samedi 19 septembre à Marseille.

RDV à 10h place F. Baret (Préfecture).

Événement Facebook

Appel de la CNT-SO

tract march esolidarite 2020

marches_des_solidarites.png

tractmarchesolidarite2020_web-page1.png
tractmarchesolidarite2020_web-page2.png

Contre le racisme et les violences d’État : auto-organisation de classe !

cnt_so_auto_organisation_classe_2020.png

Depuis quelques semaines, les mobilisations contre les violences policières et le racisme prennent une dimension inédite dans le monde. De toutes les batailles pour l’égalité économique et sociale, la liberté et l’émancipation des travailleurs.euses, les syndicalistes ne peuvent que se reconnaître dans ce combat contre les discriminations et la violence d’État.

La CNT-Solidarité Ouvrière se joint aux revendications et soutient sans aucune réserve les familles de victimes de violences policières qui depuis de longues années, essayent d’obtenir justice malgré l’omerta institutionnelle et les oppositions politiques, notamment le Comité Vérité et Justice pour Adama dont le combat acharné a permis les rassemblements historiques des 2 et 13 juin.

Si la CNT-Solidarité Ouvrière dénonce la culture de l’impunité, de la violence et du racisme qui semble prospérer actuellement dans la police française, nous ne nous faisons pas d’illusion sur cette institution. Les pratiques racistes et discriminatoires (contrôles au faciès…) ne relèvent pas de dérives individuelles mais sont systémiques. Elles s’inscrivent dans une histoire douloureuse de chasse aux étrangers-ères, aujourd’hui les sans-papiers, hier républicain.ne.s espagnols, juifs.ves, indépendantistes algérien.ne.s…

La CNT-Solidarité Ouvrière dénonce les violences récurrentes contre les militant-e-s et la répression du mouvement social.
La violence contre toute opposition sociale ne fait qu’augmenter, on l’a encore vu avec le mouvement des Gilets Jaunes. La répression policière s’abat aussi fréquemment sur les syndicalistes et la CNT-SO ne fait pas exception. Dernier exemple, la grande grève du NH Hôtel à Marseille avec harcèlement quotidien du piquet de grève, confiscation arbitraire de matériel syndical, insultes racistes, coups et GAV puis poursuites contre des militant-e-s qui seront jugé.e.s en octobre 2020 pour des motifs bidons…
Là encore, pas question de bavures individuelles, la violence est systémique ! Qu’on lui colle l’adjectif « républicaine » n’y change rien, pour l’État, la fonction primordiale de la police n’est pas de protéger la population mais de la contrôler et de la réprimer si besoin, au service d’un ordre social inégalitaire. C’est pourquoi, la CNT-SO est une des rares confédérations syndicales qui refuse statutairement de syndiquer l’ensemble des « forces répressives de l’État ou du patronat ».

Au-delà de la question de l’institution policière, racisme et discriminations sont à combattre dans l’ensemble de la société notamment dans le monde du travail, champ d’action principal du syndicalisme.

Discriminations à l’embauche et freins dans les carrières, sur-représentation dans les métiers précaires, facteur aggravant de harcèlement par les hiérarchies… le racisme systémique ne s’arrête pas aux portes des entreprises ! Largement documenté, par des chercheurs, par le Défenseur des droits, et reconnu pour la première fois dans un jugement du Conseil de Prud’hommes de Paris du 17 décembre 2019, il doit être combattu sans relâche : nous nous y engageons.

L’exploitation raciste des sans-papiers est massive dans des activités économiques essentielles : nettoyage, commerce, manutention, BTP, livraison, agriculture… Ce sont des dizaines de milliers de travailleurs-euses exclu-e-s du droit du travail, des droits sociaux et cantonné.e.s aux pires conditions d’existence notamment pour le logement. C’est pourquoi nous nous mobilisons avec nos camarades sans-papiers pour la régularisation et l’égalité des droits !

Instrumentalisé par l’extrême droite et les politiciens de tout bord, le racisme alimente les divisions de la classe ouvrière, pour le plus grand bénéfice de la classe dominante. C’est une composante majeure du système d’exploitation et de domination capitaliste.
Le syndicalisme regroupe tous les travailleurs.euses sans distinctions, c’est pourquoi notre combat de classe est antiraciste et que nous militons pour une transformation sociale qui tourne le dos à l’exploitation économique et à toutes les dominations.

Avec les opprimés.e.s toujours, avec les oppresseurs jamais !

Le 16 juin : tous et toutes dans la rue avec les soignant.e.s !

Rendez-vous le 16 juin 2020 à Marseille à 11h à la Porte d’Aix.

cnt_so_sante_16_juin_2020-page001.jpg

cnt_so_sante_16_juin_2020-page002.jpg

cnt_so_sante_16_juin_2020-page3.jpg

cnt_so_sante_16_juin_2020-page4.jpg

visu_tract_16_juin_3.png

Le tract au format PDF :
cnt_so_sante_16_juin_2020.pdf

Retrouvez nos revendications et tous nos tutos pour défendre ses droits en période de coronavirus

Pendant la « guerre sanitaire », la guerre sociale continue. Trop de travailleurs.euses sont exposé.e.s inutilement et sacrifié.e.s au nom de l’intérêt économique. Les mesures d’urgence sociales sont largement insuffisantes mais la sphère publique va encore soutenir à bout de bras l’économie capitaliste. Alors que la gestion sanitaire de la crise laisse à désirer, le gouvernement ne trouve rien de plus urgent à faire que d’attaquer le droit du travail… C’est inacceptable ! Les travailleurs.euses encore en activité gardent leur pouvoir de blocage économique et il faudra aussi solder les comptes après le confinement… Ne nous laissons pas faire : organisons nous !

Les revendications immédiates et les analyses de la CNT-SO :

cnt_so_combat_travailleurs_euses_24_03_20-page001.png

cnt_so_combat_travailleurs_euses_24_03_20-page002.png

Pour répondre aux nombreuses questions concrètes qui se posent pour les travailleurs·euses avec le coronavirus, nous avons mis en ligne sur notre site une série de tutoriels pour connaître ses droits et mieux se défendre : RDV sur le site confédéral.

cnt_so_maj_autodefense-2.png

Communiqué confédéral du 15/05/20

Après le déconfinement du 11 mai, le plus dur reste à venir pour la classe ouvrière : continuer à se protéger du virus pour que la reprise économique ne soit pas une reprise épidémique ; défendre ses droits et un autre futur face aux secteurs capitalistes qui se réorganisent avec l’aide des États pour nous faire payer la crise. Regroupons-nous, mobilisons-nous !

Le communiqué :
cnt_so_communique_confederal_15_mai_2020.pdf

cnt_so_applaudir.png

1er mai : s’organiser pour lutter partout dans le monde !

Un « 1er mai » sans manifestations ouvrières, cela ne s’était pas vu depuis des lustres ! Si nous encourageons les actions symboliques vendredi, l’essentiel est ailleurs.
Les temps s’annoncent difficile pour notre classe, la crise sanitaire évolue en crise économique et sociale qui va durement nous toucher. Pendant ce temps, les capitalistes s’organisent avec le soutien des gouvernements : ils protègent leurs intérêts économiques avec l’argent public, ils saccagent encore plus nos droits sous prétexte de l’urgence sanitaire… Leur « monde d’après » c’est celui d’avant en pire !
Il faut réagir en défendant en même temps nos droits et en portant un projet de société alternatif pour un autre futur libéré des exploiteurs !
Mais comment faire si nous restons isolé.e.s ? On le redit chaque année, le 1er mai n’est pas une fête mais une journée internationale de lutte des travailleurs.euses ! A cette occasion, on rappelle l’importance de s’organiser collectivement, de se syndiquer ! Travailleuses et travailleurs rejoignez vos organisations de classe !

cnt_so_revendications_31_mars_2020.png

Le 1er mai c’est aussi un jour de solidarité internationale, à lire, l’appel de notre du Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes :

1er mai : une journée de lutte internationale des travailleurs et travailleuses

Comme toute la période actuelle, ce 1er mai est particulier. La pandémie de coronavirus ne permettra pas les traditionnelles grandes manifestations dans les rues. Selon les pays, les régions, les quartiers, des initiatives sont parfois prises pour rappeler cette journée internationale de lutte des travailleuses et des travailleurs. Nous les soutenons. Mais l’essentiel est ailleurs : dans les luttes menées tous les jours : avant, pendant et après le 1er mai ; dans les alternatives au capitalisme que nous construisons. Notre Réseau syndical international de solidarité et de luttes se veut un outil pour cela !

Chaque année, le 1er mai, journée internationale des travailleurs et travailleuses, souligne l’importance des mobilisations sociales contre les attaques des gouvernements et du capitalisme.L’histoire du 1er mai en fait un jour de mobilisation et de réaffirmation de la lutte des classes en tant que moteur de changements radicaux dans la société.

Partout dans le monde, les travailleurs et travailleuses ont confronté.es à la précarisation, à la suppression des droits conquis au cours de l’histoire, au manque de services publics de qualité, à la répression, à la misère, à la faim, aux gouvernements d’extrême droite, néolibéraux racistes, machistes et les-trans-homo-phobes qui construisent des murs et élaborent des lois discriminatoires à l’encontre des plus pauvres. Les personnes les plus opprimées sont tuées alors que les taux de violence augmentent. De même, les mouvements sociaux qui luttent contre de telles attaques sont criminalisés et persécutés.Nos ennemis sont les mêmes partout dans le monde. Contre eux, restons ensemble dans les rues, dans les écoles, les universités, les usines, à la campagne et dans les espaces publics, démontrant ainsi notre volonté de faire face aux attaques du capitalisme.

Gouvernements et patrons prétendent être en guerre contre le coronavirus. En réalité, c’est une guerre contre notre classe sociale qu’ils mènent. Une guerre contre nous, pour leurs profits !La crise sanitaire mondiale est en grande partie la conséquence du système capitaliste. Bien sûr nous ne voulons pas dire par là que le virus a été créé par le capitalisme ; mais le désastre humain que nous connaissons, lui, est dû au capitalisme. Partout dans le monde, les gouvernements font les mêmes choix, même si c’est à des degrés un peu différents : ils ont commencé par minorer l’ampleur de l’épidémie, non par ignorance mais parce que le patronat, les actionnaires, les capitalistes avaient comme priorité la sauvegarde de leurs bénéfices. Les profits d’une minorité, contre la santé de milliards d’humains !

Une fois la crise installée, les dégâts du capitalisme nous reviennent en pleine face

Insuffisance d’infrastructure, de personnel, de moyens dans tous les secteurs de la Santé : c’est le résultat de la destruction des services publics dans une partie du monde, de leur quasi-inexistence dans l’autre partie.
Manque de matériel de protection : masques, gel hydro-alcoolique, tests de dépistage, appareils respiratoires, etc. Dans plusieurs pays, des chercheurs et chercheuses témoignent que leurs travaux scientifiques sur les virus ont été abandonnés ces dernières années, pour des raisons budgétaires. Les capitalistes préfèrent investir dans les multinationales pharmaceutiques qui dictent leur loi en matière de médicaments.

Pendant la crise sanitaire, les affaires continuent !
Vis à vis du monde du travail, les capitalistes sont féroces :

Ils maintiennent en activité une multitude d’entreprises qui ne sont pas essentielles à la vie de la population dans une période de danger sanitaire comme celle que connaissons. Pour continuer à engranger des rentrées d’argent, les capitalistes mettent en grand danger la santé et la vie de millions de travailleurs et de travailleuses dans le monde.
Dans les secteurs vraiment essentiels (qui devrait être limités à ce qui est en rapport direct avec la santé, l’alimentation et l’accès au gaz, à l’électricité, à l’eau…), le patronat met en avant des « gestes-barrière », renvoyant la responsabilité vers les individus. Mais d’une part, dans beaucoup d’entreprises, rien n’est fait pour que ces gestes barrière » soient applicables ; d’autre part, ils ne sont pas suffisants. C’est toute l’organisation du travail qui doit être revue, en argent de la santé de chacune et chacun. Et ça, ce ne sont pas les capitalistes qui ne travaillent pas qui sont les mieux placés pour le définir : c’est à nous de le faire, dans chaque service, établissement, entreprise, en activité parce que vraiment indispensable.
Les capitalistes utilisent la crise sanitaire pour restreindre encore nos droits, nos conquêtes sociales. Dans chaque pays, une grande partie des « mesures d’urgence » consiste à s’attaquer au temps de travail, aux congés, aux salaires, au droit de grève, etc.
La situation est pire encore dans les régions du monde victimes directes du colonialisme : les peuples y connaissent delà la misère ; la crise sanitaire ne peut qu’y avoir des conséquences effroyables.

Des résistances se sont organisées

Elles sont compliquées à mettre en œuvre dans le contexte que nous connaissons. Les organisations membres du Réseau syndical international de solidarité et de luttes ne veulent pas aligner des slogans, des mots d’ordre, pour le seul plaisir d’apparaître « radical ». Ce que nous voulons, à partir des lieux de travail et de vie et en nous fédérant librement, en nous coordonnant, y en compris au plan international, c’est construire un mouvement populaire massif, de résistance et de conquêtes.
Soutenons et faisons connaître les luttes de toutes les régions du monde.
Rassemblons-nous par secteurs professionnels, mais aussi pour défendre des droits spécifiques et obtenir l’égalité sociale (femmes, personnes migrantes, populations opprimées pour des raisons « raciales », …)
Refusons que les plus pauvres, les plus précaires, paient la crise sanitaire.
Tous les travailleurs et toutes les travailleuses, quel que soit leur statut (salarié.es, indépendants, au chômage, intérimaires, saisonniers, etc.) doivent voir leur revenu garanti à 100%, avec pour tous et toutes un minimum garanti basé sur le cout de la vie dans le pays.
Prenons nos affaires en mains, sur les lieux de travail et de vie ! Gouvernements, pouvoirs publics, états, sont des instruments au service du capitalisme.
Réquisition des entreprises, services, commerces, lieux publics, nécessaires pour répondre à l’urgence sanitaire ! Ne laissons plus les capitalistes organiser des catastrophes planétaires !

Covid19 : pour les sans papiers, la triple peine

Les travailleur·euse·s sans-papiers sont particulièrement exposé·e·s à tous les risques liés à la pandémie de Covid-19, risques sanitaires et risques économiques.

Pourtant, comme de nombreux·euses salarié·e··s, dont on semble découvrir soudainement l’utilité sociale, ils·elles contribuent de manière déterminante aux activités essentielles : massivement embauché·e·s dans le nettoyage, le commerce, la manutention, la livraison, l’agriculture…

Sans elles et eux le pays serait à l’arrêt !

A titre d’exemple, l’occupation par des travailleurs sans-papiers, du chantier du nouveau siège du journal Le Monde, où ils étaient employés pour le compte de majors du bâtiment, montre que ces travailleur·euse·s sont indispensables au système.

Pourtant, le plus souvent engagé·e·s en contrats précaires – CDD, intérim – ou sans contrat du tout quand les patrons les payent au noir, ils risquent à tout moment d’être congédié·e·s sans préavis ni indemnités.

Quant à celles et ceux dont l’activité a cessé, ils ·elles ne bénéficient d’aucun revenu de remplacement et se retrouvent subitement sans ressources, sans moyens d’existence.

Par ailleurs, leurs conditions de vie, particulièrement insupportables, sont incompatibles avec les mesures de confinement et rendues extrêmement difficiles quand les associations qui habituellement leur viennent en aide, sont empêchées de leur distribuer les produits de première nécessité dont ils ont besoin.

Et dans la rue, sous prétexte de faire respecter les mesures de confinement, la police s’est lancée dans une chasse infernale aux sans-papiers.

Enfin, il a fallu attendre plus de trois semaines pour que les sans-papiers menacé·e·s d’expulsion, entassé·e·s dans des centres de rétention administrative contre tous les avis médicaux, soient finalement libéré·e·s.

C’est insupportable, cela doit cesser !

La CNT-Solidarité Ouvrière revendique :

– l’accès au chômage partiel pour tous les travailleurs·euse·s sans-papiers
– un moratoire sur les loyers dans tous les foyers de travailleur·euse·s immigré·e·s
– la mise en place de mesures sanitaires spécifiques dans les foyers
– la livraison de repas pour compenser la fermeture des espaces collectifs
– l’arrêt des contrôles aux abords des foyers

Et surtout, alors que le pouvoir ne cesse d’appeler aux solidarités de toute sorte, la CNT-Solidarité Ouvrière réclame :
– la fermeture immédiate et définitive des centres de rétention administrative
– la régularisation de tous les travailleur·euse·s sans-papiers, sans condition (abolition de la circulaire du 29 novembre 2012)
– l’accueil et la mise à l’abri des migrant·e·s (mineur·e·s et majeur·e·s)

Devoir de solidarité avec les sans-papiers, pas avec les banquiers !