Canicule : on nous demande de protéger les plus fragiles, sans jamais nous protéger nous-mêmes

 

Communiqué de la CNT-SO Santé-Social-Services à la Personne

Près de la moitié des départements sont en vigilance rouge, un plateau de températures extrêmes est annoncé pour plusieurs jours, et le gouvernement lui-même ose la comparaison avec 2003 — l’année des 15 000 morts, en grande partie dans les hôpitaux et les EHPAD. Vingt-trois ans plus tard, rien n’a été tiré de cette catastrophe. Dans tout le secteur du Care, ce sont les mêmes professionnel·les épuisé·es et les mêmes personnes vulnérables qui trinquent.

On voudrait nous faire croire que « tout est prévu ». Sur le terrain, c’est la débrouille. Et la débrouille, dans nos métiers, ça veut dire des collègues qui s’effondrent et des personnes accompagnées en danger.

Petite enfance : 37 °C dans les sections, des ventilateurs « bricolés »

Dans les crèches et chez les assistantes maternelles, aucune mesure nationale de protection spécifique n’a été déclenchée, ni pour les professionnelles, ni pour les tout-petits — pourtant parmi les plus exposés à la déshydratation. On nous rapporte des sections à 33-37 °C, des ventilateurs bricolés à côté des lits à barreaux, des climatisations en panne. Des salarié·es épuisé·es, mises en danger, et trop souvent dissuadées d’exercer leur droit de retrait.

Pour les assistantes maternelles et les MAM, c’est pire : pas de loi réellement protectrice, aucune obligation contraignante pour les parents-employeurs, aucun maintien du salaire quand il devient impossible d’accueillir en sécurité.

EHPAD : des aîné·es en danger, des équipes en sous-effectif

Le Plan bleu et l’obligation d’« une pièce rafraîchie » ne suffisent pas. La majorité du parc, bâti dans les années 1970-1990, n’a aucune climatisation dans les chambres. Les résident·es, dont l’organisme régule mal la chaleur, passent des nuits étouffantes quand le thermomètre ne redescend plus.

Et qui veille ? Des équipes en sous-effectif chronique, privées des renforts saisonniers d’autrefois, à qui l’on réclame une surveillance 24 h/24 dans des conditions dangereuses pour leur propre santé. La canicule ne crée pas la crise des EHPAD : elle révèle, en la rendant mortelle, l’austérité qui ronge le secteur depuis des années.

Aide à domicile : les grandes oubliées de la chaleur

Les intervenant·es des SAAD enchaînent les visites d’un logement à l’autre, sous le soleil, dans des véhicules surchauffés, puis au chevet de personnes âgées ou handicapées, dans des domiciles que personne ne climatise. Aucun « plan » ne les protège, aucun temps de récupération n’est prévu, et l’employeur se défausse en prétendant n’avoir « pas la main » sur le logement. Les premières à se rendre auprès des plus isolé·es sont les moins protégées de toutes.

Un cadre légal existe : qu’on l’applique et qu’on le finance

Depuis le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, la chaleur est un risque professionnel à part entière. Dès la vigilance jaune, l’employeur doit adapter l’organisation du travail (horaires, pauses, suspension des tâches pénibles, accès à l’eau fraîche) ; en orange et en rouge, il doit réévaluer chaque jour les risques pour chaque salarié·e. Et lorsque la situation présente un danger grave et imminent, le droit de retrait est un droit individuel que nul employeur ne peut entraver.

Trop souvent, ces obligations restent lettre morte, faute de moyens et faute de volonté. La CNT-SO rappelle à toutes et tous leurs droits, et invite les salarié·es confronté·es à des locaux ou des conditions dangereuses à se rapprocher de leur syndicat.

Nos revendications

Dans l’immédiat :

  • l’application stricte du décret du 27 mai 2025 dans tous les établissements et services, sous le contrôle des salarié·es et des représentant·es du personnel ;

  • des renforts en personnel financés pour toute la durée de l’épisode caniculaire (EHPAD, crèches, aide à domicile) ;

  • le maintien intégral du salaire en cas d’impossibilité d’accueillir ou d’intervenir en sécurité, y compris pour les assistantes maternelles et l’aide à domicile ;

  • la protection effective du droit de retrait, sans pression ni sanction.

Structurellement :

  • un plan national de rafraîchissement et de rénovation thermique des établissements (EHPAD, crèches, structures médico-sociales) ;

  • des embauches pérennes à hauteur des besoins réels et la fin des temps partiels imposés ;

  • la revalorisation des salaires de ces métiers indispensables et d’utilité sociale ;

  • la fin de l’austérité et de la marchandisation qui transforment les personnes accompagnées en « clients » et les professionnel·les en variable d’ajustement.

Protéger les un·es, c’est protéger les autres

Le gouvernement a su parler des élèves dans les écoles et des animaux dans les zoos. Il a oublié les tout-petits, les aîné·es, les personnes accompagnées à domicile — et celles et ceux qui en prennent soin. Pour la CNT-SO, la santé des travailleur·euses et la dignité des personnes accompagnées sont indissociables : on n’accompagne pas bien dans des conditions qui tuent.

Face au dérèglement climatique qui rendra ces épisodes plus fréquents, plus longs et plus intenses, il faut cesser de « bricoler ». Organisons-nous.

Le roi est nu ! Nous ne laisserons pas nos directions le taire !

Le STUCS CNT-SO soutient la mobilisation qui se construit contre les répercussions de l’austérité pour les salles de spectacle autour de l’appel « Le Roi est nu ! Nous ne laisserons pas nos directions le taire ! ». Prochain RDV : AG le 18 juin à 19h à la Bourse du travail de Paris

En tant que salarié·es de salles de spectacle publiques et conventionnées, nous nous mobilisons face à l’ensemble de nos directions qui nous font subir les répercussions des baisses des budgets culturels et renforcent nos incertitudes sur l’avenir de nos métiers et du théâtre public en général. Les valorisations de salaires ne progressent quasiment plus depuis le début de la pandémie de covid 19 alors que les exigences, demandes de formations ou certifications sont toujours plus grandes. Dans le même temps, l’ensemble de nos conditions de travail sont dégradées et attaquées au quotidien. Nous sommes en permanence flatté.es sur notre adaptabilité et sur nos efforts, mais les remerciements ne paient pas les factures de psy et ne sont pas des solutions.

Assez du management de la résilience ! 

La situation dégradée du spectacle subventionné est le fruit de choix politiques et économiques, et non une fatalité sans alternative. Face à cela, les directions des lieux s’engouffrent dans les logiques de privatisation, de locations des salles et d’économie basée sur les ressources propres, ou alors – et souvent en même temps – demandent à leurs équipes de se plier en quatre pour maintenir les mêmes exigences d’activité et de programmation sans les moyens ni le temps nécessaire. Nous sommes soit essoré·es, soit requalifié·es en prestataires de service, rentables et sous-payé·es, ou les deux.
Ce n’est pas aux petites mains d’assurer la continuité de service au détriment de leur santé, de leur vie familiale et sociale, avec des salaires qui stagnent malgré une inflation énorme. Il n’est plus possible de subir ces injonctions à puiser sans fin dans nos ressources propres pour la beauté de l’art !

Oui, pour beaucoup d’entre nous, nos métiers sont aussi des passions mais nous ne voulons plus entendre le management du « te plains pas, c’est pas l’usine » ou « nous sommes une grande famille, on se bat tous·tes ensemble ». En comparaison avec nos directions, nos salaires ne sont pas les mêmes, nos responsabilités ne sont pas les mêmes, notre condition de classe n’est pas la même et nous refusons de nous abîmer plus que de raison pour préserver la carrière de quelques privilégiés à la tête des institutions culturelles.
Notre investissement ne doit pas être un prétexte pour déroger au code du travail et/ou pour marginaliser la question économique. Notre activité n’est pas un hobby ; elle implique compétences, responsabilités, force de travail et temps dédié. La gratification de façade ne peut pas se substituer à une rétribution juste et à des conditions d’exercice garantissant notre intégrité physique et morale.

Nous tirons aujourd’hui un signal d’alarme car nous en avons marre de cumuler plusieurs fiches de postes, nous nous battons contre les burn-out, nous alertons trop régulièrement sur les risques d’accidents liés au rythme ou à du matériel obsolète et des préparations bâclées. Cette précarisation du travail entraîne une baisse de qualité des productions et de la sécurité, pour les salarié·es comme pour le public. Cela porte atteinte au sens de notre engagement et à notre éthique professionnelle, deux facteurs identifiés de risques psycho-sociaux. La passion, ça s’entretient !

En 2025 nous avons manifesté contre les coupes budgétaires, nous nous sommes mis·es en grève en perdant des jours de salaire et en subissant des pressions de nos employeurs, nous avons traqué Rachida Dati lors de ses déplacements, nous avons tenté d’occuper le ministère de la culture. Et pendant ce temps-là, nos directions ont parfois signé des tribunes mais se sont surtout affairées à rendre les coupes budgétaires le plus invisible possible de l’extérieur, que ça soit via les collectivités, le pass culture ou le FONPEPS. Par peur de perdre nos emplois nous avons composé en silence, mais aujourd’hui ça suffit !

Nous savons qu’en nous adressant à nos directions, nous allons entendre le refrain traditionnel du « vous sciez la branche sur laquelle vous êtes assis.es ». Nous avons l’habitude d’être infantilisé.es, alors aujourd’hui nous sommes les enfants qui crions « le roi est nu ! » Nos directions le savent, elles le voient mais elles le taisent, composent comme si de rien n’était pour ne pas le vexer et tenter de conserver leurs derniers subsides.


A l’heure où cette désorganisation du secteur culturel est volontaire, programmée par le néolibéralisme et se prépare à être offerte sur un plateau à l’extrême droite, nous pensons qu’il est encore temps de combattre la rhinocérite décrite par Ionesco : « Face aux rhinocéros dont le devoir est de suivre les chefs et leurs camarades pour le meilleur et pour le pire, même si nous sommes les derniers humains, nous le resterons jusqu’au bout ! nous ne capitulerons pas ! « 

Ce texte est pensé comme un outil collectif, à destination de nos collègues pour qu’iels puissent s’en saisir et l’adapter aux revendications propres à chaque lieu.

C’est aussi et peut-être surtout un appel à se retrouver, discuter, s’organiser, car notre force est collective !

 

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Pour la région parisienne prochaine réunion le mardi 26 mai à 19h à Montreuil à la Parole Errante.

Pour les autres villes des RDV sont à venir

Une boucle de discussion dédié à été créé afin de se mobiliser autour de ce texte sur tout le territoire, n’hésitez pas à nous contacter sur spectacle@cnt-so.org si vous souhaitez plus d’infos.

LE STUCS

COMITÉ DE DÉFENSE DE LA POSTE DES PYRÉNÉES – ORIENTALES

La CNT-SO 66 s’associe à la mobilisation unitaire départementale en solidarité à 5 facteurs réprimés par La Poste et appelle à participer aux mobilisations et à relayer la pétition de soutien. Contre la répression anti-syndicale : solidarité de classe !

Après le rassemblement du vendredi 12 juin devant la PPDC de Perpignan, le comité donne RDV pour une nouvelle mobilisation le 20 juin. 

Signez et relayez la pétition (en ligne sur change.org)

NE TOUCHEZ PAS A NOS FACTEURS !

La Poste des Pyrénées Orientales a décidé de sanctionner cinq facteurs, non pas pour des fautes professionnelles mais surtout pour avoir en dehors des horaires et locaux postaux, organisé un carnaval parodique et burlesque mettant en scène les relations entre la direction et les employés faisant ressortir des conditions de travail de plus en plus dégradantes !

Nous, usagers de la Poste et citoyens-es des Pyrénées orientales demandons l’arrêt immédiat des procédures de sanctions engagées contre nos facteurs.

Nous réclamons également des effectifs à la hauteur des besoins pour une qualité de service public garantie !

Non aux suppressions d’emplois déguisés en licenciements abusifs !

Non à la répression syndicale !

Oui à la liberté d’expression !

Quel avenir pour les salarié-es d’AP Solutions du site de St Ouen (93) après 2026?

Face aux perspectives d’un plan social, avec 450 emplois menacés, et des réorganisations brutales chez AP Solutions, filiale d’Allianz, l’équipe syndicale du Syndicat des Institutions Financières et Assurances (SIFA CNT-SO) se mobilise et a interpellé la direction du site de St-Ouen (93). Le combat continue !

Piquet de grève lors de la mobilisation unitaire du 16 avril sur les sites du Mans (72) et de St-Ouen (93) d’AP Solutions.

Suivre l’actualité de la CNT-SO dans l’Education et la Recherche

La fédération des travailleur.euses de l’éducation, du supérieur et de la recherche de la CNT-SO s’est doté de son propre site. Pour suivre l’actualité et les luttes du secteur, cliquez ici

Pour se syndiquer ou contacter la fédération, cliquez ici

Présentation 

NON A LA TRAITE DES ÊTRES HUMAINS ! Rassemblement à Perpignan, jeudi 11 juin

La CNT-SO 66 appelle à un rassemblement devant le Tribunal de Perpignan ce jeudi 11 juin à 9h à l’occasion de l’audience devant le tribunal correctionnel d’un restaurateur de Canet-en-Roussillon (66), dans le cadre d’une affaire de traite d’être humain à l’encontre de travailleurs migrants. 

Communiqué du COLLECTIF « Pour un vrai printemps de la liberté d’expression et contre l’extrême droite » (Perpignan)

Pour la troisième année, la mairie de Perpignan et le Centre Méditerranéen de Littérature organisent une manifestation aux frais des contribuables, plus de 300.000 €, nommée « Printemps de la liberté d’expression ». Il suffit de regarder la liste des invités et les sujets des tables rondes pour comprendre qu’il y a un problème de représentation, de diversité et une absence totale de pluralité. La quasi- totalité des invités sont liés à l’extrême droite et partagent le même idéal identitaire.

Le Collectif « Pour un vrai printemps de la liberté d’expression et contre l’extrême droite » dénonce cette imposture, et refuse l’instrumentalisation d’une liberté fondamentale de la démocratie à des fins prosélytes et politiques.

Le Collectif organisera place du Castillet samedi 30 mai 2026 vers 15h30 des tables rondes sur 3 thèmes :

  • la liberté d’expression pour les militants pro palestiniens régulièrement harcelés et poursuivis par la préfecture

  • la liberté d’expression à la Poste suite aux sanctions pouvant aller jusqu’à la révocation de plusieurs facteurs

  • la liberté d’expression et le respect du droit de grève pour les soignants de Médipôle en lutte depuis près d’un mois

Signataires : Les Effronté.es, syndicat CNT-SO, Association Nationale des Pieds-Noirs Progressistes et leurs Ami.e.s (ANPNPA),

Les croquant(e)s n°3 – Printemps 2026

Le Syndicat des Travailleurs et travailleuses de la Terre rattaché à la CNT-SO vient de sortir le troisième numéro de son bulletin d’information. Au sommaire :

  • La loi Duplomb : un condensé d’injustice, de reculs humains et environnementaux
  • Croquantes : un film de Tesslye Lopez et Isabelle Mandin
  • Le cauchemar de la peur et de la mort dans l’agriculture !

Petite enfance : réformes en cascade, travailleur-euses en première ligne

Le secteur de la petite enfance est traversé par une série de réformes présentées comme des avancées pour la qualité d’accueil. Dans les faits, ces textes font peser des contraintes nouvelles sur les travailleuses et les travailleurs, sans les moyens ni les garanties indispensables. Retrouvez les analyses et revendications de la CNT-SO. 

Hôtel Marseille St-Charles : la lutte a payé !

Les femmes de chambre et équipiers de l’Hôtel Marseille Centre Gare Saint-Charles s’étaient mis en grève reconductible à partir du lundi 29/12/25 jusqu’au 12 janvier, contre une vague de licenciements sous prétexte de travaux de rénovation. L’hôtel a commencé à rouvrir partiellement ce 02 avril et face à la menace de reprise de la grève, le groupe Alboran a préféré négocier un accord de fin de conflit. Si tous les licenciements ne sont pas évités, la lutte a permis des conditions de départs bien supérieures, des garanties sur la protection, les droits et acquis du personnel restant ainsi que le paiement de la moitié des jours de grève.  Seule la lutte paie !