GREVE FEMINISTE – 08 mars 2026 – Appel unitaire

La CNT-SO est signataire du texte unitaire national d’appel à la mobilisation pour la grève féministe du 8 mars 2026. Soyons nombreuses dans la grève et dans la rue pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes !
8 MARS : journée internationale de lutte pour les droits des femmes en solidarité avec les femmes du monde entier

Face aux impérialismes, aux droites et extrêmes droites,  partout dans le monde, les femmes résistent ! Face aux attaques du gouvernement, Grève féministe !

Nous appelons à la grève du travail, des tâches domestiques et de la consommation. Sans les femmes, tout s’arrête ! 

Nous sommes déterminées à lutter contre le pouvoir, faire entendre les voix de toutes pour arracher l’égalité. 

Nous sommes solidaires des femmes et des populations subissant de plein fouet les conséquences dramatiques du changement climatique, aggravé par les politiques productivistes et capitalistes.

Solidarités internationales

A l’heure des guerres génocidaires, des coups d’État, des impérialismes démultipliés, de l’Iran à l’Afghanistan , de la Palestine au Soudan en passant par le Rojava, le Venezuela et l’Ukraine, nous serons en grève en solidarité avec nos sœurs du monde entier.

Nous affirmons notre solidarité avec nos sœurs d’ Amérique latine, d’Iran, du Groenland, sous menace d’une intervention impérialiste directe par les Etats-Unis de Trump.

De l’Amérique latine et du Sud au continent africain, les luttes écoféministes articulent droits des femmes, autodétermination des peuples et défense du vivant. Elles s’opposent aux logiques impérialistes, coloniales et néolibérales qui sacrifient les territoires et les populations au profit des multinationales minières, pétrolières, agricoles et financières.

En solidarité avec celles qui font face aux régimes fascisants, réactionnaires, théocratiques, colonialistes et impérialistes; avec celles qui endurent les génocides, les conflits armés, les bombardements massifs, et  viols de guerre, les mutilations sexuelles, les mariages forcés, celles confrontées à l’exode et aux politiques migratoires racistes,  celles qui subissent la crise climatique  – 80 % des populations déplacées pour des raisons climatiques sont des femmes -, l’insécurité alimentaire et l’exploitation des multinationales; avec toutes celles qui se défendent farouchement pour recouvrer ou obtenir leur liberté et leurs droits.

Pas  d’instrumentalisation des luttes féministes par l’extrême droite, pas d’extrême-droite dans la rue, pas une voix pour l’extrême droite.

L’Extrême-droite est désormais au pouvoir dans de nombreux pays. Partout, les  immigré-es et migrant-es sont réprimé-es. Des masculinistes aux racistes, islamophobes et antisémites, lesbophobes, homophobes et transphobes, handiphobes,  qui exercent des violences permanentes, l’extrême-droite  étend sa sphère d’influence, grâce aux médias achetés par sa galaxie. Elle ne cesse de nourrir la haine de l’autre, le racisme, la misogynie, la LGBTQIAphobie, le validisme, et entretient la centralité d’un projet politique xénophobe.

Nous réclamons l’abrogation de la loi immigration et la régularisation de tou·te·s les sans-papier-es.

Avec les municipales de 2026 et la potentielle arrivée de l’extrême droite dans plusieurs villes, l’enjeu est celui d’une opposition unie et radicale et la formation d’un front antifasciste !

De l’argent, il y en a !

A l’heure du financement d’un porte avion de 10 milliards alors que des associations, notamment féministes, risquent de fermer leurs portes et leurs services faute de financement , nous refusons de nous taire.

Le gouvernement refuse de taxer les ultra-riches,  le budget profondément sexiste et socialement brutal est en cours d’adoption. Ce budget impactera toujours plus lourdement les femmes du fait de leur position subalterne dans le monde du travail.

Les inégalités salariales, les bas salaires, les allocations inférieures au seuil de pauvreté, les pensions de retraites toujours plus faibles précarisent les conditions de vie. Les femmes représentent 62% des personnes payées au SMIC et 70% des bénéficiaires des banques alimentaires. Plus de 9,8 millions de personnes, dont  plus d’une famille monoparentale sur 3, vivent sous le seuil de pauvreté.  300 000 personnes dont 3000 enfants vivent dans la rue. 

Nous demandons la hausse des salaires, la revalorisation des minimas sociaux, la construction massive de logements sociaux.

L’arrêt immédiat de la baisse des financements et un rattrapage du budget des associations qui accompagnent et soutiennent les femmes. 

Du travail, un temps de travail, des retraites et des salaires pour vivre et pas survivre 

Les femmes, notamment les mères isolées, sont particulièrement impactées par la vie chère, elles sont majoritaires à occuper des emplois mal rémunérés, sont souvent percutées par la précarité et le temps partiel imposé et touchent un salaire en moyenne ¼ inférieur à celui des hommes. Les femmes, dont les retraites sont 40% inférieures à celles des hommes, sont encore plus impactées par la dernière réforme. Nous voulons la retraite à 60 ans, une réduction du nombre d’annuités et des pensions décentes.

Nous réclamons l’abrogation totale de la réforme Macron des retraites et de toutes celles qui ont accentué les inégalités. Nous exigeons l’abrogation des lois qui pénalisent les chômeurs·euses et les bénéficiaires du RSA. Nous exigeons la revalorisation des métiers féminisés (éducation, soin, lien, santé, nettoyage…), l’égalité salariale, l’interdiction du temps partiel imposé, la transformation des CDD en CDI et la réduction du temps de travail à 32 heures minimum avec embauches correspondantes. Nous exigeons une transposition ambitieuse de la directive européenne sur la transparence salariale qui vise à renforcer l’application du principe d’une même rémunération “pour un même travail ou un travail de valeur égale”. 

Pour un réel partage du travail domestique !  

80 % des femmes consacrent au moins une heure par jour à la cuisine ou au ménage contre seulement 36 % des hommes.  63 % des personnes qui s’occupent tous les jours d’enfants, de personnes âgées ou handicapées de manière informelle sont des femmes, ces aidantes ne doivent pas être victimes d’un défaut de solidarité nationale renvoyant aux solidarités familiales.

Invisibilisé, dévalorisé, il est loin d’être une question privée. Les tâches qui en découlent font pleinement partie de l’activité économique. 

C’est un travail qui participe à produire des biens et des services et qui contribue au bien être des membres du ménage (famille) et va bien au-delà. 

Nous ne pouvons nous satisfaire que rien ne bouge dans la répartition des tâches au sein des couples et ce depuis des années. Cette inégalité dans la répartition du travail domestique se traduit par des inégalités dans la sphère professionnelle et est l’un des facteurs des inégalités salariales et patrimoniales. 

Le 8 Mars, nous appelons à la grève du travail domestique.

Pour plus d’égalité et de justice, plus de services publics !

Le démantèlement des services publics de la santé, de l’éducation, du logement dégradent les conditions de vie des femmes. Les politiques libérales ont privatisé les services publics et contraignent les femmes à compenser les carences auprès des enfants comme des plus âgé·e·s, des malades, des enfants et adultes handicapé-es, au détriment de leur carrière, de leur autonomie financière, de leur santé. Nous réclamons la création de services publics de la petite enfance à la hauteur des besoins, avec les moyens correspondants pour en finir avec les crèches privées et de l’autonomie tout au long de la vie et une prise en charge réelle du 4ème âge. Nous exigeons des services publics renforcés : 63% des personnels sont des femmes et elles en sont aussi les premières usagères.​ 

Notre corps nous appartient !

47000 femmes dans le monde meurent chaque année d’un avortement clandestin. Nous réclamons la réouverture de tous les centres d’interruption volontaire de grossesse qui ont été fermés pour permettre un réel accès à l’IVG sur tout le territoire, le choix de la méthode, et les moyens nécessaires à la hauteur des besoins.

LGBTQIA, nous voulons pouvoir faire nos choix de vie, vivre librement notre orientation sexuelle, nos identités. Nous demandons la fin des mutilations et des traitements hormonaux non consentis.  Nous voulons l’ouverture de la PMA pour toutes !  Nous dénonçons les offensives réactionnaires qui s’en prennent aux droits des personnes LGBTQIA+. Nous revendiquons la liberté de vivre son orientation sexuelle. Nous exigeons une transition libre et gratuite pour toutes et tous et la fin des mutilations et traitements hormonaux non consentis sur les personnes intersexes.

Handicapées, nous subissons toutes les violences. Nous sommes privées de nos droits à l’autonomie, à l’éducation, à l’emploi, aux soins, et à la procréation. Nous voulons notre indépendance économique, l’accessibilité universelle à l’ensemble de l’espace public et à tous les lieux et bâtiments. 

Stop aux violences sexistes et sexuelles

Près d’une femme sur trois est victime de violences conjugales ou sexuelles au cours de sa vie (OMS),  soit environ 840 millions de femmes dans le monde. Nous continuons à compter nos mortes car il n’y a aucune volonté politique de lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants. L’impunité persiste, 1% des viols sont condamnés. Nous refusons que les enfants violé·es, maltraité·es, incesté·es continuent le plus souvent à être abandonné·es à leur sort ! 

Pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, dont les violences obstétricales et gynécologiques, nous voulons une loi-cadre intégrale qui mette en avant prévention, éducation, protection, accompagnement, sanction et garantisse les moyens pour la prise en charge de l’ensemble des victimes, femmes, enfants et minorités de genre. 

Les plus touchées par les violences sexistes, dont les violences économiques, sont celles qui souffrent déjà de multiples oppressions : femmes victimes de racisme,  exilées et migrantes, sans papiers, ouvrières, femmes sans domicile, précarisées, privées de liberté, en situation de handicap, femmes lesbiennes et bi, femmes trans, femmes en situation de prostitution et celles victimes de l’industrie pornocriminelle.

Nous demandons la mise en place d’actions concrètes pour lutter contre toutes les violences sexistes et sexuelles, protéger les victimes et combattre les réseaux de traite prostitutionnelle et de proxénétisme et la marchandisation du corps des femmes.

Nous dénonçons les baisses des subventions aux associations qui luttent contre les VSS et exigeons au moins les 3 milliards nécessaires pour l’accompagnement des victimes et des moyens pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles et leur prévention.

Éduquer à l’égalité, un enjeu majeur , du plus jeune âge à l’Université 

Une éducation à l’égalité doit permettre aux enfants de comprendre les mécanismes de domination s’exerçant dans notre société et contribuer à les protéger contre les violences sexistes et sexuelles. Nous voulons une éducation non sexiste, la réelle mise en place effective d’une éducation à la vie affective et sexuelle qui intègre les notions de désir et de plaisir, d’une éducation au consentement et à l’égalité. Et surtout, des moyens pour la mettre en œuvre. Les inégalités se vivent aussi à l’université : stéréotypes dans les orientations et les filières, bizutage fortement genré, violences sexistes et sexuelles, et c’est sans citer le sexisme ordinaire dans les amphis.  Nous demandons notamment des dispositifs de protection et de soutien des victimes de discrimination efficients et financés,  des formations de lutte contre les VSS… 

Éducation à la Vie Affective Relationnelle et Sexuelle pour toutes et tous maintenant ! 

Le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), dans la continuité des lois votées pour l’éducation à la sexualité à l’école, doit être mis en œuvre. 

Nous sommes et resterons mobilisé-es tous les jours contre le patriarcat, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie,  le validisme, les politiques libérales et autoritaires du gouvernement  et contre l’extrême droite. 

Le 8 MARS, nous serons en grève féministe  et nous manifesterons pour imposer un rapport de force et faire valoir nos revendications.

Activité syndicale et stratégie/méthodologie de développement syndical dans la jeunesse prolétaire

Dans le cadre de son congrès confédéral de novembre 2025, la CNT-SO a débattu et adopté diverses motions d’orientation. 

Les jeunes prolétaires sont frappés de plein fouet par la précarité : emplois saisonniers, jobs précaires et peu stables, salaires faibles, intérim, travail non déclaré, etc. Pourtant, la DARES établit à seulement 5% le taux de syndicalisation des moins de 35 ans, contre 11,2 % pour l’ensemble des travailleureuses (en 2018). Ainsi, en plus d’occuper des emplois précaires, les jeunes prolétaires se saisissent peu des outils de lutte syndicale. Les collectifs de classe sont délaissés, laissant le champ libre au patronat pour détruire les acquis sociaux, bafouer le code du travail, etc.

Cette faible syndicalisation des jeunes pose la question de l’avenir des syndicats, donc de la CNT-SO, de l’organisation de classe qu’elle propose et de son projet politique. […]

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Recomposition de la communauté de travail

Dans le cadre de son congrès confédéral de novembre 2025, la CNT-SO a débattu et adopté diverses motions d’orientation. 

La solidarité entre les travailleuses et les travailleurs appartenant à une même communauté de travail est d’une importance fondamentale pour préserver les droits existants et en obtenir des nouveaux.

La communauté de travail se définit comme l’ensemble des travailleurs et travailleuses participant de près ou de loin à la production ou à la commercialisation d’un même produit, d’une même prestation ou d’un même service, et travaillant dans la même entreprise, qu’ils en soient salarié·es ou non.

L’une des problématiques majeures rencontrées depuis quelques décennies déjà dans le monde du travail est l’externalisation de différents services par le biais de la sous-traitance ou de l’intérim. Ces deux formes d’emploi se sont développées de manière exponentielle au cours des dernières décennies, suscitant de nombreux questionnements et de nombreuses inquiétudes concernant les conditions de travail, la stabilité de l’emploi et la cohésion des équipes au sein des entreprises.

C’est justement parce que les intérêts du patronat sont opposés à ceux des travailleuses et des travailleurs et que ces derniers ne sont pas des collaborateurs mais bien des salarié·es sous lien de subordination que l’externalisation des services et la destruction de la communauté de travail ont été mises en place progressivement depuis le début des années 70 et qu’elles ont complètement explosé en France dans les années 2000 et encore aujourd’hui. […]

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AP Solutions, le site du Mans est devenu une caserne militaire !

La section syndicale CNT-SO réagit face au management par la terreur sur le site du Mans d’AP Solutions (filiale d’Allianz), sur fond de plan social visant à supprimer 500 emplois. 

Minneapolis : mobilisation syndicale anti-raciste

Suite au double meurtre de l’ICE, la  milice-police anti-immigrés à Minneapolis, Kieran Knutson, président du syndicat CWA 7250 a répondu, le 25 janvier, aux questions de notre réseau syndical international de solidarité et de lutte (RSISL) notamment sur la mobilisation du mouvement syndical. Le syndicat CWA a été fondé en 1938 représente des travailleurs aux États-Unis, à Porto Rico et au Canada dans les domaines des communications et de l’information, ainsi que dans les médias, le transport aérien, la télévision (hertzienne et câblée), les services publics, l’enseignement supérieur, la santé, l’industrie manufacturière, les hautes technologies et bien d’autres secteurs. 700 000 travailleurs en sont membre dans les secteurs privé et public.

Quelle est la situation à Minneapolis concernant les migrant·es et la répression organisée par l’ICE ? Quelles mobilisations ou actions syndicales sont organisées ?

La situation des travailleur·euses migrant·es est critique. Trois mille agents de l’ICE et d’autres agents fédéraux ratissent la région métropolitaine de Minneapolis-St. Paul et l’État du Minnesota. Des milliers de travailleur·euses immigré·es ont été arrêté·es et envoyé·es dans des centres de détention dans d’autres États avant d’être expulsé·es du pays. Beaucoup ont été brutalisé·es. Au moins un homme, un ressortissant nicaraguayen, qui avait été enlevé à Minneapolis, est décédé dans un camp de détention fédéral au Texas. De très nombreux travailleur·euses latino-américains vivent pratiquement dans la clandestinité, ne quittant pas du tout leur domicile. Un Vénézuélien travaillant pour Door-Dash (un service de livraison basé sur une application) a été poursuivi par l’ICE, puis blessé par balle à la jambe alors qu’il s’enfuyait chez lui. Des travailleurs ont été agressés par l’ICE alors qu’ils sortaient les poubelles sur leurs lieux de travail. Un quartier scolaire populaire a signalé que l’ICE avait commencé à utiliser des enfants comme « appâts » pour piéger et enlever leurs parents (et souvent les enfants aussi !). La communauté somalienne, dont la grande majorité a un statut légal et dont la plupart sont désormais citoyens, a également été diabolisée et spécifiquement ciblée par la police fédérale. Plusieurs membres de syndicats ont été déportés, dont plus de 20 membres du SEIU 26 (concierges et agents de sécurité) et, cette semaine, 10 membres du HERE (employés d’hôtels et du secteur hôtelier) ont été déportés alors qu’ils-elles étaient à leur poste à l’aéroport. Trois membres du CWA, appartenant à des sections locales partenaires et non à la nôtre, ont également été déportés. De même pour deux travailleurs originaires du Laos qui vivaient aux États-Unis depuis 50 ans et travaillaient à l’usine New Flyer de St Cloud, dans le Minnesota, depuis 20 ans. Et un collègue mexicain qui était membre du syndicat Newspaper Guild, affilié au CWA, et travaillait dans une organisation locale à but non lucratif.

Quelle est la position de votre syndicat, le CWA 7250, et du mouvement syndical face à ces mesures répressives ?

Notre section locale ne compte pas beaucoup de membres immigrés, mais certains de nos membres ont un statut légal et d’autres ont des parents immigrés. Cependant, notre section locale croit fermement au principe « UNE BLESSURE POUR UN EST UNE BLESSURE POUR TOUS » [vieux mot d’ordre du mouvement ouvrier américain]. Nous avons donc sensibilisé nos membres à leurs droits légaux, soutenu les actions et les déclarations anti-ICE dans les villes jumelles [Minneapolis–Saint Paul], et soutenu et organisé la « Journée de la vérité et de la liberté – PAS DE TRAVAIL – PAS D’ÉCOLE – PAS DE SHOPPING ». Nous avons mobilisé la majorité de nos membres pour qu’ils ne se rendent pas au travail le 23 janvier : un centre d’assurances a été complètement fermé (300 travailleurs) ; un centre d’appels a enregistré 86 % d’absents ; la majorité des travailleurs de 20 magasins de détail, que nous représentons, ont participé. Nous avons incité nos membres à participer à des actions de rue et certains de nos membres participent à des groupes de réaction rapide anti-ICE dans leur quartier. Une de nos membres a récemment été violemment agressée alors qu’elle faisait partie d’un groupe de réaction rapide de son quartier qui affrontait l’ICE lors d’un enlèvement près de son domicile.

Le 23 janvier, une manifestation de grande ampleur a été organisée sous le slogan « PAS DE TRAVAIL, PAS D’ÉCOLE, PAS DE SHOPPING ». Comment cela s’est-il déroulé ?

Ce fut un immense succès : des dizaines de milliers de travailleur·euses ont débrayé et jusqu’à 100 000 personnes ont défilé par une température de -20 °C. Plus tôt dans la journée, une grande action menée par des travailleur·euses et des membres du clergé a temporairement fermé l’aéroport international MSP, tandis que des militant·es ont bloqué le siège de l’ICE. À la suite de cela, dans ce qui semble être un acte de représailles évident, un infirmier syndiqué de l’hôpital des anciens combattants [Alex Pretti] a été exécutée en plein jour alors qu’elle filmait l’ICE à Minneapolis. Cet événement fait suite au meurtre similaire d’une mère au foyer homosexuelle [Renee Good] dans sa voiture alors qu’elle manifestait contre l’ICE, et, comme mentionné précédemment, à l’enlèvement d’un employé de restaurant nicaraguayen par l’ICE à Minneapolis, qui a été envoyé au Texas où il est décédé dans un camp de détention. Les syndicats, les groupes communautaires et les militants radicaux discutent des prochaines étapes, avec une manifestation massive et deux grandes meetings sont prévus aujourd’hui.

Vidéo avec Kieran Knutson, président du syndicat CWA 7250

Souscription permanente de la CNT-Solidarité Ouvrière : soutenez un syndicat autogestionnaire, indépendant et combatif !

Soutenez les luttes ouvrières et la création d’une caisse de solidarité permanente ! Aidez au développement d’un réseau syndical de défense juridique !

Pour faire un don en ligne : cliquez ici

Implantée dans les secteurs du nettoyage, de la restauration, du commerce, des transports et de la logistique, du bâtiment, de l’éducation, de l’aide à domicile, du spectacle etc., la CNT-Solidarité Ouvrière développe un outil syndical, alternatif et combatif, au service des travailleuses et des travailleurs.

Depuis sa création, fin 2012, la CNT-SO a été impliquée dans de nombreuses luttes. Les multiples conflits dans le secteur du nettoyage, en particulier la sous-traitance hôtelière avec les grèves de femmes de chambre ayant durées parfois plusieurs mois, en sont les plus emblématiques et ont été fortement médiatisés. C’est aussi le cas des divers mouvements de travailleur·euses sans-papiers pour la régularisation, avec l’occupation des chantiers des JO de Paris ou le combat des livreurs uberisés… A chaque conflit, la CNT-SO mobilise ses caisses de grève et bien au-delà, pour compenser les pertes de salaires et permettre des mobilisations solides tenant le temps nécessaire à la victoire collective.

La construction de ces luttes dépend aussi largement d’un travail quotidien « invisible ». Refusant toute subvention de l’État ou du patronat, la CNT-SO auto-finance un réseau de développeur·euses syndicaux et de juristes en charge de la défense syndicale, notamment devant la justice prud’homale. Ce réseau est un point d’appui aux combats de nos équipes syndicales et permet d’accompagner chaque année des centaines de travailleur-euses face à l’arbitraire patronal, particulièrement dans des secteurs très précarisés du salariat. Pour en savoir plus sur une des particularités de notre action syndicale, notre réseau de développeur·euses et juristes, vous pouvez lire notre motion de congrès confédéral à ce sujet ici.

Ce travail syndical efficace se heurte inévitablement à la répression étatique comme patronale nécessitant là aussi une large solidarité.

Pour poursuivre son action et la développer plus largement, faire face à la répression grandissante et préparer les luttes futures, la CNT-SO lance aujourd’hui une souscription permanente ouverte à tous et toutes.

Ce fonds aura deux objectifs :

  • financer l’extension d’un réseau de développement syndical et d’assistance juridique avec les moyens matériels nécessaires (locaux, reprographie…) ;
  • animer une caisse nationale de solidarité pour l’appui aux grèves et faire face à la répression.
Nous appelons tous·tes nos sympathisant·es, celles et ceux ayant déjà appuyé nos luttes ponctuellement, les personnes attachées au renforcement du syndicalisme révolutionnaire à nous accompagner dans cette démarche.

Ce fonds sera alimenté par :

  • des dons exceptionnels ;
  • des prélèvements ou virements permanents.
Pour faire un don ponctuel en ligne : cliquez ici
Pour la mise en place d’un prélèvement ou virement régulier, contactez-nous pour la transmission des documents correspondants

La CNT-SO c’est aussi une orientation syndicale et des valeurs particulières, portant un projet de transformation sociale révolutionnaire. Pour en savoir plus sur nos orientations, voir la présentation sur notre site.

Vive la lutte des travailleur·euses !

Vive la solidarité de classe !

Travailleur.euses dispersé.es : offensive syndicale pour des droits syndicaux pleins et entiers !

En février 2025, la CNT-SO à laquelle s’est alliée la fédération SUD Commerce, avait enjoint par courrier au premier ministre de publier les décrets fixant le cadre d’application du droit syndical pour les travailleurs et travailleuses dispersé·es, prévus à l’article L2141-12 du code du travail depuis 1968 mais jamais publiés. Les différents gouvernements successifs depuis lors ont omis de prendre ces mesures réglementaires permettant l’exercice spécifique du droit syndical concernant les travailleur.euses dispersé.es !

La «dispersion» concerne aujourd’hui des millions de travailleur·euses, isolé·es tant géographiquement que de leurs collectifs de travail et de la représentation syndicale. C’est le cas des salarié-es de la sous-traitance ou du nettoyage, mis à disposition d’entreprises utilisatrices pour des missions ponctuelles ou sur des chantiers sans faire partie du personnel et qui peuvent intervenir chez des tiers sans jamais rencontrer de collègues ni se rendre dans les locaux de leur employeur. La problématique est la même pour les salarié·es au service des particuliers notamment dans la branche de l’aide à domicile. C’est encore le cas des millions de salarié.es intérimaires, les agences d’intérim refusant d’ailleurs systématiquement de communiquer les chantiers d’affectation de leurs salarié·es aux organisations syndicales.

Leur mise à disposition chez des tiers, leur mobilité, leur isolement, leurs horaires et temps de travail atypiques, engendrent pour ces salarié·es un accès plus difficile à l’organisation syndicale et collective, et pour les organisations syndicales, les possibilités d’interaction avec ces salarié·es sont tout aussi complexes… en conséquence ces salarié·es, peu informé.es, peu organisé.es, font plus souvent l’objet de la précarité, de mauvaises conditions d’emploi et d’atteintes à leurs droits.

Ce sont justement ces difficultés d’exercice des libertés syndicales qui impliquaient que les décrets prévus au code du travail soient promulgués, afin de préciser leur cadre et d’en établir les moyens d’application.

Sans réponse, nos deux organisations ont lancé une procédure devant le conseil d’état afin de réparer cette anomalie et obtenir la publication de ces décrets et droits trop longtemps oubliés, demandant leur promulgation dans un délai de six mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 10 000 euros par jour de retard. Une première audience est prévue le mercredi 14 janvier 2026.

Nos organisations démontrent que l’absence des décrets empêche les syndicats et des millions de salarié·es d’exercer pleinement leurs droits syndicaux : prendre contact avec les salarié·es à leur poste de travail, distribuer et afficher des tracts syndicaux, se réunir, participer aux élections professionnelles sont des droits particulièrement entravés voire anéantis… Ces mesures pour être effectives supposent un lieu de travail dans lequel les salarié·es peuvent échanger et se rencontrer ainsi qu’une connaissance fine des situations de travail par les organisations syndicale… A défaut ce sont bien les décrets contraignants, avec des mesures spécifiques, qui permettrait aux organisations syndicales de déployer leur activité auprès des salarié·es dispersé·es et à ces derniers de mieux se défendre !

Pourtant, devant le Conseil d’État, les arguments formulés en réponse par le gouvernement sont extrêmement légers : pour justifier de la non publication des décrets, l’État n’invoque que de leur inutilité, élude les faits et tous les principes de droit, renvoie à la négociation collective d’entreprise ou de branche et assure que les moyens de communication électroniques compensent parfaitement les difficultés d’accès des syndicats à ces salarié·es, merci Internet et merci Patron !!

Quelle indignité, quel scandale de la part de ce gouvernement, ici ouvertement antisocial et antisyndical !!!! Prétendre que les libertés fondamentales seront régies par la négociation avec le patronat et par l’envoi de mails, bafoue tous les principes du droit applicable, alors qu’il incombe à l’état d’en garantir l’application!!

Réparer cet « oubli», permettra enfin aux syndicats et aux travailleur.euses précaires et dispersé·es de bénéficier des moyens légaux nécessaires à rétablir du lien, véhiculer et recevoir de l’information, s’organiser, se défendre en cas de difficultés, faire face ensemble et se battre pour leurs droits…

Vive la lutte des travailleuses et des travailleurs !
Vive les libertés syndicales !

Connexions Directes, le bulletin de la CNT-SO Activités Postales & Télécommunications : n°8 – janvier 2026

Le dernier numéro de « Connexions directes », bulletin du syndicat national des activités postales et des télécommunications,  vient de sortir 👇 
Au sommaire du numéro :
  • Nous réclamons la Poste !
  • Au Danemark, la Poste ne distribuera plus de courrier !
  • Bruit de bottes…

Venezuela : ni dictature, ni impérialisme !

Le peuple du Venezuela fait face à une crise sans précédent. Le gouvernement Maduro applique une dictature économique clientéliste et une violence politique contre le peuple du Venezuela et notamment ses travailleur·euses. Régime autoritaire et privations économiques ont provoqué l’exil de plusieurs millions de personnes.

S’y ajoute le péril impérialiste, incarné au sein du pays par la droite patronale et pro-américaine, entre autres par Maria Corina Machado, qui a reçu le prix Nobel de la paix cette année, et en dehors des frontières par la politique belliciste du gouvernement Trump.

Ce dernier a déjà mené des attaques dans les pays des Caraïbes, au Venezuela, en Colombie, au Panama, au Mexique et en Équateur, où sous prétexte de trafic de drogue, des embarcations ont été bombardées provoquant plus d’une centaine de morts, en dehors de tout cadre légal. Depuis plusieurs semaines, les opérations militaires se sont multipliées visant l’industrie pétrolière, ressource principale du pays, déjà sous sanction depuis plusieurs années.

Un nouveau cap est franchi avec l’opération militaire dans la nuit du 2 au 3 janvier 2025 pendant laquelle plusieurs villes du Venezuela ont été bombardées par les forces états-uniennes et le couple présidentiel exfiltré du pays. Là encore, Trump ne s’embarrasse plus d’un semblant de légalité que cela soit celle de son pays ou du droit international. Seule la force fait loi comme au plus fort de l’impérialisme et du colonialisme de l’âge industriel.

Trump prétend maintenant diriger le pays et y laisser le champ libre aux grandes compagnies états-uniennes qui pourront faire main basse sur ses richesses, en premier lieu pétrolières.

C’est aux vénézuélien·nes de déterminer librement leurs modes d’organisation collective sans ingérence, pas à un « gendarme du monde » US aux méthodes de gangster ! C’est aux travailleur·euses de gérer les richesses du pays, pas à une puissance impérialiste prédatrice qui voudrait ramener le continent américain à l’époque des républiques bananières !

Cette attaque est aussi à relier à l’accélération de la marche vers la guerre dans laquelle nous pousse le « grand jeu » de domination, de contrôle des ressources et de conquête entre les puissances mondiales. Il est de notre responsabilité de syndicalistes, de nous y opposer partout, par la solidarité internationaliste, l’antimilitarisme et le combat pour un monde émancipé de la tutelle du capitalisme et des États !

Solidarité avec le peuple du Venezuela et ses travailleur·euses !

Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !

En 2026, on s’organise avec la CNT-SO !

La CNT-SO vous souhaite une bonne année 2026, riches en combats pour nos droits, nos libertés et la construction d’un monde meilleur débarrassé de l’exploitation et des dominations ! Pour faire trembler l’État et les patrons, une seule résolution : l’organisation ! Regroupons nous syndicalement !

Se syndiquer, c’est rompre l’isolement, c’est dire NON à l’exploitation et au mépris, c’est résister et lutter ensemble pour défendre ses droits et en gagner de nouveaux ! Rejoins ton organisation de classe !

👉 Se syndiquer

Présentation générale de la CNT-SO 👇

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