Hôtel Marseille St-Charles : la lutte a payé !

Les femmes de chambre et équipiers de l’Hôtel Marseille Centre Gare Saint-Charles s’étaient mis en grève reconductible à partir du lundi 29/12/25 jusqu’au 12 janvier, contre une vague de licenciements sous prétexte de travaux de rénovation. L’hôtel a commencé à rouvrir partiellement ce 02 avril et face à la menace de reprise de la grève, le groupe Alboran a préféré négocier un accord de fin de conflit. Si tous les licenciements ne sont pas évités, la lutte a permis des conditions de départs bien supérieures, des garanties sur la protection, les droits et acquis du personnel restant ainsi que le paiement de la moitié des jours de grève. La CNT-SO 13 donne RDV à la presse et aux soutiens : le lundi 20 avril à 09h30 devant l’hôtel, avant la signature du protocole. Seule la lutte paie !

Tribune unitaire : « ubérisation ou salariat »

La CNT-SO, actrice des luttes et combats juridiques des livreurs ubérisés depuis plusieurs années, apporte son soutien à la tribune unitaire « Ubérisation ou salariat », sur les enjeux de la transposition de la directive européenne de 2024, concernant l’encadrement du travail des plateformes numériques,  sur laquelle le gouvernement doit légiférer avant décembre 2026. 

Loin des projecteurs, un événement crucial pour la protection sociale française est en train de se jouer. Le gouvernement français est tenu de légiférer au plus tard le 2 décembre 2026 sur l’encadrement du travail des plateformes numériques suite au vote de la directive européenne du 14 octobre 2024. Si le jeu en vaut la chandelle, personne n’a encore sorti son briquet.

Les plateformes reposent sur des travailleurs auto-entrepreneurs

Les plateformes numériques de travail reposent sur des travailleur·euse·s auto-entrepreneur·euse·s payé·e·s à la tâche. Dans ce modèle, les plateformes se dérobent à leurs responsabilités d’employeur comme la prévention des risques de santé, le versement des cotisations sociales, la représentation syndicale ou tout simplement le respect d’un salaire minimum. Ce n’est plus le droit mais le marché qui fixe, sans aucune contrainte, les conditions de travail. Les livreur·euse·s à vélos et chauffeurs VTC sont souvent cité·e·s, néanmoins ce débat concerne en réalité une partie beaucoup plus large de la force de travail en France : vendeur·euse·s, serveur·euse·s, soignant·e·s, juristes, aides à domicile, aides soignant·e·s, aides ménage, avocat·e·s etc. Plus aucun secteur n’est épargné parl’émergence d’une plateforme de travail.

En 2022, ils étaient 200 000 à travailler pour une plateforme tout en ayant un statut d’indépendant, puis 600 000 en 2023. Combien seront-ils demain ?

Le rapport produit par l’ANSES, suite à la saisine de la CGT, sur les livreur·euse·s à vélo en mars 2025 alerte sur les nombreuses conséquences délétères du modèle actuel sur la santé. À court terme, les travailleur·euse·s sont surexposé·e·s aux accidents de la route et aux chutes, mais aussi aux troubles musculo-squelettiques causés par une mauvaise ergonomie et réglage des véhicules. À moyen terme, la santé mentale des travailleur·euse·s est affectée, aussi bien par le stress, la fatigue et l’épuisement. Enfin, à long terme, de nombreuses pathologies respiratoires, cardiovasculaires et urogénitales sont constatées chez beaucoup de livreur·euse·s. L’instabilité de la relation de travail, la menace de sanction et l’injonction de performance amplifient la prévalence de ces problématiques de santé.

Au-delà des conséquences sur la santé, la paupérisation poussée des livreur·euse·s est objectivement démontrée. Depuis 2021, le revenu horaire moyen a baissé de 22,7 % chez Deliveroo, 34,2 % chez Uber Eats et 26,6 % chez Stuart selon l’ARPE, et ce sans compter le temps d’attente des commandes comme du temps travaillé. Sur la même période, la durée des livraisons et les délais d’attente entre les commandes ont continué à augmenter. L’ANSES constate que cette pression se traduit par une prise de risque accrue sur la route mais finit aussi par sélectionner une population de livreur·euse·s de plus en plus précaire, prête à accepter de moins bonnes conditions de travail et de rémunération.

 

La précarité administrative et statutaire des travailleur·euse·s n’est pas un effet de bords de l’émergence de ces marchés numériques. Le modèle des plateformes repose en tout premier lieu sur la concurrence de statut encadrant le travail (auto-intrapreneuriat) et de statut administratif (absence de politique de régularisation des travailleurs). Ainsi, la question des grandes difficultés d’accès à un droit au séjour stable place les personnes étrangères, qui représentent une part importante des travailleur·euse·s des plateformes numériques de travail, dans une situation de forte dépendance vis-à-vis de leur travail. Elles subissent alors encore plus fortement des conditions de travail précaires, inéquitables, voire indignes.

Une lutte qui porte ses fruits

Le risque lié à cette organisation du travail n’est pas uniquement porté par les travailleur·euse·s des plateformes, mais par l’ensemble de la société. En détournant le statut d’auto-entrepreneur, les plateformes s’affranchissent du versement des cotisations sociales et mettent en danger le financement de la sécurité sociale de tou·te·s les travailleur·euse·s, et ce quel que soit leur statut. Dans une enquête à ce sujet en 2023, le journal l’Humanité évalue à 1,45 milliard les cotisations dues et non encaissées par l’URSSAF !

De plus, le détournement du statut d’auto-entrepreneur par les plateformes a pour conséquence directe de créer un dumping social dans toujours plus de secteurs au détriment in fine de tou·te·s les travailleur·euse·s. Laisser libre cours à la généralisation de ce modèle impliquerait une régression considérable des droits des travailleur·euse·s et un affaiblissement préoccupant de la représentation syndicale. Ainsi, ce sont donc les fondements mêmes de la Sécurité Sociale qui seraient fortement fragilisés.

Sans droit à la négociation collective, privés de droit du travail, subissant des déconnexions abusives en guise de représailles, livreur·euse·s à vélo et chauffeurs VTC, par leur résistance, ont pourtant réussi à imposer le débat sur l’encadrement du travail via les plateformes.

En effet, grâce à leur mobilisation, aux soutiens politiques et syndicaux, aux chercheur·euse·s et aux ONG qui ont fait bloc à leurs côtés, une directive européenne a été adoptée. Son objectif ? Mettre fin à ce système qui broie, blesse et tue.

Une directive ambitieuse, une transposition à risque

Cette directive impose aux États membres d’instaurer un type de présomption de salariat pour les travailleur·euse·s de plateforme. L’enjeu de la transposition dans notre droit français est maintenant de rendre cette présomption opérationnelle et efficace.

Aujourd’hui, un·e livreur·euse ou un·e chauffeur qui veut faire requalifier son statut d’indépendant en contrat de travail doit mener individuellement une bataille judiciaire longue et coûteuse. Et lorsqu’il·elle gagne – car la justice lui donne raison dans l’immense majorité des cas – il·elle est systématiquement licencié·e par la plateforme.

La directive permettra a minima qu’un·e livreur·euse puisse entamer facilement une démarche individuelle de requalification en contrat de travail salarié, et ce sera désormais aux plateformes de prouver que ce·tte travailleur·euse est réellement indépendant·e. Cette démarche serait plus simple et plus rapide que les années de procédures que vivent les travailleur·euse·s actuellement.

Toutefois, si les démarches restent individuelles, il est inimaginable que les travailleur·euse·s de plateformes aillent tou·te·s un·e par un·e clarifier leur situation contractuelle. De plus, si la transposition de la directive ne prévoit pas de garantie d’emploi du travailleur·euse dans sa plateforme à la suite de la démarche de requalification, peu de personnes feront valoir ce droit.

Cette directive constitue certes une avancée sociale, mais reste vague quant à sa mise en œuvre. Le risque est donc d’avoir une transposition a minima qui ne changerait pas la situation actuelle et institutionnaliserait le détournement du statut d’auto-entrepreneur.

En complément la directive mentionne la mise en place d’une institution adaptée qui pourrait si besoin généraliser cette requalification à tou·te·s les travailleur·euse·s d’une même plateforme, évitant ainsi les procédures individuelles fastidieuses. C’est, là encore, dans cette formulation floue que va se jouer la qualité de la transposition. Une telle institution en France existe bel et bien, c’est « l’inspection du travail ». L’enjeu est donc, premièrement, de savoir si elle pourra pleinement jouer son rôle, et ne sera pas remplacée dans la transposition de la directive par une institution inventée de toute pièce et sans pouvoir contraignant comme l’ARPE. Deuxièmement, de savoir si elle pourra agir pleinement, et non « si besoin », pour que la transposition permette réellement aux livreur·euse·s, chauffeurs et autres travailleur·euse·s de plateformes d’accéder enfin au droit du travail.

Nous avons une responsabilité historique : faire honneur à la lutte menée par les travailleur·euse·s précaires de plateforme. Cette opportunité, ils·elles l’ont créée. Elle nous oblige.

Nous, syndicats, ONG, professionnel·le·s du droit, citoyen·ne·s, associations et collectifs de travailleur·euse·s des plateformes ne voulons pas de ce système d’exploitation qui sévit dans notre pays depuis presque 15 ans. La transposition de la directive est l’occasion de réaffirmer notre modèle social. Pour lutter contre les conséquences économiques, sociales et sanitaires du modèle des plateformes de travail nous appelons à une transposition ambitieuse à la hauteur de notre modèle social comprenant :

  • une présomption de salariat effective et efficace sans aucune alternative permettant aux plateformes d’échapper à leurs nouvelles obligations ;
  • l’inversement de la charge de la preuve (de salariat) incombant aux plateformes ;
  • le contrôle des conditions de travail par une autorité nationale compétente, soit l’inspection actuelle ;
  • la transparence de la gestion algorithmique des travailleur·euse·s, avec droit de regard des organisations syndicales ;
  • arrêt des décisions automatisés quand elles ont une importance pour le·a travailleur·euse (désactivation du compte, sanctions, etc.) ;

En complément, nous demandons :

  • la régularisation des travailleur·euse·s sans papiers et l’extension des preuves de travail en France aux factures d’auto-entrepreneurs.
  • la requalification systématique du faux statut d’indépendant en salariat, avec contrat de travail, interdiction de rupture du contrat et rétroactivité des droits à la protection sociale
  • l’évaluation des risques pour la santé liée au travail de plateforme avec mise en place de mesures de prévention et de protection appropriées

Pour les centaines de milliers de travailleur·euse·s concerné·e·s aujourd’hui. Pour les millions qui pourraient subir le même sort demain. Nous appelons tous·tes les travailleur·euse·s qui subissent directement la dégradation de leurs conditions de travail et toutes les associations, organisations du travail social et collectivités locales qui font face aux conséquences économiques et sociales de ce modèle délétère à se joindre à cet appel et au travail collectif que nous entamons pour une transposition vertueuse de la directive européenne sur le travail de plateformes.

Pour vous joindre à cet appel ou témoigner de la « plateformisation » ou l’ubérisation de votre secteur d’activité, des spécificités de l’ubérisation de ce secteur auxquelles une transposition devrait répondre contacter le collectif.

​​​Contact : desuberisons@proton.me

 

Signataires :

Maison des Coursiers Paris

CIEL (Collectif pour l’Insertion et l’Émancipation des Livreurs)

Maison des Livreurs Bordeaux

AMAL (Association de mobilisation et d’accompagnement des livreurs …)

Coopcycle-association

Maison des livreurs de Nantes

Médecin du Monde

Confédération Générale du Travail

Fédération CGT des Transports

ADALI : l’Association pour les droits et l’accompagnement des livreurs indépendants

ASALR : Association de Soutien et d’Accompagnement des Livreurs Rouennais

Force Ouvrière INV VTC

La Cimade

Fédération CoopCycle

SUD Livreurs

SUD Commerces et Services IDF

Chloé Lebas, docteure en science politique spécialisée sur le travail de plateformes, attachée temporaire d’Enseignement et de recherche à l’Université de Lille (CERAPS)

Clémence Allezard, documentariste pour la radio

Collectif des guides de musées

SUD culture – Métiers de la transmission culturelle

Matthieu Vicente, maître de conférences en droit privé à l’Université de Montpellier Paul-Valéry

CNT-SO

Frange Radicale, Coopérative de coiffure

Pour des FETES LIBRES : contre les propositions de loi 113 et RIPOST !

En tant que travailleur·euses du spectacle, nous demandons l’abandon total des projets de lois 1133 et « Ripost » criminalisant les rave parties et les fêtes libres et souhaitons alerter sur les dérives sécuritaires envers les pratiques culturelles libres et non marchandes.

Alors que le secteur culturel est attaqué de toutes parts avec des baisses de financements drastiques, des abus managériaux et une infiltration croissante de l’extrême droite et ses idées réactionnaires, le gouvernement et son allié du parti Horizons souhaitent légiférer pour réprimer les fêtes libres avec un arsenal judiciaire proche de l’anti-terrorisme.

Nous tenons à rappeler que les fêtes libres sont issues de nos cultures populaires, que ce soient des carnavals occitans, antillais ou ch’tis dans les rues, des concerts punk rock en hangar industriel, des guinguettes sauvages en bord de rivières, des rave parties dans les champs, du spectacle de rue qui tape la manche, des clubs de jazz dans des caves ou des bloc party sur des dalles, le spectacle, la musique, la danse n’ont fait que se développer, se transmettre et vivre dans des espaces non-maîtrisés par le pouvoir politique.

S’il fallait encore une nouvelle preuve de la montée du fascisme, ces attaques disproportionnées contre des pratiques culturelles en seraient une de plus.

Dans le projet de loi Ripost de Laurent Nuñez, il est proposé 2 ans de prison et 30.000 euros d’amende pour un « délit d’organisation d’évènement musical illégal », la confiscation complète du matériel de sonorisation et des véhicules ainsi qu’un retrait de permis d’une durée de 3 ans.

Les attaques envers les pratiques de RDR (Réduction des risques) accroissent les risques pour les participant·es et l’utilisation de tout l’arsenal technologique via la surveillance algorithmique est un autre cap franchi dans ces propositions de loi.

Nos pratiques culturelles seront toujours à l’étroit dans les lieux institutionnels ou commerciaux, et ce même lorsqu’ils ne revêtent qu’un vernis underground.

Nous sommes nombreux·ses à être artistes, technicien·es, spectateur·ices, bénévoles ou salarié·es, amateur·ices ou professionnel·les, souvent les 7 selon les jours de la semaine. Nous n’oublions pas que la continuité de revenus que certain-es d’entre nous avons acquise via le régime de l’intermittence nous permet aussi de nous dégager du temps pour créer et faire exister une culture qui n’a pas sa place dans les programmes culturels institutionnels ou pour générer de l’argent. 

Nos pratiques ne rentreront jamais dans des cases et toustes ensemble nous nous battrons contre les lois liberticides. Que raconte sur lui-même un pouvoir politique qui a peur des auto organisations populaires festives ?

Toustes ensemble rassemblons nous partout pour exiger le retrait total des propositions de loi 113 et RIPOST.

LE STUCS – CNT SO

Syndicat des Travailleur.euses Unies de la Culture et du Spectacle – CNT-SO

Le STAA – CNT SO

Syndicat des Travailleur.euses Artistes Auteur.es – CNT-SO

Combattre la maladie ou frapper les malades ?

Le gouvernement s’offusque de l’augmentation des arrêts maladie en jouant la démagogie contre les « abus » et en prenant de nouvelles mesures répressives dont un scandaleux « bouton d’alerte » à activer par les patrons ! Pour les syndicalistes, il faut plutôt en chercher les origines dans la dégradation des conditions de travail, le vieillissement de la population et les successions de reformes structurelles contre les travailleur-euses !

Combattre la maladie ou frapper les malades ?

Le gouvernement a récemment annoncé vouloir augmenter les contrôles des arrêts de travail. Ce dernier poursuit sa logique habituelle : taper sur les plus faibles pour préserver la bourgeoisie et le patronat. Pour lutter contre le chômage, tapons sur les chômeurs ; pour lutter contre les arrêts maladie, tapons sur les malades.

Haro sur les malades !

Pour justifier cette mesure le gouvernement invoque une augmentation de 45 % par rapport à 2019 selon les données de la CNAM.

Au lieu d’analyser cette augmentation comme un symptôme de la dégradation continue des conditions de travail, le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, nous ressert la tarte à la crème des « comportements abusifs ». Là où la question du travail est évacuée reste donc des comportements individuels qu’il faudrait surveiller.

Les malades seront contrôlé·es…

Concrètement, les contrôles des assurés vont s’intensifier, l’objectif étant d’en réaliser environ 740 000 en 2026 (+ 6 % par rapport à 2025).

Les employeurs auront, par ailleurs, la faculté de signaler à l’Assurance maladie les arrêts de travail qui leur paraissent douteux, grâce à un dispositif de type « bouton alerte », selon la formule de M. Farandou. Nul doute que les patrons vont se saisir de cette aubaine pour en user et abuser contre leurs salarié·es malades.

… les patrons recevront des invitations

Face à une telle ignominie, et pour faire bonne figure, le gouvernement fait mine d’adopter une position « équilibrée » en invitant les patrons à prendre des « mesures correctives » face à l’absentéisme. Comment ? En « densifiant l’information » auprès des patrons par le biais d’un « kit “clés en main” ». Nul doute que les patrons vont être terrorisés face à cette information « densifié » !

Le ministère du travail, quant à lui, est à deux doigts de redécouvrir l’obligation d’évaluer les risques.

Pas ingrat, le patronat fait quand même part de sa satisfaction. Le gouvernement « reprend plusieurs de [leurs] propositions, en particulier en matière de prévention et de renforcement des contrôles sur les situations atypiques, s’est réjoui Diane Milleron-Deperrois, chargée de la protection sociale au Medef.

De quoi les arrêts de travail sont-ils le nom ?

Il y avait pourtant de quoi s’intéresser réellement à cette augmentation des arrêts de travail. Les données racontent une autre histoire que celle que nous raconte le gouvernement et le patronat.

Si les arrêts progressent c’est parce que les conditions de travail se sont dégradées.

Selon la DREES (Études et Résultats n°1321, données CNAM), ce sont surtout les arrêts de longue durée qui progressent – notamment pour troubles psychiques/TMS/Cancer. Contrairement à ce qu’a l’air de penser le gouvernement, il semble difficile de s’inventer un cancer, une pathologie cardiovasculaire, un burnout ou une dépression.

Dans le même temps, de nombreuses études documentent une dégradation des conditions de travail (DARES, INRS, CEREQ) intensification, pressions accrues, perte d’autonomie, réorganisations successives voire permanentes.

Ce lien est n’est ni anecdotique, ni ponctuel. L’intensification du travail, la flexibilisation et l’allongement du temps du travail, la précarité, la pression managériale et les dispositifs d’individualisation du rapport au travail sont largement documentés par la littérature scientifique sur le sujet.

Derrière la démagogie sur les arrêts maladie : l’exploitation capitaliste !

A cela il faut évidemment ajouter le vieillissement de la population au travail avec les différentes réformes des retraites et la disparition des CHSCT entérinée avec les ordonnances Macron de 2017, ainsi qu’une médecine du travail saccagée après la dernière réforme de 2021.

En un mot les salarié·es travaillent de plus en plus longtemps au cours de leur vie et dans des conditions toujours plus dégradées. Dans ces conditions, il serait surprenant qu’il n’y ait pas d’augmentation des arrêts de travail.

Les arrêts maladies prescrits ne sont pas pris

Il est important de rappeler qu’une grande partie des arrêts de travail prescrits par les médecins ne sont pas pris par les malades. D’après la DARES, 3 jours d’arrêt sur 11 ne sont pas pris.

La DARES constate que ce présentéisme est d’autant plus important que les salarié·es sont confronté·es à une forte intensité au travail. Ces salarié·es abimé·es par le travail dans le même temps cumulent le plus grand nombre d’arrêt maladie prescrits.

L’augmentation des arrêts maladie ne sont donc que le symptôme de l’intensification de l’exploitation capitaliste et des choix politiques qui ont été fait en ce sens.

Dans l’immédiat, nous revendiquons :

  • le doublement des sections d’inspection du travail

  • l’augmentation des effectifs et des moyens de la médecine du travail

  • faciliter la reconnaissance des maladies professionnelles en élargissant notamment les tableaux aux maladies mentales

  • le rétablissement des CHSCT

  • l’abandon de la réforme des retraites 2023 et de toutes les contre-réformes depuis 1993

Combattons la source de nos maladies : l’exploitation et l’oppression !

Services à la personne, la dévalorisation de nos métiers et le mépris : ça suffit !

Nous sommes environ 600 000 salarié·es — public, privé, associations, particuliers employeurs — à accomplir le travail quotidien du domicile. Nous faisons tenir ensemble la vie de millions de personnes qui ne pourraient pas se débrouiller sans nous.
Pourtant l’État crache sur nos métiers : avenant salarial bloqué par l’État, promesses de revalorisation non tenues, aucune perspective de prise en compte de nos conditions de travail … Et maintenant avec la crise du carburant : on nous laisse crever à la pompe !

Organisons-nous et revendiquons avec la CNT-SO !

Services à la personne : le gouvernement crache sur nos métiers. Organisons-nous !


Qui nous sommes ?

Nous sommes environ 600 000 salarié·es — public, privé, associations, particuliers employeurs — à accomplir le travail quotidien du domicile. À 98%, nous sommes des femmes. Aides à domicile, auxiliaires de vie, aide-ménagères, gardes d’enfants : nous faisons tenir ensemble la vie de millions de personnes qui ne pourraient pas se débrouiller sans nous.

Notre quotidien, c’est le temps partiel imposé pour 80% d’entre nous. Un salaire de débutant·e calé sur le SMIC. Un·e salarié·e sur deux contraint·es de cumuler plusieurs employeurs pour s’en sortir. Une demie-heure pour une toilette ou un petit déjeuner. On nous demande pourtant de respecter le rythme de vie des personnes accompagnées, de prendre soin, d’être là. Avec quels moyens ?

La crise du carburant : on nous laisse crever à la pompe

Depuis fin février 2026 et la guerre au Moyen-Orient, l’essence dépasse les 2 euros le litre et le gazole atteint 2,307 euros en moyenne — soit une hausse de 34% pour le gazole en quelques semaines.
Pour nous, ce n’est pas un sujet de conversation à la machine à café. C’est une saignée directe sur notre paye.

Le budget carburant est souvent notre premier poste de dépense professionnelle. On observe une hausse des refus de missions jugées « trop éloignées », laissant des bénéficiaires sans accompagnement.
Le choix est simple et brutal : soit on perd de l’argent à chaque trajet, soit on laisse tomber des gens qui ont besoin de nous.

Et l’État dans tout ça ? Les aides à domicile ont été écartées des dispositifs d’aide carburant, réservés aux transporteurs, taxis et pêcheurs. Pourtant l’essence, c’est notre outil de travail. Pendant ce temps, les recettes liées aux carburants ont bondi de 270 millions d’euros en mars 2026 pour les caisses de l’État. Il s’enrichit sur notre dos et refuse de nous aider. Voilà ce qu’on appelle « soutenir les métiers essentiels ».

L’avenant salarial : un accord piétiné

En octobre 2025, après des années de galère, syndicats et patrons avaient trouvé un accord : l’avenant n°72 prévoyait une revalorisation de 11% pour relever des salaires inférieurs ou au niveau du SMIC, dans un secteur à plus de 90% féminin et ravagé par le temps partiel subi.

Le gouvernement l’a refusé. Le 19 mars 2026, sans ambiguïté. Officiellement, les départements ne peuvent pas absorber le coût. Pendant ce temps, les tarifs du secteur sont plafonnés à +2% pour 2026. Traduction : les travailleurs continuent à s’appauvrir, et l’État fait mine de ne pas comprendre pourquoi il n’y a plus personne pour faire ce travail. Ce n’est pas une question de dialogue social. C’est un choix politique : faire peser sur nos épaules le coût d’un système qu’on refuse de financer correctement.

La loi Grand âge : quinze ans de promesses, zéro résultat

Depuis 2007, tous les gouvernements ont renoncé à engager une réforme du grand âge à la hauteur des enjeux. Le plan qui devait être annoncé à l’automne 2025, puis en janvier 2026, puis le 12 février 2026, a été reporté à chaque fois. Macron l’avait promis en 2018. Attal, Barnier, Bayrou n’en ont jamais parlé dans leur discours de politique générale.

En 2026, alors que la démographie vieillit à toute vitesse et que nos métiers s’effondrent faute de bras, le gouvernement n’a toujours pas de plan. Ce qu’il a, en revanche, c’est un projet pour faire payer les personnes âgées davantage : un décret prévoit de repousser de 70 à 80 ans l’âge permettant l’exonération de cotisations patronales pour les particuliers employeurs, réduisant encore le recours aux aides à domicile et donc notre volume d’heures.

Du Covid à aujourd’hui : du « merci » à l’abandon

En 2020, on nous applaudissait. On disait que sans nous, le pays s’effondrait. Les « deuxième ligne », les « travailleurs essentiels ». On avait droit aux discours, aux bravos aux fenêtres.
Aujourd’hui, on nous refuse une hausse de salaire négociée entre tout le monde. On nous exclut des aides carburant. On reporte indéfiniment la réforme qui structurerait notre secteur. On nous impose des tarifs horaires qui ne couvrent pas les coûts réels de nos déplacements.
Notre secteur dispose d’un indice de sinistralité trois fois plus élevé que la moyenne nationale — soit le triple du BTP, pourtant réputé dangereux — et personne n’en parle.

Ce n’est pas un oubli. C’est un choix de classe.


Ce que nous subissons au quotidien

76% des aides à domicile sont à temps partiel. 40% ont des horaires coupés avec deux périodes espacées de trois heures ou plus. 29% n’ont pas 48 heures de repos consécutives. 65% sont régulièrement en contact avec une personne en situation de détresse. 22% ont dû interrompre ou refuser une tâche pour préserver leur propre santé ou sécurité au cours des douze derniers mois.

Le sentiment d’être isolées par rapport aux collègues et à la hiérarchie ressort fortement. Nous cachons nos émotions, nous absorbons la détresse des autres, nous nous usons — sans que cela ne soit reconnu ni compensé.

L’isolement, c’est aussi l’arme du patronat contre nous. Éparpillées chez des dizaines d’employeurs différents, dispersées sur des territoires immenses, sans lieu commun, sans vestiaire, sans salle de pause : il est difficile de s’organiser. Mais pas impossible.

Nos revendications — Parce qu’on ne se résigne pas


La CNT-SO porte les revendications suivantes pour l’ensemble des branches des métiers du domicile :

  • La diminution du temps de travail avec maintien intégral des rémunérations et des garanties sociales. La semaine de 32 heures pour les mêmes salaires, c’est une nécessité de santé publique dans nos métiers.
  • Un salaire décent, bien au-dessus du SMIC, pour toutes et tous. L’avenant n°72 était un minimum. Son refus par le gouvernement n’est pas une fin, c’est un point de départ pour nos mobilisations.
  • La compensation intégrale des frais kilométriques au coût réel. En période de crise pétrolière, nos indemnités à 0,38 €/km sont une honte. Nous exigeons un remboursement au coût réel et une inclusion immédiate dans les dispositifs d’aide carburant.
  • L’accès facilité à la médecine du travail et la prise en charge complète des frais de santé — préventive et curative. Notre sinistralité est trois fois celle du BTP : agissons en conséquence.
  • Une politique de formation active, régulière et pendant le temps de travail : hygiène, manutentions, risques chimiques, troubles neurodégénératifs, gestion des situations de détresse émotionnelle.
  • La systématisation des temps collectifs, groupes d’échanges de pratique, supervision. Nous ne devons plus rester seul·es face à la charge émotionnelle et éthique de nos interventions.
  • La mise à disposition de matériels en état et adaptés à nos métiers : véhicules de service, aides techniques, équipements de protection. On ne peut pas continuer à user nos propres voitures pour enrichir des structures qui ne nous couvrent pas.
  • Des sanctions fermes contre les employeurs négligents — structures, associations ou particuliers — qui violent nos droits, imposent des conditions de travail dégradantes ou font obstacle à l’organisation syndicale.
Ne reste pas isolé·e — Organisons-nous !

La dispersion est notre faiblesse. L’organisation collective est notre force.
Refusant toute subvention de l’État ou du patronat, la CNT-SO auto-finance un réseau de développeur·euses syndicaux et de juristes en charge de la défense syndicale. Ce réseau permet d’accompagner chaque année des centaines de travailleur·euses face à l’arbitraire patronal, particulièrement dans des secteurs très précarisés du salariat.

Ce n’est pas aux gouvernements de nous sauver. C’est à nous de construire les rapports de force qui rendront nos revendications incontournables. Chaque travailleur·euses qui rejoint la CNT-SO, c’est une voix de plus, une force de plus, un lien de moins dans la chaîne de l’isolement.

Solidarité avec les travailleurs sans-papiers des établissements George Blanc (Vonnas – 01) qui revendiquent leur régularisation !

Nos 8 camarades sans-papiers des établissements du chef étoilé, George Blanc, font face à un refus arbitraire de régularisation, assorti d’une OQTF, par la Préfecture de l’Ain, alors qu’ils remplissent tous les critères édictés par l’Etat pour une « régularisation par le travail ». 

Avec leur syndicat CNT-SO, ils poursuivent le combat pour la régularisation et la reconnaissance de leur droits. Nous lançons aujourd’hui une cagnotte de soutien pour couvrir les frais de justice liés à leur recours devant le Tribunal Administratif pour contester les refus de régularisation et les OQTF. Solidarité avec nos camarades sans-papiers !

-> Cagnotte en ligne

Vidéo de "Komune média" sur la lutte pour leurs droits et la régularisation, de nos camarades sans-papiers des établissements du chef étoilé George Blanc à Vonnas (01) avec le soutien de l'UR Rhône Alpes de la CNT-SO 👇www.instagram.com/reel/DWdecFx…

CNT-Solidarité Ouvrière (@cnt-so.bsky.social) 2026-03-29T12:10:09.503Z

Communiqué du 13 mars

Communiqué de la CNT-SO Rhône-Alpes sur la lutte de nos camarades sans-papiers des établissements du restaurateur étoilé Michelin, George Blanc, à Vonnas dans l'Ain. Solidarité avec les sans-papiers ! 👉 cnt-so.org/les-travaill…

CNT-Solidarité Ouvrière (@cnt-so.bsky.social) 2026-03-13T06:07:33.338Z

La cause des 8 travailleurs sans-papiers employés par les établissements du chef étoilé George Blanc à Vonnas (01) a connu un fort écho médiatique mais leur situation reste toujours aussi précaire et ubuesque. Ils restent déterminés et participeront aux mobilisations antiracistes du 14 mars, auquel leur syndicat CNT-SO appelle à se joindre. Le dossier prend également une tournure politique avec un courrier signé par plusieurs députés et sénateurs de la région demandant la régularisation de nos camarades.

Sous le coup d’une OQTF, après le refus de leur régularisation par la Préfecture de l’Ain, ils demeurent mis à pied par leur employeur et attendent depuis le 02 mars, la confirmation d’un éventuel licenciement.

Mis sur la sellette par la presse, le restaurateur, s’est toujours défendu par son besoin de ces personnels, formés et en poste depuis des années, alors que le secteur est en crise de recrutement. Une réaction logique, la procédure de régularisation par le travail est effectivement prévue pour répondre à ces besoins et nos camarades sans-papiers remplissent absolument tous les critères relatifs aux « métiers en tension ».

Besoin de main d’œuvre, volonté de régulariser la situation du côté des salariés comme de l’employeur, critères édictés par l’État satisfaits : la logique voudrait que les « 8 du George Blanc » soient à leur poste de travail et régularisésMais c’est sans compter sur la posture de la Préfecture de l’Ain qui s’inscrit avec zèle dans la ligne de durcissement d’un gouvernement écartelé entre ses positions pro-business et la course à l’échalote raciste avec l’extrême droite… Ce positionnement ne vise qu’à maintenir les sans-papiers dans l’illégalité et à favoriser leur exploitation silencieuse dans les métiers les plus difficiles.

Face aux médias, la Préfecture n’assume pas et met en avant, sans en apporter la moindre preuve, un éventuel «trafic d’être humain», des «réseaux de passeurs basés en région parisienne». C’est absolument hors-sol, s’il s’agissait vraiment de lutter contre des réseaux de passeurs, la première des actions à mettre en œuvre serait de protéger les salariés victimes en les régularisant ! Les maintenir dans la clandestinité est d’un cynisme sans nom.

L’État ne peut pas à la fois demander des preuves de présence et de travail à des personnes qu’il n’autorise pas à résider sur le territoire ni travailler et s’étonner qu’elles aient obtenu ces documents en travaillant sous alias. De fait, le travail sous alias est prévu par les dispositions des circulaires Valls et Retailleau. L’État est le seul responsable de cette absurdité administrative !

Il est temps de sortir des fantasmes et positions idéologiques pour revenir au droit et à la prise en compte des réalités économiques : la CNT-SO demande le réexamen de la situation de ces travailleurs, la levée des décisions d’obligation de quitter le territoire français  (OQTF) et la délivrance des titres de séjours leur permettant de garantir leur emploi et leur séjour.

Si elle accompagne les travailleur·euses dans leur combat pour leurs droits, la CNT-SO ne se reconnaît pas dans la logique purement utilitariste de l’immigration promue par le patronat. A Vonnas comme ailleurs, la seule solution acceptable passe par la régularisation de tous·tes les travailleur·euses actuellement en poste et la remise d’un récépissé pour ceux qui ont une promesse d’embauche.

Nous militons depuis de nombreuses années pour la régularisation de tous·tes les travailleur·euses et contre la chasse à l’immigrant orchestrée par les gouvernements successifs. Nous serons encore dans la rue pour les mobilisations antiracistes du 14 mars. Les 8 de Vonnas vont défiler à nos côtés : leur cas est celui de milliers de travailleur·euses qui revendiquent l’égalité des droits et le respect de leur dignité.

Solidarité avec les sans-papiers !

Derrière les étoiles Michelin : le travail des sans-papiers !Article du Monde sur le combat pour la régularisation de nos 8 camarades sans-papiers des établissements du chef étoilé George Blanc dans l'Ain 👇www.lemonde.fr/societe/arti…

CNT-Solidarité Ouvrière (@cnt-so.bsky.social) 2026-03-02T06:52:32.369Z

Justice pour Orlanda ! Deuxième victoire pour une femme de chambre agressée à l’hôtel intercontinental de Marseille : le sous-traitant STN condamné en appel

Avec le soutien de son syndicat CNT-SO, une femme de chambre, victime d’une agression à caractère sexuel, par un client à l’hôtel Intercontinental de Marseille a poursuivi son employeur qui avait manqué à ses obligations de sécurité. Le sous-traitant STN vient une nouvelle fois d’être condamné en appel après un premier jugement favorable à notre camarade Orlanda devant les Prud’hommes de Marseille. 

Les faits démontrent effectivement des manquements graves de l’employeur à ses obligations de protection de sa salariée dans une volonté de ne pas faire de vague et de passer sous silence, la VSS subie. En avril 2019, Orlanda a été agressée dans une chambre par un client de l’hôtel Intercontinental qui lui a proposé une relation sexuelle tarifée avec beaucoup d’insistance et en lui bloquant l’accès à la sortie. Elle a immédiatement prévenu ses responsables de la situation, ainsi que le directeur de la sécurité de l’hôtel intercontinental.

Aucune mesure n’a été prise ni par le sous traitant ni par l’hôtel !

Le lendemain des faits une autre femme de chambre a été envoyée nettoyer la chambre de ce même client et le surlendemain c’est Orlanda qui a été de nouveau envoyée nettoyer la même chambre !

Aucune suite n’a été donnée suite aux alertes de la salariée et le client de l’hôtel a continué son séjour sans n’être jamais inquiété.

Lorsqu’ Orlanda a voulu porter plainte, la direction de l’hôtel a refusé de communiquer le nom du client.

Le 17 juin 2021, le Conseil de Prud’hommes de Marseille en formation de départage (menée par un juge professionnel) avait déjà donné raison à notre camarade !

Il a été constaté que le sous traitant et l’hôtel avaient gravement manqués à l’obligation de sécurité vis à vis de la salariée, en ne prenant aucune mesure pour la protéger du client, ni en l’aidant dans ses démarches, en accordant à ce dernier une totale impunité, en n’appelant pas les services de police et enfin en refusant toute reconnaissance de l’agression subie par la salariée.

La société avait interjeté appel de ce jugement auprès de la Cour d’Appel d’Aix en Provence qui vient de confirmer le jugement rendu par le Conseil de Prud’hommes de Marseille et a condamné la société STN au paiement de diverses sommes pour Orlanda.

Cette condamnation n’effacera pas la violence subie par notre camarade mais elle marque un signal fort vis à vis de la responsabilité des entreprises dans les situations de harcèlement ou violences sexistes.

Au travail comme ailleurs, les femmes ne subirons pas la violence sans réagir !

Stoppons la marche vers la guerre ! Pas de guerre entre les peuples : pas de paix entre les classes !

Le conflit actuel en Iran et au Moyen en est l’illustration. Le «grand jeu» impérialiste, de domination, de contrôle des ressources et de conquête entre les puissances mondiales nous pousse vers une marche à la guerre généralisée qui semble inéluctable… Comme toujours les travailleur-euses en sont les premières victimes, sous les bombes ou par la crise économique qui s’annonce. Ce n’est pas une fatalité ! Il est de notre responsabilité de syndicalistes, de nous y opposer partout, par la solidarité internationaliste, l’antimilitarisme et le combat pour un monde émancipé de la tutelle du capitalisme et des États !

Dans cet état d’esprit, nous travaillons en relation avec les organisations ouvrières qui partagent ce projet émancipateur à travers le monde. Rejoignez-nous !

Retrouvez tous les visuels de notre campagne :

Face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-orient pour les travailleur-euses, avec un nouveau pic d’inflation prévisible, revendiquons en urgence : → Blocage et encadrement des prix des produits de 1ère nécessité, du carburant et des factures énergétiques ⤵️

CNT-Solidarité Ouvrière (@cnt-so.bsky.social) 2026-04-07T15:16:34.900Z

→ Hausse générale des salaires avec échelle mobile en proportion du SMIC revalorisé. →Arrêt des politiques, notamment fiscales, au bénéfice des plus riches et des entreprises

CNT-Solidarité Ouvrière (@cnt-so.bsky.social) 2026-04-07T15:18:32.409Z

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Sur la situation de l’Iran, nous partageons la publication du « Front Anarchiste » d’Iran dont nous partageons le positionnement :  

Front Anarchiste – Version Française:
🔴 Contre tous les gouvernements, contre toutes les guerres ⚫️

Communiqué du Front Anarchiste du 2 avril 2026

🔴 Contre tous les gouvernements, contre toutes les guerres ⚫️

Depuis plus d’un mois, les bombes étasuniennes et israéliennes tombent sur l’Iran. Des civil•es meurent. Parmi elles, des centaines d’enfants. Plus d’un million de personnes a été déplacé. Internet a été coupé depuis le 28 février. La guerre a désormais gagné toute la région.

Mais nous voulons exprimer quelque chose que les médias n’exprimeront pas pour nous.

Nous ne pleurons pas la République Islamique. Nous l’avons combattue toute notre vie. Elle a torturé nos camarades. Emprisonné nos sœurs. Massacré les nôtres depuis 47 ans.

Mais les bombes de l’empire ne sont pas une libération.

Trump l’a dit lui-même, il ne se bat pas pour la démocratie. Il ne se bat pour les femmes iraniennes. Il se bat pour les intérêts stratégiques étasuniens, pour détruire les capacités balistiques, pour contrôler la région. Washington ne jette pas des bombes pour la liberté. Demandez aux gens en Irak, demandez aux gens en Afghanistan.

Et tandis que les bombes tombent de dehors, la République Islamique nous fait la guerre en interne. Les manifestant•es sont exécuté•es. Les prisonnier•es politiques sont enfermé•es dans des cellules sans nourriture. Nos camarades nous manquent. Le régime utilise les détenu•es comme bouclier humain dans les bases militaires.

Le peuple d’Iran est coincé entre deux formes de violence. L’une porte un turban, l’autre un costume.

A celles et ceux qui portent le drapeau du Shah dans la diaspora,  nous disons clairement : nous n’avons pas survécu pendant 47 ans sous une dictature pour livrer notre pays au fils du dictateur d’avant. Couronne et turban sont les deux faces de la même médaille. Nous n’en voulons pas.

Ce que nous voulons est simple : une société construite par en bas, sans maîtres, sans mollahs, sans Shahs. Les travailleuses et les travailleurs aux manettes sur leur lieu de travail. Des communautés qui s’auto-organisent et s’auto-déterminent. La liberté pour toutes et tous de décider de leur propre futur.

Nous soutenons le peuple d’Iran, pas les gouvernements des États-Unis ou d’Israël, pas la République Islamique, pas la restauration de la couronne.

Le peuple.

Non à la guerre impérialiste !
Ni Mollah ni Shah !
Femme, Vie, Liberté !

Liberté et amnistie pour les 6 syndicalistes de la Suiza (Espagne) !

Bonne nouvelle pour les 6 syndicalistes « de La Suiza », en prison depuis juillet 2025 (voir notre article sur l’affaire) et qui bénéficient d’une grâce partielle de l’État Espagnol ! Après une condamnation à plus de trois années de prison suite à une action syndicale, leur libération est avant tout le fruit de la lutte et de la solidarité ! Nous reproduisons le communiqué confédéral de nos camarades de la CNT d’Espagne. 

…..

Libres ! Les syndicalistes de La Suiza n’ont jamais été coupables !

 

COMMUNIQUÉ DE LA CNT

Ni délit ni grâce : organisation et lutte

31 mars 2026

La grâce accordée aux camarades connues comme «Les six de La Suiza» n’est pas un geste de générosité du pouvoir. C’est le résultat direct de la lutte.

Pendant des années, six syndicalistes ont été poursuivies, jugées et emprisonnées pour avoir fait ce que le mouvement a toujours fait : s’organiser contre l’exploitation et défendre une travailleuse qui dénonçait des abus et une atteinte aux droits des travailleur·euses. C’est pour ça qu’elles ont été condamnées à trois ans et demi de prison, à la fin d’un procès qui a interrogé les limites de l’action syndicale.

Elles ont été incarcérées. Et elles ne l’ont pas été seules.

Derrière elles, il y avait une organisation, la CNT, qui n’a pas laissé tomber les siennes, et des centaines de milliers de personnes qui ont défilé dans les rues, qui ont alimenté des caisses de grève, qui ont diffusé l’affaire et dénoncé l’injustice. Il y a eu des mobilisations, des allocutions syndicales, un soutien social et une pression politique constante pendant des mois, pour réclamer une solution que la justice refusait.

Nous sommes reconnaissants du geste du gouvernement qui propose la grâce partielle (les peines économiques sont toujours en vigueur), mais il intervient trop tard. Il arrive après la punition. Il arrive après avoir voulu faire de la solidarité un délit.

Mais que personne ne s’y trompe : si aujourd’hui elles sont libres, ce n’est pas grâce à la bonté du gouvernement, mais bien grâce à la force collective de la classe ouvrière organisée.

Cette affaire démontre quelque chose de fondamental : que le syndicalisme qui dérange, celui qui désigne le patron, celui qui ne négocie pas la dignité, continue d’être poursuivi. Et c’est précisément pour cela qu’il continue d’être nécessaire.

Face à ceux qui veulent un syndicalisme docile, institutionnalisé et sans conflits, l’expérience de La Suiza réaffirme le contraire : l’anarchosyndicalisme, basé sur l’action directe, le soutien mutuel et la solidarité, est non seulement toujours d’actualité, mais il est plus utile que jamais.

Parce que quand ils touchent à l’une des nôtres, nous répondons tous⸱tes. Parce que sans organisation, il n’y a pas de défense. Parce qu’aucun droit n’a été acquis sans lutter.

Aujourd’hui nous célébrons la libération de nos camarades. Mais ne l’oublions pas : elles n’auraient jamais dû être incarcérées.

Solidarité, organisation et lutte.

Hôpital Tenon (Paris) : menaces de l’encadrement et licenciements abusifs chez ATN !

Depuis plusieurs années, les personnels de nettoyage du site de l’hôpital Tenon de l’AP-HP, se mobilisent pour faire avancer leurs droits, notamment avec la section syndicale CNT-SO. En face, l’encadrement du sous-traitant ATN joue la carte du management violent et de la répression avec déjà un premier licenciement abusif et une autre salariée convoquée pour un entretien disciplinaire. Hors de question de se laisser faire, la riposte intersyndicale s’organise sur l’établissement !